mardi 21 août 2018

Swiss Fantasy Show IV

Oh, j'ai oublié de parler de cette convention !

Bon mais, le bilan est mitigé...

En 2016, nous avions adoré les Swiss Fantasy Show avec Tiffany, ça avait été un super moment.

L'événement étant bisannuel, nous avons dû attendre 2018 pour son chapitre IV.

Cette année, les organisateurs, la date et le lieu ont changé... et je dois avouer avoir été un peu déçue.

Le prix de l'entrée ayant doublé, et la date au printemps correspondant aux Imaginales d'Epinal (j'imagine que ça a joué un rôle), les visiteurs étaient beaucoup moins nombreux que les éditions précédentes.

De plus, le lieu - Beaulieu, à Lausanne, un grand entrepôt vide et froid - n'offre pas le même décor que Beausobre à Morges et sa lumière généreuse, ses recoins, ses amphithéâtres pour les conférences, etc.

Donc, malgré le stand féérique que nous avions imaginé avec Tiffany, et les supers jolies robes que nous portions pour l'occasion, le week-end était tout de même un peu terne.



Heureusement, nous avons pu croiser quelques amis : les auteurs Fabrice Pittet, K.Sangil et Deborah Perez, et notre ami Jedi, Caryl venu faire un tour, mais aussi l'équipe des Comptines Barbares (web série), que je vous recommande vivement !


Et bien sûr, comme toujours, les moments passés en compagnie de Tiffany sont supers, ponctués d'apéros, de dégustation de chips (parfaitement, les chips se dégustent !) et de papotage !
Enfin, reste cette photo prise avec Sean Astin qui valait quand même le déplacement... 😊😊


lundi 20 août 2018

Je ne bois plus d'alcool (ou presque)

"Sans alcool, la fête est plus molle !" (mon ancien credo).



BREAKING NEWS!

Voilà 3 mois maintenant que j'ai adopté ce nouveau style de vie, et j'attendais impatiemment d'avoir suffisamment de recul pour vous en parler : je ne bois plus d'alcool, sauf exceptionnel trempage de lèvres dans un verre de vin.

Cela faisait des années que j'avais envie de pouvoir affirmer : je ne bois pas. Qu'est-ce qui m'en a empêchée ? L'addiction, tout simplement. Non, selon la définition médicale du terme, je n'étais pas alcoolique. Pourtant, l'idée de ne plus jamais déguster un verre de vin, sociabiliser autour d'une bière, et l'idée de ne plus ressentir cette euphorie - légère ou moins légère selon les doses -, m'arrêtaient. Lorsque je parle de ma nouvelle vie autour de moi et que la réaction immédiate est "Ah non, je ne pourrais jamais", je comprends que je ne suis - n'étais - pas la seule à avoir ces préoccupations.

L'alcool tient une place incroyablement prépondérante dans nos sociétés. Il est au coeur-même de nos coutumes de sociabilisations. Une célébration ? Champagne ! Un repas entre amis, en famille ? Vin ! Un apéro ? Rosé ! Un match ? Bière ! Etc. Se passer d'alcool rime pour certains avec l'idée de se passer de ces moments de sociabilisation.

C'est faux, mais il faut bien admettre une chose : le thé froid n'est pas des plus excitants. Comme tous ses homologues sans alcool, c'est une boisson trop sucrée et plate (ou alors il y a l'eau. Excitation : -10). Le vin, la bière, c'est complexe, délicieux, passionnant. Et, seconde objection qu'on s'avoue moins facilement, les relations sociales sans alcool, c'est moins facile.

Eh oui, l'alcool désinhibe. En fait, l'alcool est la soupape universelle de l'humanité. Combien d'entre nous n'ont jamais pris un petit verre pour se détendre après une journée ou semaine bien stressante? Peu. Et parfois, c'est tout un pan de vie qui est dédiée à une alcoolisation méticuleuse pour décompresser : les "soirées", autrement appelées "faire la fête".

Y aurait-il de plus importantes tensions sociales sans ces décompressions ? Je ne sais pas. Cependant, ce qu'on désigne comme "le monde de la nuit" est vraiment peu reluisant : excès en tous genres, violence en tous genres... C'est comme si les bêtes étaient lâchées. Il n'y a qu'à demander aux patrons de bars et clubs. Est-ce un mal nécessaire ?

Selon mon expérience personnelle, je ne suis pas plus stressée depuis que je ne me cuite plus. Qui plus est, je vois une myriade d'avantages à l'abandon de la consommation d'alcool :

- Fini les lendemains difficiles, et les demi-journées ou journées entières perdues à récupérer
- Une peau plus souple et sans imperfections
- Des économies : plus de taxi, d'hôtel, de bouteilles de champ' à 100$
- Mon poids se stabilise
- Mes cheveux sont plus beaux
- Je n'ai plus du tout envie de fumer
- Ma dignité est assurée en toutes circonstances 😅

Ce qui est étrange, sans l'alcool, c'est le fait de vivre chaque moment sans filtre, sans modification de conscience. Quand on s'ennuie, on s'ennuie, c'est ainsi. On voit bel et bien le temps passer et on n'est pas subitement passionné par les diatribes de notre voisin de table. Du coup, on profite aussi avec plus d'efficience du moment... Un apéro de trois quarts d'heure est effectivement envisageable (et suffisant), alors qu'avec l'alcool on se retrouve souvent on ne sait pas comment à la recherche d'un snack à 22h.

On va se coucher plus tôt sans alcool, c'est un fait. Sans cette euphorie, certes, mais aussi sans cette culpabilité d'avoir franchi les bornes des limites. On ne passe en revanche pas une moins bonne soirée. C'est juste différent. Il y a toutefois certaines choses que j'attribuais à l'alcool qui ne sont pas du ressort de ce breuvage, comme l'atmosphère particulière de la nuit, cet état différent que l'on ressent dans la pénombre, ou la fatigue d'avoir veillé trop tard et décalé ses heures de sommeil, ou encore la déshydratation due à l'absorption de trop de sucre.

On m'a dit et répété que je ne tiendrais pas, au début. J'ai fait une dégustation de vins (en recrachant, donc), un giron de jeunesse (sorte de bal de village mais version cool) et ai assisté à un mariage les deux premières semaines suivant ma résolution. Une fois ces tests passés, je savais que je me tiendrai à mon choix. J'ai passé d'excellents moments, j'ai raccompagné tout le monde sains et saufs en voiture, et je me suis levée le lendemain en excellente forme. Je ne reviendrai jamais en arrière.

D'autant plus qu'en étant lucide à chaque instant, on voit des choses qu'on ne voyait pas avant. Tous ces gens tituber, bafouiller, perdre le fil de leur conversation, hurler et se donner en spectacle, et même vomir dans des coins, ça ne fait vraiment, mais vraiment pas envie. J'observe les yeux se voiler, les discours se découdrent au fur et à mesure des verres, alors qu'avant, suivant la même pente glissante, je n'en remarquais rien. On se met à part, on devient observateur. Le fait que ce soit ma nature facilite le processus, j'imagine.

Quant à moi, maintenant que le palier de la désintox est passée, je m'autorise désormais, outre les quelques gorgées de vin, le cidre doux (2%) et la panachée (environ 2%) également. Figurez-vous qu'un verre et j'ai la tête qui commence à tourner, donc c'est tout ce que je bois. Eh oui, le foie perd vite l'habitude de ce poison. Mais il se régénère tout aussi rapidement, et ça c'est fantastique. Je n'ai plus du tout envie d'être saoule, voilà ma limite 😊

Enfin, pour ceux qui auraient décidé de se lancer (ou de réduire leur consommation), un conseil : empotez avec vous vos boissons dès que possible. La bière sans alcool est fantastique ! Les bitters égayeront vos repas. Les Misters Cocktails accompagneront vos garden party, les jus de raisin ou de pomme pétillants vous permettront de trinquer dans une coupette. Sans parler de la grande variété de vins désalcoolisés, y compris mousseux, qui sont de plus en faciles à trouver dans le commerce. Et puis, les vins chauds, les punchs, les mojitos, les pina colada, ont tous leur alternative sans alcool. À essayer !

Et si vous doutiez encore que l'alcool est un poison, même à faible dose, je vous conseille la lecture de cet article...






samedi 28 juillet 2018

Le véganisme doux (ou slow véganisme ou flexitalisme)

Tofu party le lundi, barbec' de barbac' le dimanche
(Et c'est OK)



Je ne sais pas pour quelle raison nos systèmes de pensées et nos conceptualisations sont aussi tranchées, mais je ne peux que le constater, nos sociétés sont très partisanes du "tout ou rien", du "blanc ou noir", du "gentil ou méchant", sans vraiment laisser de place aux nuanciers des couleurs.

Pour ce qui est du véganisme, c'est tout aussi valable. Soit on est un pieux végane prêt pour la sanctification, soit on est un méchant carniste, ou, selon la vision inverse, soit on est un taré extrémiste, soit on est normal et fréquentable.

Eh oui, comme j'en ai parlé dans mon précédent billet sur le véganisme ("Je ne suis pas une vraie végane"), le statut cul-entre-deux-chaises passe difficilement, du fait justement que nos systèmes de pensées sont absolutistes (par exemple, l'article des Inrocks "Et si on arrêtait les flexiconneries ?")
On attend de nous qu'on choisisse un camp et qu'on en soit le meilleur partisan.

C'est pour cette raison que, selon moi, les termes sont capitaux. De nombreuses recherches et manifestes démontrent que les vocables consolident les concepts. Et quand on souhaite en faire disparaître, on fait en premier lieu disparaître le mot de la langue qui le définit. Le brillant humoriste Franck Lepage expose ce mécanisme dans cette vidéo et cite quelques sources solides. Il parle de la dynamique de retirer de la circulation des termes et donc concepts gênants, dynamique inverse à celle que je recherche aujourd'hui.

Je souhaite au contraire instiguer un terme et donc un concept utile : le slow véganisme (calqué sur le mouvement de la slow cosmétique), qu'on pourrait aussi nommer véganisme doux ou flexitaLisme, (même si le "flexitaRisme" dont il est inspiré n'a pas spécialement bonne presse (et c'est dommage)).

Concrètement, qu'est ça donne ?
Ça pourrait être par exemple, ne pas manger de produits animaux à la maison mais en manger à l'extérieur. Ça pourrait aussi être la semaine végétalienne et le week-end de relâche. Ça pourrait également être le fait de ne plus acheter de lait de vache mais uniquement du lait végétal.

En fait, tout pas fait en faveur d'une réduction de la consommation des produits animaux doit être encouragé, plutôt que lynché sous prétexte qu'on est incapable de se positionner et qu'on ne fait les choses qu'à moitié. Un peu, c'est mieux que pas du tout. Et conscientiser et nommer une démarche aide à l'implémenter sans son quotidien.

Résolvons ainsi le paradoxe de l'immobilisme.
Car en effet, personne n'est favorable à la maltraitance animale. Tous ceux qui ont pris connaissance des vidéos scandaleuses dans les abattoirs, révélées par les courageux activistes de L214, entre autres, ont été révoltés.

Et pourtant, les choses bougent si peu pour la cause animale... Le constat, c'est que les gens sont effrayés par les changements et la remise en question des systèmes établis. Ne plus consommer de produits issus de l'exploitation animale revient à se mettre en marge, et ça demande une bonne dose de courage et de volonté, personne ne pourra dire le contraire. Il s'agit d'une position radicale qui ne revient pas seulement à bouleverser son quotidien, mais à faire des sacrifices et à renier une croyance qui constitue le fondement de notre humanité telle que nous la vivons dans toutes nos sociétés : nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire, nous sommes les plus forts, et l'ensemble de nos prérogatives sont justifiées.

Et, comme je l'expliquais en introduction, les biais de nos représentations font que si on ne choisit pas un système, on marche contre lui. C'est, je pense, la raison pour laquelle les gens ont été choqués d'apprendre ce qui se passait dans les abattoirs, mais n'ont pourtant pris aucune mesure dans leur quotidien, ou si peu. "On ne va quand même pas devenir végétarien / végan !" Et il y a un second problème majeur qui vient, lui, de la communauté végane : celle-ci accepte volontiers les gens "en transition", comme ils le disent, mais seulement à la condition que leur objectif à plus ou moins long terme soit de supprimer totalement les produits animaux.

Personne n'est là pour épauler les gens qui ont simplement choisi de réduire, et non pas totalement supprimer lesdits produits animaux. Je pense au contraire qu'il est capital non seulement de soutenir, mais aussi de valoriser cette démarche. Faire enfin fi du "tout ou rien".

Féliciter les gens qui n'achètent plus de viande que directement chez l'éleveur, parce que leur combat est celui de la viande industrielle ; féliciter ceux qui ne mangent de la viande qu'au restaurant mais du tofu à la maison, ceux qui boycottent les œufs de poules en cage, ceux qui se sont passés du fromage systématique en fin de repas ; bref, féliciter tout ceux qui ont pris conscience, qui font un effort, même petit, plutôt que de les critiquer parce qu'ils ne vont pas au bout de leur démarche. En vérité, ils vont au bout de leur démarche : la démarche qui leur est personnelle.

Oui, on peut tout à fait préparer de la béchamel au lait de soja, un sauté de tempeh ou un burger végétal, acheter de la crème d'avoine ou des yogourts de coco ou se passer d’œufs dans ses crêpes, sans pour autant être végane, et c'est super de le faire. Alors à tous les flexitariens, les mitigés, les végétaliens à mi-temps : bravo, vous êtes formidables.



lundi 21 mai 2018

Le golf, entre orgueil et préjugés.

Le golf. Le sport vieille Angleterre de prédilection. Réservé à une certaine classe. Ne niez pas, c'est la première chose que vous avez pensé. C'est aussi ce que j'ai pensé avant de le découvrir par une belle matinée de printemps.

Et vous savez quoi ?

C'est vrai. Mais pas que.



Les origines du golf sont assez anciennes, mais le jeu tel qu'on le connaît aujourd'hui se précise en Ecosse dès le Moyen-Âge et son origine élitaire provient du fait qu'il était à ses débuts majoritairement pratiqué par les Francs-Maçons.

Aujourd'hui, s'il reste élitaire, c'est parce que les cotisations en club sont très élevées et pour une bonne raison: un parcours de golf est très onéreux tant à concevoir qu'à entretenir. Il demande une moyenne de 30 à 35 hectares de domaine pour un parcours classique 18 trous, l'intervention d'un architecte, des centaines de mètres cube de terre végétale, des semences de pelouse très fine, un arrosage et une tonte quotidienne, des engrais et herbicides, et une armée de paysagistes pour entretenir tout ça. Sachant que le nombre d'utilisateurs est extrêmement limité pour des raisons de sécurité (une balle peut voler à 220 km/h), les charges à répartir sur le peu d'usagers sont très importantes.

Ajoutons l'héritage de la fameuse "étiquette" anglo-saxonne, et un sport qui est en fait une activité relativement douce donc pouvant être pratiquée dans la seconde partie de la vie d'un sportif, et on obtient l'image d'une activité de vieux bourges blancs élitistes.

MAIS. Dans la plupart des pays occidentaux du moins, on peut assez facilement pratiquer le golf, en fait, sans avoir à intégrer un foutu club privé avec entrée sur présentation de son compte en banque. Les clubs commerciaux sont plus détendus avec l'étiquette et offrent beaucoup d'espaces d'entrainement : le driving-range pour les balles longues (le fameux "swing"), et les puttings pour les balles roulées (le "mini-golf"), et une fois l'autorisation de parcours acquise, on peut facilement réserver de temps en temps un parcours à 2 ou plus pour passer une très belle journée sportive.

Dans ces conditions, le golf n'est pas plus onéreux que l'équitation, le ski, le tennis ou les sports nautiques. Bien sûr, tout ça reste des activités qui ont un certain coût, mais peuvent tout à fait être à la portée de la classe moyenne et pas seulement aux franges ultra-aisées de la population.

En fait, le golf, c'est quoi ?
De ma toute petite expérience de quelques heures hier matin, où j'ai eu l'opportunité de découvrir le splendide golf de la Gruyère (à deux pas de chez moi), je peux vous expliquer les quelques bases que j'ai apprises.

Golf Resort de la Gruyère, Fribourg

De manière très basique, le golf consiste à rentrer une balle depuis un départ donné dans un trou, et ce en la shootant avec un club, le tout avec le moins de coups possible. Il faut savoir qu'il y a plusieurs centaines de mètres entre le départ et le trou. Le ou les premiers coups consistent donc à tirer la balle sur une très longue distance pour la placer au plus près de la zone où se situe le trou, qu'on appelle le green. Ce geste pour tirer au loin s'appelle, donc, le swing. La zone avant cela est tondue mais moins à raz que le green et s'appelle le fairway. Une fois la balle parvenue sur le green, il ne reste qu'à la faire rouler pour la rentrer dans le trou. À chaque étape, on change de club car chacun a sa spécificité, c'est la raison pour laquelle on se ballade avec un sac complet de clubs (que les plus bourges et fainéants (ou les pros) font porter par un assistant : le caddy.)

Entre le fairway et le green, on trouve généralement des obstacles qui augmentent la beauté du parcours mais également sa difficulté : les bunkers de sable, les obstacles d'eau de tous genres, mais aussi des rochers, des buissons, etc. Dans le golf, il s'agit de se promener dans la nature, certes, mais dans une nature contrôlée et maîtrisée tout de même.

L'étiquette.
C'est une des composantes du golf que j'apprécie beaucoup. L'étiquette nous provient tout droit du Royaume-Uni et de sa culture que j'aime tant (ce qui explique aussi en partie mon amour du football). Respect des autres et du parcours, tenue vestimentaire imposée (col obligatoire, toile de jean proscrite), téléphones portables interdits... sont à l'ordre du jour, si vous souhaitez fouler le green. En fait, ces règles de bonne conduite et d'équipement spéciaux se retrouvent dans tous les autres sports, mais le golf a choisi de les nommer "étiquette", plutôt que "règlement". So chic!
En revanche, c'est l'un des seuls sport où aucun arbitre n'est présent. D'où l'autorisation de parcours a acquérir en premier lieu, et peut-être une certaine sélection à l'entrée, histoire d'être sûr que les personnes laissées à déambuler librement dans un environnement fragile, et où les balles volent comme des projectiles, sont dignes de confiance.

Non mais c'est pas un vrai sport... !
De cette idée préconçue, j'en suis revenue aussi. Alors, bien sûr, rien à voir avec du triathlon, on est d'accord. Mais quand même. Le geste du swing demande une certaine condition musculaire, en particulier des muscles pectoraux, les deltoïdes, les triceps et la sangle abdominale pour effectuer le mouvement de rotation. Il faut également beaucoup de souplesse sur le haut du corps et de la stabilité dans les talons. Ajoutons à cela environ 8 km marchés en 4 heures pour un parcours moyen. Ce n'est pas du sport extrême, encore une fois, mais tout de même une agréable activité physique dans laquelle on évolue dans de splendides environnements.

Splendides d'accord, mais pas vraiment respectueux de l'environnement.
Héritage des privilégiés d'un autre temps, le golf s'en fout un peu, des conséquences. Les engrais et les désherbants évoqués plus hauts sont déversés par hectolitres sur des surfaces tondues tous les jours ou tous les 2 ou 3 jours selon les zones, par des machines utilisant quantité d'essence. Les parcours sont maintenus bien verts avec des volumes astronomiques d'eau, là où, parfois, cette eau est une denrée rare. Les voiturettes utilisent énormément d'électricité qui ne provient que trop rarement de sources solaires. Enfin, les centaines de milliers de balles en plastique dur qui se perdent dans la nature alentours ou les cours d'eau ne sont jamais ramassées.

Et avec la démocratisation du golf ces dernières décennies, le nombre de licenciés explose tout comme le nombre de parcours, sans que les bonnes questions se posent véritablement. Il existe désormais et depuis un certain temps des balles biodégradables. Bien sûr, elles sont plus chères, mais pour une activité qui se targue d'être associée à la fortune... Tous les clubs devraient être équipés de systèmes photovoltaïques pour leur voiturettes et leurs tondeuses. L'utilisation de l'eau devrait être remise en question systématiquement, jusqu'au renoncement de la construction de certains parcours dans les zones trop arides.

En conclusion, si vous avez envie de découvrir le golf, je ne peux que vous y encourager. C'est vraiment la garantie d'un moment hors du temps, de jeu, de concentration, de dépassement de soi et de relaxation dans la nature. Toutefois, je ne peux que vous encourager également à poser, vous aussi, la question de l'environnement à votre club.


dimanche 8 avril 2018

Je ne suis pas une vraie végane.

Cela fait bien longtemps que je me demande de quelle manière je dois parler de cet aspect de ma vie, que certains d'entre vous ont probablement noté au travers de mes publications sur les réseaux: le véganisme.





D'abord, il m'a fallu m'approprier ce terme, tenter de l'implémenter dans ma vie, en comprendre toutes les implications philosophiques, mais surtout, surtout, accepter mes faiblesses et mes limites.

Ce chemin a commencé il y a environ sept ans, lorsque j'ai arrêté de manger des vaches. Par un bel après-midi dans la lande gruérienne au cours d'une promenade, je suis rentrée dans un pré voir les vaches de plus près, tenter de les caresser. Ce sont de belles bêtes curieuses, paisibles et sensibles. Les génisses étaient un peu effrayées, mais une vache plus âgées m'a laissée l'approcher. Je lui ai gratté le cou et le front, elle a léché mes mains avec son énorme langue râpeuse, et j'ai regardé dans ses yeux et y ai vu une âme. Impossible, impossible pour moi de me dire que je pourrais manger la chair de cet être si doux.

Je n'ai donc plus voulu entendre parler de "bœuf" et autre "veau". J'ai continué de manger de la volaille pendant presque une année, persuadée que 1. les poules c'est un peu bébête (c'est totalement faux) et que 2. l'humain a besoin de viande pour être en bonne santé (c'est totalement faux également, voire le contraire). Il était impossible, dans mon esprit, que l'Homme ait pu construire ses sociétés sur l'exploitation des animaux, sans que ça n'ait été nécessaire, dans l'ordre des choses.

C'est une vidéo qui m'a détrompée, "Si les abattoirs avait des vitres, tout le monde deviendrait végétarien", présentée par Paul MacCartney (la vidéo). J'ai refermé mon ordinateur et j'ai décidé que plus jamais je ne mangerai le corps d'un animal, terrestre ou marin. Depuis six ans maintenant, il n'en a en effet plus jamais été question, et j'ai l'absolue certitude qu'il n'en sera plus jamais question pour le reste de ma vie.

D'abord, ça a été comme une résolution de vie, l'application d'une prise de conscience, quelques pas vers un quotidien plus éthique. Maintenant, je ne me pose même plus la question. Je ne mange pas de viande ou de poisson, point, tout comme je n'envisagerai jamais de manger mes chats ou le chien du voisin. Pour moi il ne s'agit pas de quelque chose de comestible ; un corps, un cadavre, n'est en aucun cas de la nourriture. D'ailleurs quand je vois de la viande, je ne vois pas un plat, je vois les fibres musculaires, la graisse, les os, les tendons et les veines d'un être qui a été vivant. Ça me dégoûte franchement, alors je détourne le regard et respire par la bouche. Parce que, les odeurs, c'est encore pire.

Mon végétarisme est donc une évidence absolue, et, en plus, très facile à vivre au quotidien. On trouve des plats végétariens partout et dans tous les restos, et c'est un concept qui est largement répandu, connu et accepté.

L'étape d'après, le véganisme, c'est une toute autre histoire.
Pour devenir végétarien, on se documente un peu et on tombe très vite sur des informations relatives au végétalisme et tous ses attraits. Tout comme j'ai appris que le bonheur n'est pas dans le pré pour les animaux élevés pour leur viande, j'ai aussi appris qu'il l'est sans doute encore moins pour les animaux exploités pour les autres "produits animaux", les plus connus étant les œufs de poules et les produits laitiers, principalement de vaches. Et puis la préservation de l'eau douce, des forêts, de l'atmosphère. Et puis la solidarité avec des peuples dépouillés de leur nourriture pour que celle-ci servent à engraisser le bétail des riches occidentaux... Et puis le bouddhisme et le respect du vivant, et ma santé et ma forme physique.

Sur le papier, c'est fantastique. J'ai découvert la multiplicité des laits végétaux, la cuisine à la crème d'avoine ou au au lait de coco, le tempeh, le tofu, le seitan, les graines de lupin, le psyllium et l'extraordinaire richesse de l'alimentation végétale, traditionnellement orientée vers le vivant, donc le biologique, le cru, le diététique.

Que de belles choses.
Sauf que je reste, aujourd'hui encore, accro au fromage comme un junkie est accro à son héroïne, et que je ne décroche pas. Et que, même - et ça a sans doute été le plus difficile à admettre pour moi - je n'ai pas envie de "décrocher". Pendant des années, je me suis dit qu'il me fallait du temps, que je pouvais m'autoriser à y aller doucement, que le mois prochain, terminé plus jamais aucun produit interdit ne passerait mon œsophage. Il y a eu des périodes où j'étais très sérieuse, et des périodes où je me disais "oui mais ma belle-mère a fait ce gâteau avec amour". Pour mon plus grand malheur, passer d'ovo-lacto végétarienne à végétalienne n'a jamais été le fait d'une évidence, d'un déclic, d'un dégoût.

Et pour mon plus grand malheur également, les fois où j'a sérieusement essayé, j'ai été confrontée à tellement d'agressivité et de rejet, que j'ai prié très fort à maintes occasions, à table, pour qu'on ne me pose pas de questions sur le contenu de mon assiette. Se présenter comme végan, ça secoue tellement fort les carnistes jusque dans les fondements de leurs croyances d'êtres supérieurs, tout au sommet de la chaîne alimentaire, que les réactions peuvent être ultra-violentes. J'ai perdu ma meilleure amie. Oui oui, vous me lisez bien. Et j'ai failli couper les ponts avec une partie de ma famille aussi, avec qui les relations restent tendues. Je suis toujours la pénible, la bizarre, l’extrémiste, l'ennuyeuse, et, depuis quelques temps, la bobo qui suit la mode.

J'avoue, j'ai un peu envie de casser les dents à ceux qui déclament ça. Essayez une semaine, on verra si c'est qu'un effet de mode.

C'est vrai, je suis faible. Faible parce qu'une dizaine de fois par an, je mange un plat de fromage entre amis ou en famille, et que j'apprécie pour une fois de ne pas être celle qui crée le malaise parce que tout le monde dit "hum c'est bon - et toi, Marilyn, ça va c'est bon ce que tu manges ?" sur un ton un peu gêné. J'apprécie de pouvoir partager la même nourriture que tout le monde et partager mes ressentis sur ce qu'il y a sous mon palais. J'apprécie la convivialité. J'apprécie ne pas manger trois bouts de légumes à la vapeur pour 25 balles dans un resto parce que les cuistos me détestent.

Je suis faible parce que je n'arrive pas tout le temps à me battre, contre les préjugés, la méconnaissance, les sensibilités personnelles heurtées. Je suis faible parce qu'au milieu d'une tablée de dix personnes, pendant la phase d'interrogatoire systématique (- Ah mais t'es... beurk, végane ! - Non mais tu sais qu'on doit manger de la viande, quand même ? - Tu te rends compte que tu vas avoir de l'ostéoporose si tu manges pas de produits laitiers ?), j'essaie d'arrondir les angles, changer de sujet, apaiser les esprits plutôt que de me lancer dans un exposé inutile avec chiffres à l'appui sur la condition animale, la pollution de la filière viande et la déforestation en Amazonie pour l'alimentation du bétail. J'essaie plutôt de manger tant que mon plat est encore chaud et d'ignorer les regards de haine qu'on me lance souvent.

Peut-être que vous, amis parisiens, berlinois ou même lausannois penseront que j'exagère. En fait, je vis dans le district de la Gruyère, canton de Fribourg, Suisse. La réponse est dans l'énoncé. J'aurais bien envie d'invoquer l'expression "bande de pagus sous-éduqués", mais ce serait faire des généralités, et les généralités, j'en souffre, alors essayons d'être au-dessus de tout ça.

En conclusion, si j'arrive à en parler maintenant, c'est parce que j'ai fait la paix avec mon alimentation et mes prises de position. Je ne dois rien à personne, pour commencer, et je fais ce que je veux, pour continuer. Aux végans, j'arrive aujourd'hui à dire que oui, je fais des écarts, donc non je ne suis pas une "vraie", mais vous avez tout mon soutien, oui je suis incohérente, désolée je fais de mon mieux. Et puis aux carnistes, j'arrive à les regarder en face, (surtout ma famille, c'est le plus dur) et leur dire, non, je ne mangerai pas de gratin dauphinois, oui j'ai mangé de la fondue le mois passé mais je veux encore choisir précisément le nombre d'écarts que je fais et leurs circonstances.

J'ai conscience que ce statut "cul-entre-deux-chaises" me vaut le qualificatif d'emmerdeuse. Scoop : quoi qu'on fasse on est l'emmerdeur de quelqu'un. Alors, peut-être, autant faire ce qui nous convient le mieux plutôt que d'essayer vainement de plaire à son entourage.






vendredi 30 mars 2018

Auteure VS Autrice

Depuis une dizaine d'années et même plus, on observe la féminisation inéluctable des titres auparavant uniquement masculins tels que procureur, ministre, professeur et bien sûr, le sujet qui m'intéresse le plus, le mot auteur.



Un peu d'histoire
L'Académie française, vénérable institution garde-fou de la langue française, unique au monde et admirable à bien des égards (et néanmoins amplement critiquable également), condamne la féminisation de ces titres, féminisation qui a dû se populariser dans d'autres coins francophones du monde que la France, tels que le Québec ou la Suisse. L'Académie se défend en indiquant que ces formes que l'on appelle "masculines", ne le sont pas mais sont la forme neutre de la langue française.

Mouai. N'empêche qu'en vertu de l'intervention de cet ultra-misogyne de Richelieu (qui a fondé l'Académie française), des titres tels que philosophesse et médécienne, aujourd'hui tombés en désuétude, ont été purement et simplement radiés de la langue française par décret du Cardinal. C'est également à cette époque que la règle d'accord en genre selon la proximité a été abolie en faveur de la règle selon laquelle "le masculin l'emporte".

Ex. "Le garçon et les vingt fille étaient radieux" plutôt que "Le garçon et les vingt filles étaient radieuses" => "filles" étant dans la phrase le plus proche de l'adjectif à accorder.

Pour cela encore, l'Académie défend son obscurantisme en invoquant de nouveau le troisième genre "neutre". Qui est comme le masculin. C'est pratique.

L’Ère de la parité
N'empêche qu'aujourd'hui, ce discours ne passe plus, et au Québec comme en Suisse romande, la féminisation des titres a été adoptée à un niveau étatique.
Cette impulsion de l'ensemble du monde francophone est un mouvement nécessaire dans la parité hommes-femmes, pour la reconnaissance de ces dernières dans des rôles, qui, plus que des métiers, sont des définitions d'un individu au niveau du jeu sociétal notamment.

Cette première question résolue, qui balaie d'un revers de main les récriminations du type "stop à la féminisation outrancière des mots", il est intéressant de se préoccuper du comment, puisque les francophones sont divisés à ce sujet. On ne se pose pas de question pour les titres qui ont déjà un E à la fin, comme ministre ou philosophe. Ils resteront probablement tels quels et ça ne me pose pas de problème.

Le terme fil conducteur de cette analyse et exemple de ces divisions est le mot auteur, féminisé sous les formes auteure ou autrice.

Le premier semble naturel et à remporté haut-la-main le sondage que j'ai soumis la semaine passée sur ma page Facebook : il a été plébiscité à 81% des voix. Tout comme professeure ou procureure, il féminise discrètement, ne demande pas d'apprentissage auditif d'un ensemble de syllabes inconnus, ne rallonge pas le mot initial comme professoresse pourrait le faire, bref, il remplit son rôle sans trop déranger.

C'est pour cela que je l'adopte également : il a toutes ses chances de gagner la bataille contre l'Académie française en étant utilisé par le plus grand nombre de manière naturelle et presque inconsciente ; c'est déjà ce que l'on observe dans tous les milieux littéraires. Pour moi, peu importe le moyen, seule la finalité compte. On a bien adopté professeure et procureure pour les mêmes raisons, alors que ces formes ne répondent pas à la règle de féminisation des mots en -eur, qui est -euse (comme chanteur/chanteuse, danseur/danseuse, footballeur/footballeuse.)

Parlons-en des règles classiques de féminisation des suffixes. Selon la règle, les mots en -teur se féminisent en -trice : acteur/actrice, aviateur/aviatrice, instituteur/institutrice, instigateur/instigatrice, compositeur/compositrice... Et d'ailleurs, le mot autrice existe depuis le XVIe siècle, oui oui Mesdames Messieurs, avant l'intervention de ce frustré de Richelieu. Ce mot aurait toute sa place, bien sûr, et a été plébiscité à 19% des voix dans mon sondage. Toutefois, le problème principal que cette forme rencontre, c'est que le mot initial est méconnaissable. Auteur ne comporte en effet qu'un seul phonème avant son suffixe -teur : le son O. Difficile sur cette maigre base d'identifier qu'il s'agit du même mot sous sa déclinaison féminine, alors que le mot acteur, avec le même nombre de lettres pourtant que auteur, comporte deux phonèmes avant son suffixe : les sons A et K. C'est sans doute pour cette raison que le féminin actrice n'a pas rencontré de résistance.

Le mot de la fin sera en mémoire des auteuresse, autoresse et autre auteuse, qui n'auront pas vécu longtemps, allongeant le mot d'origine (on est dans l'ère du rapide et productif, faut pas déconner non plus) ou ne respectant pas la règle de féminisation du suffixe (quitte à changer la sonorité de base, autant le faire proprement). Amen.

Et vous ? Vous êtes pour quel mot ? Auteure, autrice ? Dites-le moi en commentaire !




samedi 17 mars 2018

Salon du livre romand de Fribourg : mon expérience d'auteure !



Bon mais, le Salon du livre romand, cette année, je l'ai surtout vécu comme auteure. Et la tradition sur mon blog, c'est que j'écrive un billet sur les salons auxquels je participe en tant qu'auteure.

Donc, après le billet sur les origines de cet événement qui ont quelque peu à voir avec mon cerveau, je vous parle de l'ambiance du salon qui s'est tenu dans la "cathédrale du livre fribourgeois". C'est un peu vrai quand même :

C'est beau, n'est-ce pas ?

Je vous rassure, pendant le week-end des 3 et 4 mars passés, c'était bien plus animé et lumineux. Comme dans tous les salons prestigieux auxquels j'ai eu la chance de participer, aux heures de pointe, on se bousculait dans les allées.

Et puis je dois l'avouer, être entourée de tellement de bouquins pendant deux jours, ça a un côté magique. Pour notre part, Tiffany (Schneuwly - mais dois-je encore la présenter ? -) et moi étions dans la section germanique, mais le nom de Jojo Moyes, même au-dessus d'un titre incompréhensible pour moi (j'ai des bases très... basiques, en allemand), m'a tenu compagnie.



Au-delà de la rencontre avec les lecteurs, ce salon était comme les autres rendez-vous romands : l'occasion de nous retrouver entre auteurs, nous qui restons souvent dans notre coin tout au lonng de l'année. J'ai craqué sur la trilogie de Jean-Pascal Ansermet et son personnage Aristote (L'histoire d'un CHAT! C'était couru d'avance...), et c'était l'occasion de revoir notre ami Fabrice Pittet, auteur de Fantasy qui est de toutes les manifestations.


J'ai également revu avec émotion l'adorable Jasmine, éditrice des éditions d'En Bas, et mes amies auteures Marie Christine Horn et Mélanie Chappuis, et eu l'occasion de faire enfin plus ample connaissance avec une très belle personne, Manuela Ackermann-Repond.



Au final, un week-en vraiment sympa, rempli de nouvelles rencontres (une autre Manuela, Manuela Nathan de la web TV Reportage Suisse Romande), Christian, responsable éditeurs de la nouvelle équipe des organisateurs, Amélie Hanser, auteure de Fantasy young adult...

Et le plus beau ? Je me la suis coulée douce pendant deux jours 😋

Swiss Fantasy Show IV

Oh, j'ai oublié de parler de cette convention ! Bon mais, le bilan est mitigé... En 2016, nous avions adoré les Swiss Fantasy Show ...