vendredi 15 mars 2019

Genèse du Cœur de Lucy - Partie 3 : publication par Milady



Le Cœur de Lucy :
1. Au-delà de la raison
2. De Toute mon âme

C'est avec cet ouvrage en deux parties que l'on me connaît en tant qu'écrivaine.

Comment et pourquoi est né ce diptyque ?

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Quand on reçoit ce commentaire d'un éditeur reconnu de longue date dans le métier, c'est les papillons dans le ventre assurés :

"C’est vraiment excellent. Équilibré, humain, consistant, original, touchant… Wow".
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Dans la première partie de cette série d'articles, j'expliquais le choix de mes thématiques.
Dans la seconde partie, j'évoquais le contexte politico-social choisi et l'utilisation du genre Fantastique.

Dans cette troisième partie, je vais vous parler de la parution du diptyque aux éditions Milady, label du groupe Bragelonne, leader dans la littérature de genre en francophonie et plus particulièrement dans les genres de l'imaginaire.

Le début de cette histoire, c'est une rencontre avec Stéphane Marsan, directeur éditorial, dans le cadre du speed-dating des Imaginales à Epinal, festival des littératures de l'imaginaire. Je recommande d'ailleurs très chaudement cette expérience aux auteurs en recherche d'éditeurs.

J'ai rencontré quatre éditeurs et directeurs éditoriaux, mais avec Stéphane, le feeling est tout de suite passé puisque 1. je portais un T-shirt des Led Zeppelin, 2. je lui ai parlé de Graham Joyce, auteur pour qui il avait la plus grande affection et qui demeure à ce jour l'une de mes plus belles découvertes littéraires.

Le roman que je lui proposais à l'époque, mon premier roman, n'était pas abouti et depuis j'ai eu l'occasion de le réécrire totalement. Stéphane avait toutefois détecté quelque chose qui l'intéressait dans ma plume et a réservé le meilleur accueil à "La Glace de l'hiver".

Quand on reçoit ce commentaire d'un éditeur reconnu de longue date dans le métier, c'est les papillons dans le ventre assurés : "C’est vraiment excellent. Équilibré, humain, consistant, original, touchant… Wow".

Aurélie Charron, talentueuse éditrice et collaboratrice de Bragelonne / Milady a également lu le manuscrit et souhaité le publier.

C'était parti !

Après quelques ajustements et compromis, il a trouvé sa place dans la collection Milady Romance, et, dans le processus, un second tome m'a été commandé. Aurélie Charron estimait en effet, et à juste titre, que le sujet pouvait être plus approfondi avec une seconde partie et ce en format diptyque, comme deux tableaux en regard sur une même problématique.

J'avais quelque chose comme 10 mois pour écrire le tome 2, validé sur synopsis et cette expérience a été tout aussi folle que le reste. D'abord, les corrections éditoriales, sévères mais tellement pertinentes, qui lissent le texte et les tournures compliquées, les répétitions, etc. Cette phase est fondamentale et plus il y a de corrections proposées, plus le travail de l'éditeur/trice est approfondi et son implication grande. C'était donc une chance.

Il y a eu ensuite le choix de la couverture. On a sollicité mon avis, donc, là encore, c'était une expérience positive, même si j'ai dû faire des compromis. Compromis, c'est le maître-mot quand on signe un contrat d'édition.

J'ai en effet dû ajouter un chapitre entier au premier tome pour qu'il colle plus à ce qu'on attend de la romance traditionnelle : une fin heureuse. Si, au début, ce n'était pas ce que je souhaitais, j'ai finalement été très satisfaite de l'évolution plus marquée et mieux explorée de la relation entre les deux personnages principaux.

Ensuite, il y a eu le tome 2. Comme la construction "picturale" en deux parties me semblait pertinente, j'ai joué le contraste : campagne-ville, naïveté-maturité, superstition-science, pour mieux mettre en avant les éléments de continuité : les passions interdites, la responsabilité d'orphelins, la pratique de la phytothérapie, le désir de liberté, la rébellion face aux conventions... Pour au final construire une argumentation en forme de "thèse-antithèse-synthèse", qui m'a comblée. Et, ce, de nouveau, grâce aux directives éditoriales d'Aurélie Charron.


Le plus difficile a sans doute été le choix du titre, qui lui aussi doit coller à certaines exigences marketing fonction de son placement dans telle ou telle ligne éditoriale, donc... il a fallu trouver quelque chose qui fasse "romance". Abandonner "La Glace de l'hiver" a été un nouveau compromis éprouvant, mais c'est ainsi quand on travaille avec un éditeur : on se trouve, en quelque sorte "dépossédé" de son "bébé", mais c'est pour que celui-ci devienne grand...

Et puis, le grand jour : la parution. Quand on reçoit son livre, qu'on tient le fruit de son travail conjugué au travail d'autres personnes qui ont misé sur notre univers, c'est un nouveau sentiment merveilleux.

La suite ? Les retours des lecteurs, leur rencontre en salon et des moments privilégiés dans une vie, au prochain épisode 😊






jeudi 14 mars 2019

Le Salon du livre romand de Fribourg, édition 2019

Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent pourquoi cette manifestation littéraire est importante pour moi. Je l'ai fondée il y a maintenant de nombreuses années avant de la transmettre à un formidable comité tout neuf.

De gauche à droite : Cindy Mezni, Gilles de Montmollin, Marie Christine Horn, Amélie Hanser, Déborah Perez, Fabrice Pittet, Sara Schneider, et moi-même en face.


L'année passée, la première sous la nouvelle présidence, était plutôt cool puisque nous avions une table pour deux avec Tiffany Schneuwly.

Salon du livre romand 2018 avec Tiffany


Cette année, j'ai géré le stand au nom de la toute nouvelle association d'auteurs de genre, le Gahelig.

C'était un peu de boulot en amont, et puis une superbe expérience durant ce week-end des 16 et 17 février. Nous étions 11 auteurs au total, se distinguant dans les genres de la Romance, du Fantastique, de la Fantasy, de la SF ou encore du Noir, du Polar et de l'Aventure.

Nous ne nous connaissions pas tous dans la vraie vie, mais exactement comme attendu, nous avons passé un moment d'extrême cordialité, arrosée par les délicieuses liqueurs du Papa de Charlene Kobel, du vin blanc de Fabrice Pittet et saupoudré de quelques chips.


Le gros point négatif fut la réception du public. Les visites comme les ventes des auteurs du Gahelig ont été assez faibles et les regards parfois circonspects voire désapprobateurs ou dédaigneux. Nous sommes des ovnis en territoire Helvète, ce n'est plus à démontrer !

Toutefois, des auteurs plus installés dans le paysage culturel et littéraire romand, comme Gilles de Montmollin, Marie Christine Horn, Jean-François Thomas ou encore Pierre Yves Lador qui nous rejoint tout dernièrement, aideront sans doute des auteurs Fantasy qui, pourtant, vendent des wagons de livres (à l'étranger principalement), à se faire reconnaître à la maison.

Le point d'orgue de cette désertion fut notre table ronde, mais elle a été filmée et je la mettrai tout prochainement en ligne. Peut-être certains curieux changeront-ils d'avis, puisque nous y expliquons pourquoi nous ne faisons pas que mumuse avec des univers fantasmagoriques mais que nous portons un regard acéré sur nos sociétés et le Monde.

Consolation du dimanche : la visite de Monsieur le Conseiller Fédéral, Alain Berset, au Salon. J'ai dû un peu le tirer vers chez nous et voler quelques minutes de son temps, mais, aimable comme toujours, il a répondu avec le sourire.




C'était le Salon du livre romand 2019, RDV pour ma prochaine dédicace à Genève du 1er au 5 mai !



mercredi 13 mars 2019

Genèse du Cœur de Lucy - Partie 2 : Angleterre et Fantastique



Le Cœur de Lucy :
1. Au-delà de la raison
2. De Toute mon âme

C'est avec cet ouvrage en deux parties que l'on me connaît en tant qu'écrivaine.

Comment et pourquoi est né ce diptyque ?

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Le premier tome s'intitulait originellement
La Glace de L'hiver.
Sa fin n'était pas vraiment heureuse, mais plutôt en demi-teinte, et il n'était pas prévu de seconde partie.
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Dans la première partie de cette série d'articles, j'expliquais le choix de mes thématiques.
Dans cette seconde partie, je vais vous parler du contexte politico-social que j'ai souhaité aborder et pourquoi.

Nous nous trouvons, donc, dans  l'Angleterre pré-victorienne.
Je ne donne pas de dates précises, mais lorsque Allan explique le parcours de Jack avec la flotte de l'Empire britannique, ainsi que le processus intensif de colonisation dans une Grande-Bretagne à son apogée au niveau commercial et économique, on peut situer dans le temps le récit.

Jack est issu de cette colonisation puisqu'il est un colon sud-africain, et je parle régulièrement dans le livre de la colonie d'Afrique du Sud (pour la petite histoire reprise aux hollandais qui étaient les premiers colons) et plus précisément de la ville de Port Elisabeth.

L'étendue si vaste du monde était pour moi un sujet important par opposition à l'étroitesse d'esprit de l'époque, que je dénonce. D'ailleurs, dans une scène du roman, Lucy admire la mappemonde d'Allan et met en exergue ce paradoxe.

On englobe souvent dans la prospère ère Victorienne, par abus de langage, les courts règnes des deux prédécesseurs de la Reine : George IV et Guillaume IV ; leurs règnes cumulés ayant duré 17 années que l'on peut facilement accoler aux presque 64 années du long règne de Victoria, raison pour laquelle l'éditeur, Milady, a choisi de présenter mon roman comme se déroulant à l'époque victorienne.

Je n'ai pas donné de dates précises dans mon roman, donc, mais des indices et je vais vous révéler, dans cet article et en exclusivité (*insérer musique triomphante*), l'époque à laquelle se déroule le récit !

Le début du diptyque se déroule en 1832.
La fin se situe aux alentours de 1835.
3 ans plus tard, sera inauguré le tout premier transatlantique entièrement à vapeur, le Great Western, qui pouvait effectuer la traversée en 15 jours seulement pour relier Londres à New York, alors que jusqu'alors il fallait compter 3 mois.

Cette immense avancée technique sera l'origine de la seconde partie de mon diptyque, dans lequel je reviendrai au prochain épisode, mais pour l'heure, poursuivons dans mon contexte politico-social.

J'ai choisi délibérément d'évoquer une famille de la gentry anglaise (la petite noblesse), bénéficiant de quelques avantages mais rarement de grandes fortunes. En premier lieu, je souhaitais faire rêver, et on rêve mieux en grand, chez les riches, disons-le clairement. Et Lucy n'aurait eu aucune porte d'entrée chez les riches sans être elle-même d'une certaine classe sociale.

D'autre part, les grandes largesses que se permet Lucy n'auraient pas été possibles dans un roman paysan comme ceux de notre chère Georges Sand.

Pour conclure ce 2e article de la série, je réponds à la question du fantastique, en touches légères.

Je plaide coupable, c'était pour me faire plaisir. J'adore le mystique, l'occulte, et je trouve que ça ajoute du piquant à toute histoire. C'était toutefois également un outil me permettant de replacer mon roman dans la lignée des romans gothiques qui pouvaient s'écrire jusqu'en 1820 (Charlotte Smith, Mary Shelley) et les tous débuts des romans fantastiques en Europe.

Cette mouvance littéraire marquait une adoption incertaine et anxieuse des technologies de la vapeur et de l'essor fou de la Révolution industrielle, Révolution qui a tout bonnement façonné notre monde d'aujourd'hui. Je ne pouvais pas passer à côté et me suis donc servie du sentiment d'étrangeté de ce premier tiers du XIXe pour explorer la superstition encore trop présente dans les campagnes européennes. L'exécution sur le bûcher de la mère de Lucy est quelque peu anachronique pour l'Angleterre, mais la toute dernière sorcière brûlée vive en Suisse à la fin du XIXe est un fait suffisamment choquant pour que j'inclue ce thème dans ma trame narrative.

Toutefois, comme dans les romans fantastiques fidèles à la définition originelle du genre, j'ai délibérément laissé planer le doute sur la question de l'occulte : les femmes de cette histoire affabulent-elles ? Et ce, dans le contexte du féminisme de mon roman, dont je parlerai plus tard.


Au prochain épisode, j'aborderai les coulisses d'une publication, en tant qu'auteure, dans une grande maison d'édition, j'ai nommé le groupe Bragelonne / Milady and Co !




mardi 12 mars 2019

Genèse du Cœur de Lucy - Partie 1 : une histoire de Cendrillon ?



Le Coeur de Lucy :
1. Au-delà de la raison
2. De Toute mon âme

C'est avec cet ouvrage en deux parties que l'on me connaît en tant qu'écrivaine.

Comment et pourquoi est né ce diptyque ?

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Le premier tome s'intitulait originellement
La Glace de L'hiver.
Sa fin n'était pas vraiment heureuse, mais plutôt en demi-teinte, et il n'était pas prévu de seconde partie.
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Partie 1 : une histoire de Cendrillon ?

Se voulant directement inspirée de l'histoire de Cendrillon, mais ni rose, ni jolie, ni pour les enfants, on retrouve dans mon histoire certains ingrédients clés du conte :

- La marraine la bonne fée sous les traits de Mrs Abernathy
- La disparition de la mère, puis du père, l'héroïne étant ainsi orpheline
- Le trio belle-mère et belles-sœurs abusives a été remplacé par le duo grand frère et belle-sœur abusifs
- Le Prince charmant est un Comte charmant
- Le mariage heureux qui sauve l'héroïne de sa condition de misère

Et quelques autres emprunts au contes de fées :

- L'héroïne est charmante, d'une grande beauté, généreuse et résiliente
- Les animaux sont omniprésents
- Quelques fidèles amis et alliés soutiennent Lucy de manière indéfectible
- Il y a quelques châteaux dans le décor
- La magie est présente en petites touches

Les similitudes s'arrêtent ici. Quand on emprunte à un genre, en l'occurrence, le conte de fées, et qu'on choisit de le twister, c'est bien souvent pour mettre en exergue une mise à distance par rapport à celui-ci. L'un des messages principaux se résume donc ainsi : la vie n'est pas un conte de fées. Même si tous les ingrédients semblent réunis.

Comme je souhaitais évoquer "la vraie vie", avec ses contrariétés, ses zones d'ombres, mon héroïne devait en être la parfaite ambassadrice.

Aussi, Lucy n'est pas une princesse parfaite. Plus active que passive, forte plus que fragile, elle est également capricieuse, extrêmement impulsive, aussi égoïste qu'elle peut par ailleurs être généreuse, aussi perspicace que naïve et aussi immature que responsable selon les situations. Bref, elle se trompe, elle a ses doutes, ses failles, ses humeurs, ses hauts et ses bas : elle est humaine.

Tout comme le Prince charmant, qui n'est pas celui qui semble tout désigné au premier abord, parce que c'est rarement comme ça que ça se passe dans la vie. Et puis, Allan a aussi ses failles, ses doutes et défauts : sa beauté n'est pas parfaite, et la beauté est un symbolisme fort s'il en est dans les contes de fées. Deuzio, il se tape la servante sans faire beaucoup de cas d'elle, il déserte souvent son domaine et ses responsabilités et il lui arrive de se mettre en colère. Mis à part ça, il est merveilleux, parce que des gens merveilleux dans la vraie vie, il y en a.

Mon second propos principal dans ce roman était un essai romancé sur l'amour, posant les problématiques suivantes et tentant d'apporter une réponse :
- L'amour est-il la passion ?
- L'amour au premier regard est-il réel ?
- Comment l'amour se construit-il solidement et durablement ?

Là encore, on s'éloigne du schémas classique des contes de fées : Il est plein de blé - elle est bonne = marrions-nous ! qui ne pose pas ce genre de questionnements.


Dans la 2e partie de la genèse de mon diptyque, je vais vous parler du choix du contexte historique, la Révolution industrielle du 19e siècle en Angleterre, et l'inclusion du Fantastique dans sa définition originelle, selon les Lettres Classiques.

samedi 5 janvier 2019

Renouveau 2019

Un bilan 2018 ne serait ni riche ni intéressant. Il ne s'est plus ou moins rien passé dans ma vie, sinon quelques débuts de projets, deux décisions importantes (celle de me débarrasser de tout ce qui était nocif pour moi et celle d'écrire des scénarios) et globalement beaucoup de repos (c'était vital).

Je me tournerai plutôt vers l'avenir pour cette nouvelle année, signe de renouveau, de dynamisme et d'envie retrouvée.

Celle d'écrire de nouveau, et de travailler, de travailler dur à la poursuite de mes rêves.

Celle de croire que tout est possible.

Celle de protéger et faire  grandir l'amour partout où il se trouve.

Celle de sourire.

Enfin, celle de prendre soin de moi.

Je vous souhaite à tous et du fond du coeur, ces mêmes envies, et plus encore.






dimanche 4 novembre 2018

Du désavantage d'être un homme



J'ai lu récemment une très longue liste d'avantages substantiels à être un homme, il y avait plus de cent vingt points, classés par catégories : normes sociales, sexe et relations, corps et santé, etc.
Voici l'article.

Bien sûr, ces points sont le reflet d'une certaine vérité, mais selon moi, une vérité biaisée ou du moins tronquée.

Ce qui me dérange avec le féminisme contemporain, c'est cette propension à dénigrer les hommes, avec un certain sentiment revanchard et le discrédit des revendications masculines, même si la plupart des féministes s'en défendent. Or, le sexisme, c'est l'application de stéréotypes de genre sur les filles et les garçons. Les deux sexes (je parle de sexe et non de genres, car les deux concepts sont différents) sont concernés, et les deux sexes en souffrent.

Si les mouvements anti-sexisme ont commencé du côté des femmes, parce qu'elles étaient sans aucun doute les plus opprimées par le patriarcat, les choses ont évolué, la lutte et les revendications le doivent aussi. À sans arrêt se victimiser et traiter les hommes de salauds, les féministes foncent dans le mur.

Exemple de cet article qui défend le positionnement de "ne pas aimer les hommes, et alors ?"

Elles foncent dans le mur parce qu'on ne peut pas argumenter que les hommes et les femmes sont au fond seulement des êtres humains, nés égaux mais différenciés par les normes sociales, et dans le même temps mépriser une moitié de l'humanité du simple fait d'un critère biologique : le sexe d'une personne, en l'occurrence. C'est faire exactement ce qu'elles dénoncent.


L'écrasante majorité des femmes aiment les hommes forts, qui prennent le lead, qui les protègent, voire qui les soutiennent financièrement
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Oui, les femmes sont opprimées par les hommes. Ce ne sont pas les hommes qui réclament ce fait, c'est l'intégralité de la société, hommes et femmes. Demandez autour de vous, 9 femmes sur 10 vous diront qu'elles aiment "les hommes, les vrais" ; cette vidéo est très très parlante.

L'écrasante majorité des femmes aiment les hommes forts, qui prennent le lead, qui les protègent, voire qui les soutiennent financièrement. Les vieux mythes ont la vie dure et font partie intégrante de la complexité des relations humaines, y compris dans les danses de la séduction et du désir.

En réaction à ce premier article que ce cite plus haut, les exemples du privilège masculin, je souhaite lister quelques désavantages à être un homme, sans ordre particulier, comme ça me vient.
Je précise que je parle de généralités et que j'ai bien conscience qu'il existe de très nombreuses exceptions aux exemples que j'ai choisis. C'est la définition-même d'un stéréotype.

1. Vivre ses émotions
C'est le point le plus reconnu : les hommes ne peuvent pas pleurer comme ils en auraient besoin. Je ne suis pas spécialement pleurnicheuse, pourtant, je pleure sans doute 10 fois plus que mon mari. Pleurer est un processus physiologique important dans la gestion des émotions, mais les hommes n'y ont pas droit, sous peine de passer pour des faibles. L'exception passe, mais ne doit jamais devenir la règle.

2. Santé, soin de soi, coquetterie
Les hommes sont moins enclins à s'intéresser à leur alimentation et leur santé en général, parce qu'on ne leur apprend pas, ou beaucoup moins, les bases de la nutrition ou du soin de soi.
En revanche, des pratiques dangereuses pour la santé telle que boire, fumer (cigarette ou cigare), manger de la viande à chaque repas (symboliquement, se nourrir de violence et de domination sur un autre être (alors que l'OMS reconnaît que la viande en excès est cancérigène)) sont valorisées.
Il en va de même pour la coquetterie. Tolérée dans une moindre mesure, la coquetterie est majoritairement bannie pour les hommes souhaitant se définir comme virils. Les couleurs vives, les manucures, les bijoux fantaisistes, etc. sont par exemple à exclure.

3. Les enfants
La relation aux enfants est très encadrée. On a une certaine méfiance sous-jacente envers les hommes qui aiment les enfants et le soin aux enfants. Les seules relations aux enfants qui leur est généralement autorisée sont avec leurs propres enfants (exception faite des professeurs, mais seulement pour les enfants plus âgés).
D'autre part, la relation à leurs enfants est majoritairement subordonnée à leur relation avec la mère de leurs enfants. Si cette dernière relation est compromise, celle à leurs enfants également ou en tout cas fortement compromise.

4. Les loisirs
S'il est tout à fait accepté ou encouragé de la part des femmes pour elles d'emprunter aux secteurs dits masculins quand il s'agit des loisirs et des sports, l'inverse n'est pas vrai. Un homme a fortiori un homme hétéro, doit se justifier s'il s'adonne au patinage artistique, à la couture ou à la danse classique.

5. Le domaine professionnel
La même règle s'applique aussi dans le champ professionnel. Un homme peut difficilement être secrétaire ou nounou (d'autant plus avec la contrainte des relations cadrées avec les enfants) ou encore homme de ménage. Et s'il est coiffeur, inutile de vous faire un dessin.
D'autre part, les travaux physiques, exigeants et usants pour le physique sont dévolus aux hommes dans l'écrasante majorité.

6. La pression financière
Les hommes doivent gagner leur argent, et plutôt deux fois qu'une. Les petits pourcentages d'activités salariés sont beaucoup plus rares pour les hommes, les opportunités moins nombreuses et ce genre de cas mal perçus. On attend de l'homme qu'il soutienne financièrement sa famille, qu'il gagne un plus gros salaire que sa compagne et on le juge s'il sacrifie son activité rémunératrice au profit de l'éducation de ses enfants (ce qui enfonce le clou concernant le point 3, la relation aux enfants.)

7. Le pouvoir
Le pouvoir aux mains des hommes est extrêmement valorisé et la pression sociale dans ce sens très forte. Les relations de séduction sont fortement subordonnées au pouvoir détenu par un homme. Le pouvoir étant très lié à la profession, on attend d'un homme qu'il s'adonne corps et âme à sa carrière. Il est donc attendu d'eux qu'ils recherchent et apprécient le management et/ou les positions de direction, même si cela ne correspond pas à leur personnalité.

8. Le physique
On attend des hommes qu'ils soient capables de casser la gueule à autrui en cas de menace, sur eux-même et sur les personnes subordonnées à leur protection. D'autre part, il est valorisé chez l'homme qu'il soit grand, et ait musculature et carrure importantes. Enfin, ils doivent être "manuels" : ils doivent savoir manipuler des outils, bricoler, construire des choses. Ils doivent également être résistants physiquement sous peine d'être taxés de douilletterie.

9. La personnalité
On attend des hommes qu'ils soient audacieux, compétiteurs, meneurs voire dominants, solides psychologiquement et constants, qu'ils contrôlent leurs émotions ((point 1) sauf, dans une certaine mesure, la colère - signe de puissance et outil d'intimidation). La sensibilité est en revanche chez eux taxée de sensiblerie, l'introversion de passivité et l'extraversion d'instabilité.
De plus, les prises de risque ou les comportement à risque sont largement valorisés ("avoir des couilles").

10. Les relation et la séduction
Comme déjà abordé, il est très compliqué pour un homme de séduire sans argent ni pouvoir, et en second lieu sans physique (grand) ni personnalité (fort) reconnus comme virils. D'autres éléments  comme la gentillesse, l'attention, la créativité, l'humour, peuvent peser dans la balance mais ne sont ni déterminants ni prioritaires.
D'autre part, on attend des hommes qu'ils adoptent un comportement de prédateurs (ou chasseurs) dans le domaine de la séduction. Il sera très mal perçu de la part d'un homme qu'il refuse une relation sexuelle avec une femme (a fortiori si elle est séduisante), alors que ce même comportement est valorisé de la part des femmes. Ils doivent être débordants de désir, si possible à toute heure du jour et de la nuit et sont bien moins pris au sérieux dans les cas de harcèlement ou agression sexuelle de la part d'une femme.
Les relations sexuelles des hommes sont extrêmement normées dans le sens de la domination même si cela va contre leur personnalité, et soumises au mythe de la performance.
Enfin, les désirs homosexuels ou associés à l'homosexualité de la part d'un homme qui souhaite se définir comme hétérosexuel restent fortement condamnés (alors que ces mêmes comportement ne remettent généralement pas en cause la féminité d'une femme).



Enfin, quelques petits exemples, au hasard :

- Il est mal perçu qu'un homme commande un chocolat chaud ou un jus de fruit dans un bar
- Il est mal perçu qu'un homme supporte mal les alcools forts
- Il est mal perçu qu'un homme conduise un petit cabriolet coloré
- Les hommes violentés par leurs femmes ne sont aucunement pris au sérieux
- On tolère beaucoup moins les pleurs des petits garçons
- Les petits garçons n'ont pas l'opportunité d'apprendre le soin à autrui (avec des poupons, par exemple) et moins l'opportunité d'apprendre la cuisine
- Un homme est jugé négativement s'il n'a pas une voix grave, profonde et qui porte loin
- Un homme serait très négativement jugé s'il faisait du shopping avec la carte de crédit de sa compagne
- Un homme serait moqué s'il choisissait de son propre chef de voir un film ou de lire un livre d'amour
- Un homme a plus de chance d'être dénigré s'il est chômage
- Un homme n'a pas le réflexe comme une femme pourrait l'avoir de demander de l'aide ou de se faire réconforter et n'aurait pas l'idée de pleurer sur l'épaule de quelqu'un
- Les hommes sont exclus du débat qui porte sur la question des genres par les féministes ou taxés de masculinisme lorsqu'ils débattent de ces questions sans l'aval des féministes

Liste bien entendu non exhaustive.


Tout cela s'appelle le virilisme, et le virilisme tue. Les hommes se suicident trois fois plus que les femmes et de manière plus violente. Parce que certains craquent sous la pression, tout simplement. De plus, l'espérance de vie des hommes est moindre par rapport rapport à celle des femmes, du fait du point sur la santé (point 2), des comportements à risque (point 9) et de l'usure professionnelle (point 5).

Et vous, ajouteriez-vous quelque chose à cette liste ?

En conclusion, les questions de genre et d'égalité entre les genres sont aujourd'hui presque exclusivement aux mains des féministes, ce qui, selon moi, met en danger l'avancement du problème.

Recentralisons le débat, c'est urgent.

jeudi 1 novembre 2018

Les auteurs helvétiques de littérature de genre

25 auteurs de genre en Suisse se regroupent !



Première rencontre du groupe fin août 2018


Il était un petit groupe que j'ai imaginé en ce début d'année 2018, où je rêvais d'une littérature de genre forte, qui s'exprime, s'expose, se reconnaît, est reconnue et appréciée à sa juste valeur.

La littérature de genre, c'est mon bastion depuis que j'ai écrit, il y a dix ans, un roman d'urban fantasy.
Il n'est pas encore paru mais prochainement (j'espère), parce qu'il m'a demandé tellement, tellement de travail et parce qu'il est surtout, eh bien, le premier roman que j'ai écrit, mon roman d'apprentissage.

Anyway, je me suis tout de suite aperçue qu'en littérature comme dans d'autres domaines (ciné, arts plastiques, arts du spectacle...), il y a ce que l'intelligentsia approuve (le cinéma d'auteur, l'art contemporain, l'opéra...) et ce qu'elle dédaigne, ce qui est populaire, censé appartenir au grand public et nourrir sa médiocrité (les blockbusters, le manga, les comédies musicales (par exemple)).

Bon, je schématise, mais mon discours fait sans aucun doute échos à une certaine vérité. Une vérité qui peut se retrouver en littérature, donc. On parle de littérature tout court comme seule et vraie littérature quand on fait référence à ce qui n'en est qu'une facette : la littérature généraliste ou blanche, bien souvent un exercice de style autant que ou plus que l'exposition d'une histoire, et opposée au "genre" : la littérature de divertissement, la littérature labellisée, parfois étiquetée "romans de gare", "à l'eau de rose", ou dans un joyeux fourre-tout "SF",  pour tout ce qui se rapporte à l'imaginaire.

La dichotomie du monde du livre, c'est que la plupart des très grosses ventes se font dans le genre et que, aux USA, pays dictateur des modes, on aime bien plus le "genre" que la littérature généraliste et contemporaine. Du coup, on invente des nouveaux noms à chaque saison : "chick-lit", "feel-good", "young adult", etc. pour mieux vendre, mais aussi pour mieux dénigrer...

D'un côté les impératifs marketings nous poussent, nous auteurs, à embrasser pleinement ces balises marketings ; d'un autre côté, la frustration d'être regardés de haut par les médias culturels traditionnels, sérieux et pompeux est très grande.

Notre salut réside dans une meilleure communication auprès du grand public. Et rien de mieux, pour communiquer, que de se regrouper. Ainsi, est né le groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre, désormais affectueusement surnommé le GAHeLiG.

J'y ai fait la connaissance de personnes merveilleuses, et nous avons débuté notre mission !
Nous avons donné quelques interviewes auprès des grands médias, nous sommes interviewés parmi aussi, avons organisé notre présence future en salons et avons même décidé d'écrire une anthologie sur le thème du chocolat 😇)

Nous avons notre groupe FB privé dans laquelle nous échangeons à propos d'écriture, de nos actus, etc. Nous avons notre forum ! Et un webzine est même en préparation 😊

Et pourquoi "helvétiques" au fait ? Eh bien, pour la même raison que j'ai fondé le Salon du livre romand : il est pour moi important d'inciter à l'économie locale, même et surtout quand il est question de culture.


Vous voulez en savoir plus, connaître nos auteurs ?

- Voici notre blog, on y présente les auteurs et leurs ouvrages
Notre page Facebook relate l'ensemble de nos actualités, n'hésitez pas à la liker !

Et quelques interviewes

Pour le groupe :
- 24 Heures
- Radio RTN

D'auteurs du groupe :
- Pascal Lovis sur RFJ
- Deborah Perez, blog Maya au Pays des rêves
- Florence Cochet, Marlène Charine et Katja Lasan sur le blog du Fictiologue
- L'interview de Julien Hirt sur le propre blog du GAHeLiG


Genèse du Cœur de Lucy - Partie 3 : publication par Milady

Le Cœur de Lucy : 1. Au-delà de la raison 2. De Toute mon âme C'est avec cet ouvrage en deux parties que l'on me connaît en ta...