samedi 5 janvier 2019

Renouveau 2019

Un bilan 2018 ne serait ni riche ni intéressant. Il ne s'est plus ou moins rien passé dans ma vie, sinon quelques débuts de projets, deux décisions importantes (celle de me débarrasser de tout ce qui était nocif pour moi et celle d'écrire des scénarios) et globalement beaucoup de repos (c'était vital).

Je me tournerai plutôt vers l'avenir pour cette nouvelle année, signe de renouveau, de dynamisme et d'envie retrouvée.

Celle d'écrire de nouveau, et de travailler, de travailler dur à la poursuite de mes rêves.

Celle de croire que tout est possible.

Celle de protéger et faire  grandir l'amour partout où il se trouve.

Celle de sourire.

Enfin, celle de prendre soin de moi.

Je vous souhaite à tous et du fond du coeur, ces mêmes envies, et plus encore.






dimanche 4 novembre 2018

Du désavantage d'être un homme



J'ai lu récemment une très longue liste d'avantages substantiels à être un homme, il y avait plus de cent vingt points, classés par catégories : normes sociales, sexe et relations, corps et santé, etc.
Voici l'article.

Bien sûr, ces points sont le reflet d'une certaine vérité, mais selon moi, une vérité biaisée ou du moins tronquée.

Ce qui me dérange avec le féminisme contemporain, c'est cette propension à dénigrer les hommes, avec un certain sentiment revanchard et le discrédit des revendications masculines, même si la plupart des féministes s'en défendent. Or, le sexisme, c'est l'application de stéréotypes de genre sur les filles et les garçons. Les deux sexes (je parle de sexe et non de genres, car les deux concepts sont différents) sont concernés, et les deux sexes en souffrent.

Si les mouvements anti-sexisme ont commencé du côté des femmes, parce qu'elles étaient sans aucun doute les plus opprimées par le patriarcat, les choses ont évolué, la lutte et les revendications le doivent aussi. À sans arrêt se victimiser et traiter les hommes de salauds, les féministes foncent dans le mur.

Exemple de cet article qui défend le positionnement de "ne pas aimer les hommes, et alors ?"

Elles foncent dans le mur parce qu'on ne peut pas argumenter que les hommes et les femmes sont au fond seulement des êtres humains, nés égaux mais différenciés par les normes sociales, et dans le même temps mépriser une moitié de l'humanité du simple fait d'un critère biologique : le sexe d'une personne, en l'occurrence. C'est faire exactement ce qu'elles dénoncent.


L'écrasante majorité des femmes aiment les hommes forts, qui prennent le lead, qui les protègent, voire qui les soutiennent financièrement
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Oui, les femmes sont opprimées par les hommes. Ce ne sont pas les hommes qui réclament ce fait, c'est l'intégralité de la société, hommes et femmes. Demandez autour de vous, 9 femmes sur 10 vous diront qu'elles aiment "les hommes, les vrais" ; cette vidéo est très très parlante.

L'écrasante majorité des femmes aiment les hommes forts, qui prennent le lead, qui les protègent, voire qui les soutiennent financièrement. Les vieux mythes ont la vie dure et font partie intégrante de la complexité des relations humaines, y compris dans les danses de la séduction et du désir.

En réaction à ce premier article que ce cite plus haut, les exemples du privilège masculin, je souhaite lister quelques désavantages à être un homme, sans ordre particulier, comme ça me vient.
Je précise que je parle de généralités et que j'ai bien conscience qu'il existe de très nombreuses exceptions aux exemples que j'ai choisis. C'est la définition-même d'un stéréotype.

1. Vivre ses émotions
C'est le point le plus reconnu : les hommes ne peuvent pas pleurer comme ils en auraient besoin. Je ne suis pas spécialement pleurnicheuse, pourtant, je pleure sans doute 10 fois plus que mon mari. Pleurer est un processus physiologique important dans la gestion des émotions, mais les hommes n'y ont pas droit, sous peine de passer pour des faibles. L'exception passe, mais ne doit jamais devenir la règle.

2. Santé, soin de soi, coquetterie
Les hommes sont moins enclins à s'intéresser à leur alimentation et leur santé en général, parce qu'on ne leur apprend pas, ou beaucoup moins, les bases de la nutrition ou du soin de soi.
En revanche, des pratiques dangereuses pour la santé telle que boire, fumer (cigarette ou cigare), manger de la viande à chaque repas (symboliquement, se nourrir de violence et de domination sur un autre être (alors que l'OMS reconnaît que la viande en excès est cancérigène)) sont valorisées.
Il en va de même pour la coquetterie. Tolérée dans une moindre mesure, la coquetterie est majoritairement bannie pour les hommes souhaitant se définir comme virils. Les couleurs vives, les manucures, les bijoux fantaisistes, etc. sont par exemple à exclure.

3. Les enfants
La relation aux enfants est très encadrée. On a une certaine méfiance sous-jacente envers les hommes qui aiment les enfants et le soin aux enfants. Les seules relations aux enfants qui leur est généralement autorisée sont avec leurs propres enfants (exception faite des professeurs, mais seulement pour les enfants plus âgés).
D'autre part, la relation à leurs enfants est majoritairement subordonnée à leur relation avec la mère de leurs enfants. Si cette dernière relation est compromise, celle à leurs enfants également ou en tout cas fortement compromise.

4. Les loisirs
S'il est tout à fait accepté ou encouragé de la part des femmes pour elles d'emprunter aux secteurs dits masculins quand il s'agit des loisirs et des sports, l'inverse n'est pas vrai. Un homme a fortiori un homme hétéro, doit se justifier s'il s'adonne au patinage artistique, à la couture ou à la danse classique.

5. Le domaine professionnel
La même règle s'applique aussi dans le champ professionnel. Un homme peut difficilement être secrétaire ou nounou (d'autant plus avec la contrainte des relations cadrées avec les enfants) ou encore homme de ménage. Et s'il est coiffeur, inutile de vous faire un dessin.
D'autre part, les travaux physiques, exigeants et usants pour le physique sont dévolus aux hommes dans l'écrasante majorité.

6. La pression financière
Les hommes doivent gagner leur argent, et plutôt deux fois qu'une. Les petits pourcentages d'activités salariés sont beaucoup plus rares pour les hommes, les opportunités moins nombreuses et ce genre de cas mal perçus. On attend de l'homme qu'il soutienne financièrement sa famille, qu'il gagne un plus gros salaire que sa compagne et on le juge s'il sacrifie son activité rémunératrice au profit de l'éducation de ses enfants (ce qui enfonce le clou concernant le point 3, la relation aux enfants.)

7. Le pouvoir
Le pouvoir aux mains des hommes est extrêmement valorisé et la pression sociale dans ce sens très forte. Les relations de séduction sont fortement subordonnées au pouvoir détenu par un homme. Le pouvoir étant très lié à la profession, on attend d'un homme qu'il s'adonne corps et âme à sa carrière. Il est donc attendu d'eux qu'ils recherchent et apprécient le management et/ou les positions de direction, même si cela ne correspond pas à leur personnalité.

8. Le physique
On attend des hommes qu'ils soient capables de casser la gueule à autrui en cas de menace, sur eux-même et sur les personnes subordonnées à leur protection. D'autre part, il est valorisé chez l'homme qu'il soit grand, et ait musculature et carrure importantes. Enfin, ils doivent être "manuels" : ils doivent savoir manipuler des outils, bricoler, construire des choses. Ils doivent également être résistants physiquement sous peine d'être taxés de douilletterie.

9. La personnalité
On attend des hommes qu'ils soient audacieux, compétiteurs, meneurs voire dominants, solides psychologiquement et constants, qu'ils contrôlent leurs émotions ((point 1) sauf, dans une certaine mesure, la colère - signe de puissance et outil d'intimidation). La sensibilité est en revanche chez eux taxée de sensiblerie, l'introversion de passivité et l'extraversion d'instabilité.
De plus, les prises de risque ou les comportement à risque sont largement valorisés ("avoir des couilles").

10. Les relation et la séduction
Comme déjà abordé, il est très compliqué pour un homme de séduire sans argent ni pouvoir, et en second lieu sans physique (grand) ni personnalité (fort) reconnus comme virils. D'autres éléments  comme la gentillesse, l'attention, la créativité, l'humour, peuvent peser dans la balance mais ne sont ni déterminants ni prioritaires.
D'autre part, on attend des hommes qu'ils adoptent un comportement de prédateurs (ou chasseurs) dans le domaine de la séduction. Il sera très mal perçu de la part d'un homme qu'il refuse une relation sexuelle avec une femme (a fortiori si elle est séduisante), alors que ce même comportement est valorisé de la part des femmes. Ils doivent être débordants de désir, si possible à toute heure du jour et de la nuit et sont bien moins pris au sérieux dans les cas de harcèlement ou agression sexuelle de la part d'une femme.
Les relations sexuelles des hommes sont extrêmement normées dans le sens de la domination même si cela va contre leur personnalité, et soumises au mythe de la performance.
Enfin, les désirs homosexuels ou associés à l'homosexualité de la part d'un homme qui souhaite se définir comme hétérosexuel restent fortement condamnés (alors que ces mêmes comportement ne remettent généralement pas en cause la féminité d'une femme).



Enfin, quelques petits exemples, au hasard :

- Il est mal perçu qu'un homme commande un chocolat chaud ou un jus de fruit dans un bar
- Il est mal perçu qu'un homme supporte mal les alcools forts
- Il est mal perçu qu'un homme conduise un petit cabriolet coloré
- Les hommes violentés par leurs femmes ne sont aucunement pris au sérieux
- On tolère beaucoup moins les pleurs des petits garçons
- Les petits garçons n'ont pas l'opportunité d'apprendre le soin à autrui (avec des poupons, par exemple) et moins l'opportunité d'apprendre la cuisine
- Un homme est jugé négativement s'il n'a pas une voix grave, profonde et qui porte loin
- Un homme serait très négativement jugé s'il faisait du shopping avec la carte de crédit de sa compagne
- Un homme serait moqué s'il choisissait de son propre chef de voir un film ou de lire un livre d'amour
- Un homme a plus de chance d'être dénigré s'il est chômage
- Un homme n'a pas le réflexe comme une femme pourrait l'avoir de demander de l'aide ou de se faire réconforter et n'aurait pas l'idée de pleurer sur l'épaule de quelqu'un
- Les hommes sont exclus du débat qui porte sur la question des genres par les féministes ou taxés de masculinisme lorsqu'ils débattent de ces questions sans l'aval des féministes

Liste bien entendu non exhaustive.


Tout cela s'appelle le virilisme, et le virilisme tue. Les hommes se suicident trois fois plus que les femmes et de manière plus violente. Parce que certains craquent sous la pression, tout simplement. De plus, l'espérance de vie des hommes est moindre par rapport rapport à celle des femmes, du fait du point sur la santé (point 2), des comportements à risque (point 9) et de l'usure professionnelle (point 5).

Et vous, ajouteriez-vous quelque chose à cette liste ?

En conclusion, les questions de genre et d'égalité entre les genres sont aujourd'hui presque exclusivement aux mains des féministes, ce qui, selon moi, met en danger l'avancement du problème.

Recentralisons le débat, c'est urgent.

jeudi 1 novembre 2018

Les auteurs helvétiques de littérature de genre

25 auteurs de genre en Suisse se regroupent !



Première rencontre du groupe fin août 2018


Il était un petit groupe que j'ai imaginé en ce début d'année 2018, où je rêvais d'une littérature de genre forte, qui s'exprime, s'expose, se reconnaît, est reconnue et appréciée à sa juste valeur.

La littérature de genre, c'est mon bastion depuis que j'ai écrit, il y a dix ans, un roman d'urban fantasy.
Il n'est pas encore paru mais prochainement (j'espère), parce qu'il m'a demandé tellement, tellement de travail et parce qu'il est surtout, eh bien, le premier roman que j'ai écrit, mon roman d'apprentissage.

Anyway, je me suis tout de suite aperçue qu'en littérature comme dans d'autres domaines (ciné, arts plastiques, arts du spectacle...), il y a ce que l'intelligentsia approuve (le cinéma d'auteur, l'art contemporain, l'opéra...) et ce qu'elle dédaigne, ce qui est populaire, censé appartenir au grand public et nourrir sa médiocrité (les blockbusters, le manga, les comédies musicales (par exemple)).

Bon, je schématise, mais mon discours fait sans aucun doute échos à une certaine vérité. Une vérité qui peut se retrouver en littérature, donc. On parle de littérature tout court comme seule et vraie littérature quand on fait référence à ce qui n'en est qu'une facette : la littérature généraliste ou blanche, bien souvent un exercice de style autant que ou plus que l'exposition d'une histoire, et opposée au "genre" : la littérature de divertissement, la littérature labellisée, parfois étiquetée "romans de gare", "à l'eau de rose", ou dans un joyeux fourre-tout "SF",  pour tout ce qui se rapporte à l'imaginaire.

La dichotomie du monde du livre, c'est que la plupart des très grosses ventes se font dans le genre et que, aux USA, pays dictateur des modes, on aime bien plus le "genre" que la littérature généraliste et contemporaine. Du coup, on invente des nouveaux noms à chaque saison : "chick-lit", "feel-good", "young adult", etc. pour mieux vendre, mais aussi pour mieux dénigrer...

D'un côté les impératifs marketings nous poussent, nous auteurs, à embrasser pleinement ces balises marketings ; d'un autre côté, la frustration d'être regardés de haut par les médias culturels traditionnels, sérieux et pompeux est très grande.

Notre salut réside dans une meilleure communication auprès du grand public. Et rien de mieux, pour communiquer, que de se regrouper. Ainsi, est né le groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre, désormais affectueusement surnommé le GAHeLiG.

J'y ai fait la connaissance de personnes merveilleuses, et nous avons débuté notre mission !
Nous avons donné quelques interviewes auprès des grands médias, nous sommes interviewés parmi aussi, avons organisé notre présence future en salons et avons même décidé d'écrire une anthologie sur le thème du chocolat 😇)

Nous avons notre groupe FB privé dans laquelle nous échangeons à propos d'écriture, de nos actus, etc. Nous avons notre forum ! Et un webzine est même en préparation 😊

Et pourquoi "helvétiques" au fait ? Eh bien, pour la même raison que j'ai fondé le Salon du livre romand : il est pour moi important d'inciter à l'économie locale, même et surtout quand il est question de culture.


Vous voulez en savoir plus, connaître nos auteurs ?

- Voici notre blog, on y présente les auteurs et leurs ouvrages
Notre page Facebook relate l'ensemble de nos actualités, n'hésitez pas à la liker !

Et quelques interviewes

Pour le groupe :
- 24 Heures
- Radio RTN

D'auteurs du groupe :
- Pascal Lovis sur RFJ
- Deborah Perez, blog Maya au Pays des rêves
- Florence Cochet, Marlène Charine et Katja Lasan sur le blog du Fictiologue
- L'interview de Julien Hirt sur le propre blog du GAHeLiG


mardi 21 août 2018

Swiss Fantasy Show IV

Oh, j'ai oublié de parler de cette convention !

Bon mais, le bilan est mitigé...

En 2016, nous avions adoré les Swiss Fantasy Show avec Tiffany, ça avait été un super moment.

L'événement étant bisannuel, nous avons dû attendre 2018 pour son chapitre IV.

Cette année, les organisateurs, la date et le lieu ont changé... et je dois avouer avoir été un peu déçue.

Le prix de l'entrée ayant doublé, et la date au printemps correspondant aux Imaginales d'Epinal (j'imagine que ça a joué un rôle), les visiteurs étaient beaucoup moins nombreux que les éditions précédentes.

De plus, le lieu - Beaulieu, à Lausanne, un grand entrepôt vide et froid - n'offre pas le même décor que Beausobre à Morges et sa lumière généreuse, ses recoins, ses amphithéâtres pour les conférences, etc.

Donc, malgré le stand féérique que nous avions imaginé avec Tiffany, et les supers jolies robes que nous portions pour l'occasion, le week-end était tout de même un peu terne.



Heureusement, nous avons pu croiser quelques amis : les auteurs Fabrice Pittet, K.Sangil et Deborah Perez, et notre ami Jedi, Caryl venu faire un tour, mais aussi l'équipe des Comptines Barbares (web série), que je vous recommande vivement !


Et bien sûr, comme toujours, les moments passés en compagnie de Tiffany sont supers, ponctués d'apéros, de dégustation de chips (parfaitement, les chips se dégustent !) et de papotage !
Enfin, reste cette photo prise avec Sean Astin qui valait quand même le déplacement... 😊😊


lundi 20 août 2018

Je ne bois plus d'alcool (ou presque)

"Sans alcool, la fête est plus molle !" (mon ancien credo).



BREAKING NEWS!

Voilà 3 mois maintenant que j'ai adopté ce nouveau style de vie, et j'attendais impatiemment d'avoir suffisamment de recul pour vous en parler : je ne bois plus d'alcool, sauf exceptionnel trempage de lèvres dans un verre de vin.

Cela faisait des années que j'avais envie de pouvoir affirmer : je ne bois pas. Qu'est-ce qui m'en a empêchée ? L'addiction, tout simplement. Non, selon la définition médicale du terme, je n'étais pas alcoolique. Pourtant, l'idée de ne plus jamais déguster un verre de vin, sociabiliser autour d'une bière, et l'idée de ne plus ressentir cette euphorie - légère ou moins légère selon les doses -, m'arrêtaient. Lorsque je parle de ma nouvelle vie autour de moi et que la réaction immédiate est "Ah non, je ne pourrais jamais", je comprends que je ne suis - n'étais - pas la seule à avoir ces préoccupations.

L'alcool tient une place incroyablement prépondérante dans nos sociétés. Il est au coeur-même de nos coutumes de sociabilisations. Une célébration ? Champagne ! Un repas entre amis, en famille ? Vin ! Un apéro ? Rosé ! Un match ? Bière ! Etc. Se passer d'alcool rime pour certains avec l'idée de se passer de ces moments de sociabilisation.

C'est faux, mais il faut bien admettre une chose : le thé froid n'est pas des plus excitants. Comme tous ses homologues sans alcool, c'est une boisson trop sucrée et plate (ou alors il y a l'eau. Excitation : -10). Le vin, la bière, c'est complexe, délicieux, passionnant. Et, seconde objection qu'on s'avoue moins facilement, les relations sociales sans alcool, c'est moins facile.

Eh oui, l'alcool désinhibe. En fait, l'alcool est la soupape universelle de l'humanité. Combien d'entre nous n'ont jamais pris un petit verre pour se détendre après une journée ou semaine bien stressante? Peu. Et parfois, c'est tout un pan de vie qui est dédiée à une alcoolisation méticuleuse pour décompresser : les "soirées", autrement appelées "faire la fête".

Y aurait-il de plus importantes tensions sociales sans ces décompressions ? Je ne sais pas. Cependant, ce qu'on désigne comme "le monde de la nuit" est vraiment peu reluisant : excès en tous genres, violence en tous genres... C'est comme si les bêtes étaient lâchées. Il n'y a qu'à demander aux patrons de bars et clubs. Est-ce un mal nécessaire ?

Selon mon expérience personnelle, je ne suis pas plus stressée depuis que je ne me cuite plus. Qui plus est, je vois une myriade d'avantages à l'abandon de la consommation d'alcool :

- Fini les lendemains difficiles, et les demi-journées ou journées entières perdues à récupérer
- Une peau plus souple et sans imperfections
- Des économies : plus de taxi, d'hôtel, de bouteilles de champ' à 100$
- Mon poids se stabilise
- Mes cheveux sont plus beaux
- Je n'ai plus du tout envie de fumer
- Ma dignité est assurée en toutes circonstances 😅

Ce qui est étrange, sans l'alcool, c'est le fait de vivre chaque moment sans filtre, sans modification de conscience. Quand on s'ennuie, on s'ennuie, c'est ainsi. On voit bel et bien le temps passer et on n'est pas subitement passionné par les diatribes de notre voisin de table. Du coup, on profite aussi avec plus d'efficience du moment... Un apéro de trois quarts d'heure est effectivement envisageable (et suffisant), alors qu'avec l'alcool on se retrouve souvent on ne sait pas comment à la recherche d'un snack à 22h.

On va se coucher plus tôt sans alcool, c'est un fait. Sans cette euphorie, certes, mais aussi sans cette culpabilité d'avoir franchi les bornes des limites. On ne passe en revanche pas une moins bonne soirée. C'est juste différent. Il y a toutefois certaines choses que j'attribuais à l'alcool qui ne sont pas du ressort de ce breuvage, comme l'atmosphère particulière de la nuit, cet état différent que l'on ressent dans la pénombre, ou la fatigue d'avoir veillé trop tard et décalé ses heures de sommeil, ou encore la déshydratation due à l'absorption de trop de sucre.

On m'a dit et répété que je ne tiendrais pas, au début. J'ai fait une dégustation de vins (en recrachant, donc), un giron de jeunesse (sorte de bal de village mais version cool) et ai assisté à un mariage les deux premières semaines suivant ma résolution. Une fois ces tests passés, je savais que je me tiendrai à mon choix. J'ai passé d'excellents moments, j'ai raccompagné tout le monde sains et saufs en voiture, et je me suis levée le lendemain en excellente forme. Je ne reviendrai jamais en arrière.

D'autant plus qu'en étant lucide à chaque instant, on voit des choses qu'on ne voyait pas avant. Tous ces gens tituber, bafouiller, perdre le fil de leur conversation, hurler et se donner en spectacle, et même vomir dans des coins, ça ne fait vraiment, mais vraiment pas envie. J'observe les yeux se voiler, les discours se découdrent au fur et à mesure des verres, alors qu'avant, suivant la même pente glissante, je n'en remarquais rien. On se met à part, on devient observateur. Le fait que ce soit ma nature facilite le processus, j'imagine.

Quant à moi, maintenant que le palier de la désintox est passée, je m'autorise désormais, outre les quelques gorgées de vin, le cidre doux (2%) et la panachée (environ 2%) également. Figurez-vous qu'un verre et j'ai la tête qui commence à tourner, donc c'est tout ce que je bois. Eh oui, le foie perd vite l'habitude de ce poison. Mais il se régénère tout aussi rapidement, et ça c'est fantastique. Je n'ai plus du tout envie d'être saoule, voilà ma limite 😊

Enfin, pour ceux qui auraient décidé de se lancer (ou de réduire leur consommation), un conseil : emportez avec vous vos boissons dès que possible. La bière sans alcool est fantastique ! Les bitters égayeront vos repas. Les Misters Cocktails accompagneront vos garden party, les jus de raisin ou de pomme pétillants vous permettront de trinquer dans une coupette. Sans parler de la grande variété de vins désalcoolisés, y compris mousseux, qui sont de plus en faciles à trouver dans le commerce. Et puis, les vins chauds, les punchs, les mojitos, les pina colada, ont tous leur alternative sans alcool. À essayer !

Et si vous doutiez encore que l'alcool est un poison, même à faible dose, je vous conseille la lecture de cet article...






samedi 28 juillet 2018

Le véganisme doux (ou slow véganisme ou flexitalisme)

Tofu party le lundi, barbec' de barbac' le dimanche
(Et c'est OK)



Je ne sais pas pour quelle raison nos systèmes de pensées et nos conceptualisations sont aussi tranchées, mais je ne peux que le constater, nos sociétés sont très partisanes du "tout ou rien", du "blanc ou noir", du "gentil ou méchant", sans vraiment laisser de place aux nuanciers des couleurs.

Pour ce qui est du véganisme, c'est tout aussi valable. Soit on est un pieux végane prêt pour la sanctification, soit on est un méchant carniste, ou, selon la vision inverse, soit on est un taré extrémiste, soit on est normal et fréquentable.

Eh oui, comme j'en ai parlé dans mon précédent billet sur le véganisme ("Je ne suis pas une vraie végane"), le statut cul-entre-deux-chaises passe difficilement, du fait justement que nos systèmes de pensées sont absolutistes (par exemple, l'article des Inrocks "Et si on arrêtait les flexiconneries ?")
On attend de nous qu'on choisisse un camp et qu'on en soit le meilleur partisan.

C'est pour cette raison que, selon moi, les termes sont capitaux. De nombreuses recherches et manifestes démontrent que les vocables consolident les concepts. Et quand on souhaite en faire disparaître, on fait en premier lieu disparaître le mot de la langue qui le définit. Le brillant humoriste Franck Lepage expose ce mécanisme dans cette vidéo et cite quelques sources solides. Il parle de la dynamique de retirer de la circulation des termes et donc concepts gênants, dynamique inverse à celle que je recherche aujourd'hui.

Je souhaite au contraire instiguer un terme et donc un concept utile : le slow véganisme (calqué sur le mouvement de la slow cosmétique), qu'on pourrait aussi nommer véganisme doux ou flexitaLisme, (même si le "flexitaRisme" dont il est inspiré n'a pas spécialement bonne presse (et c'est dommage)).

Concrètement, qu'est ça donne ?
Ça pourrait être par exemple, ne pas manger de produits animaux à la maison mais en manger à l'extérieur. Ça pourrait aussi être la semaine végétalienne et le week-end de relâche. Ça pourrait également être le fait de ne plus acheter de lait de vache mais uniquement du lait végétal.

En fait, tout pas fait en faveur d'une réduction de la consommation des produits animaux doit être encouragé, plutôt que lynché sous prétexte qu'on est incapable de se positionner et qu'on ne fait les choses qu'à moitié. Un peu, c'est mieux que pas du tout. Et conscientiser et nommer une démarche aide à l'implémenter sans son quotidien.

Résolvons ainsi le paradoxe de l'immobilisme.
Car en effet, personne n'est favorable à la maltraitance animale. Tous ceux qui ont pris connaissance des vidéos scandaleuses dans les abattoirs, révélées par les courageux activistes de L214, entre autres, ont été révoltés.

Et pourtant, les choses bougent si peu pour la cause animale... Le constat, c'est que les gens sont effrayés par les changements et la remise en question des systèmes établis. Ne plus consommer de produits issus de l'exploitation animale revient à se mettre en marge, et ça demande une bonne dose de courage et de volonté, personne ne pourra dire le contraire. Il s'agit d'une position radicale qui ne revient pas seulement à bouleverser son quotidien, mais à faire des sacrifices et à renier une croyance qui constitue le fondement de notre humanité telle que nous la vivons dans toutes nos sociétés : nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire, nous sommes les plus forts, et l'ensemble de nos prérogatives sont justifiées.

Et, comme je l'expliquais en introduction, les biais de nos représentations font que si on ne choisit pas un système, on marche contre lui. C'est, je pense, la raison pour laquelle les gens ont été choqués d'apprendre ce qui se passait dans les abattoirs, mais n'ont pourtant pris aucune mesure dans leur quotidien, ou si peu. "On ne va quand même pas devenir végétarien / végan !" Et il y a un second problème majeur qui vient, lui, de la communauté végane : celle-ci accepte volontiers les gens "en transition", comme ils le disent, mais seulement à la condition que leur objectif à plus ou moins long terme soit de supprimer totalement les produits animaux.

Personne n'est là pour épauler les gens qui ont simplement choisi de réduire, et non pas totalement supprimer lesdits produits animaux. Je pense au contraire qu'il est capital non seulement de soutenir, mais aussi de valoriser cette démarche. Faire enfin fi du "tout ou rien".

Féliciter les gens qui n'achètent plus de viande que directement chez l'éleveur, parce que leur combat est celui de la viande industrielle ; féliciter ceux qui ne mangent de la viande qu'au restaurant mais du tofu à la maison, ceux qui boycottent les œufs de poules en cage, ceux qui se sont passés du fromage systématique en fin de repas ; bref, féliciter tout ceux qui ont pris conscience, qui font un effort, même petit, plutôt que de les critiquer parce qu'ils ne vont pas au bout de leur démarche. En vérité, ils vont au bout de leur démarche : la démarche qui leur est personnelle.

Oui, on peut tout à fait préparer de la béchamel au lait de soja, un sauté de tempeh ou un burger végétal, acheter de la crème d'avoine ou des yogourts de coco ou se passer d’œufs dans ses crêpes, sans pour autant être végane, et c'est super de le faire. Alors à tous les flexitariens, les mitigés, les végétaliens à mi-temps : bravo, vous êtes formidables.



lundi 21 mai 2018

Le golf, entre orgueil et préjugés.

Le golf. Le sport vieille Angleterre de prédilection. Réservé à une certaine classe. Ne niez pas, c'est la première chose que vous avez pensé. C'est aussi ce que j'ai pensé avant de le découvrir par une belle matinée de printemps.

Et vous savez quoi ?

C'est vrai. Mais pas que.



Les origines du golf sont assez anciennes, mais le jeu tel qu'on le connaît aujourd'hui se précise en Ecosse dès le Moyen-Âge et son origine élitaire provient du fait qu'il était à ses débuts majoritairement pratiqué par les Francs-Maçons.

Aujourd'hui, s'il reste élitaire, c'est parce que les cotisations en club sont très élevées et pour une bonne raison: un parcours de golf est très onéreux tant à concevoir qu'à entretenir. Il demande une moyenne de 30 à 35 hectares de domaine pour un parcours classique 18 trous, l'intervention d'un architecte, des centaines de mètres cube de terre végétale, des semences de pelouse très fine, un arrosage et une tonte quotidienne, des engrais et herbicides, et une armée de paysagistes pour entretenir tout ça. Sachant que le nombre d'utilisateurs est extrêmement limité pour des raisons de sécurité (une balle peut voler à 220 km/h), les charges à répartir sur le peu d'usagers sont très importantes.

Ajoutons l'héritage de la fameuse "étiquette" anglo-saxonne, et un sport qui est en fait une activité relativement douce donc pouvant être pratiquée dans la seconde partie de la vie d'un sportif, et on obtient l'image d'une activité de vieux bourges blancs élitistes.

MAIS. Dans la plupart des pays occidentaux du moins, on peut assez facilement pratiquer le golf, en fait, sans avoir à intégrer un foutu club privé avec entrée sur présentation de son compte en banque. Les clubs commerciaux sont plus détendus avec l'étiquette et offrent beaucoup d'espaces d'entrainement : le driving-range pour les balles longues (le fameux "swing"), et les puttings pour les balles roulées (le "mini-golf"), et une fois l'autorisation de parcours acquise, on peut facilement réserver de temps en temps un parcours à 2 ou plus pour passer une très belle journée sportive.

Dans ces conditions, le golf n'est pas plus onéreux que l'équitation, le ski, le tennis ou les sports nautiques. Bien sûr, tout ça reste des activités qui ont un certain coût, mais peuvent tout à fait être à la portée de la classe moyenne et pas seulement aux franges ultra-aisées de la population.

En fait, le golf, c'est quoi ?
De ma toute petite expérience de quelques heures hier matin, où j'ai eu l'opportunité de découvrir le splendide golf de la Gruyère (à deux pas de chez moi), je peux vous expliquer les quelques bases que j'ai apprises.

Golf Resort de la Gruyère, Fribourg

De manière très basique, le golf consiste à rentrer une balle depuis un départ donné dans un trou, et ce en la shootant avec un club, le tout avec le moins de coups possible. Il faut savoir qu'il y a plusieurs centaines de mètres entre le départ et le trou. Le ou les premiers coups consistent donc à tirer la balle sur une très longue distance pour la placer au plus près de la zone où se situe le trou, qu'on appelle le green. Ce geste pour tirer au loin s'appelle, donc, le swing. La zone avant cela est tondue mais moins à raz que le green et s'appelle le fairway. Une fois la balle parvenue sur le green, il ne reste qu'à la faire rouler pour la rentrer dans le trou. À chaque étape, on change de club car chacun a sa spécificité, c'est la raison pour laquelle on se ballade avec un sac complet de clubs (que les plus bourges et fainéants (ou les pros) font porter par un assistant : le caddy.)

Entre le fairway et le green, on trouve généralement des obstacles qui augmentent la beauté du parcours mais également sa difficulté : les bunkers de sable, les obstacles d'eau de tous genres, mais aussi des rochers, des buissons, etc. Dans le golf, il s'agit de se promener dans la nature, certes, mais dans une nature contrôlée et maîtrisée tout de même.

L'étiquette.
C'est une des composantes du golf que j'apprécie beaucoup. L'étiquette nous provient tout droit du Royaume-Uni et de sa culture que j'aime tant (ce qui explique aussi en partie mon amour du football). Respect des autres et du parcours, tenue vestimentaire imposée (col obligatoire, toile de jean proscrite), téléphones portables interdits... sont à l'ordre du jour, si vous souhaitez fouler le green. En fait, ces règles de bonne conduite et d'équipement spéciaux se retrouvent dans tous les autres sports, mais le golf a choisi de les nommer "étiquette", plutôt que "règlement". So chic!
En revanche, c'est l'un des seuls sport où aucun arbitre n'est présent. D'où l'autorisation de parcours a acquérir en premier lieu, et peut-être une certaine sélection à l'entrée, histoire d'être sûr que les personnes laissées à déambuler librement dans un environnement fragile, et où les balles volent comme des projectiles, sont dignes de confiance.

Non mais c'est pas un vrai sport... !
De cette idée préconçue, j'en suis revenue aussi. Alors, bien sûr, rien à voir avec du triathlon, on est d'accord. Mais quand même. Le geste du swing demande une certaine condition musculaire, en particulier des muscles pectoraux, les deltoïdes, les triceps et la sangle abdominale pour effectuer le mouvement de rotation. Il faut également beaucoup de souplesse sur le haut du corps et de la stabilité dans les talons. Ajoutons à cela environ 8 km marchés en 4 heures pour un parcours moyen. Ce n'est pas du sport extrême, encore une fois, mais tout de même une agréable activité physique dans laquelle on évolue dans de splendides environnements.

Splendides d'accord, mais pas vraiment respectueux de l'environnement.
Héritage des privilégiés d'un autre temps, le golf s'en fout un peu, des conséquences. Les engrais et les désherbants évoqués plus hauts sont déversés par hectolitres sur des surfaces tondues tous les jours ou tous les 2 ou 3 jours selon les zones, par des machines utilisant quantité d'essence. Les parcours sont maintenus bien verts avec des volumes astronomiques d'eau, là où, parfois, cette eau est une denrée rare. Les voiturettes utilisent énormément d'électricité qui ne provient que trop rarement de sources solaires. Enfin, les centaines de milliers de balles en plastique dur qui se perdent dans la nature alentours ou les cours d'eau ne sont jamais ramassées.

Et avec la démocratisation du golf ces dernières décennies, le nombre de licenciés explose tout comme le nombre de parcours, sans que les bonnes questions se posent véritablement. Il existe désormais et depuis un certain temps des balles biodégradables. Bien sûr, elles sont plus chères, mais pour une activité qui se targue d'être associée à la fortune... Tous les clubs devraient être équipés de systèmes photovoltaïques pour leur voiturettes et leurs tondeuses. L'utilisation de l'eau devrait être remise en question systématiquement, jusqu'au renoncement de la construction de certains parcours dans les zones trop arides.

En conclusion, si vous avez envie de découvrir le golf, je ne peux que vous y encourager. C'est vraiment la garantie d'un moment hors du temps, de jeu, de concentration, de dépassement de soi et de relaxation dans la nature. Toutefois, je ne peux que vous encourager également à poser, vous aussi, la question de l'environnement à votre club.


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