mardi 29 novembre 2016

Lire en Poche, Bordeaux

Voilà voilà, le Salon du livre romand est terminé, j'ai retrouvé ma vie, j'ai donc un peu de temps maintenant pour mettre mon blog à jour.

Commençons par le compte-rendu de Lire en Poche, qui se déroule dans une commune de l'agglomération bordelaise, Gradignan.




Tout un parc dédié au livre, des amphithéâtres, des tentes... Un cadre enchanteur, du soleil et une température très agréable pour un début octobre où je me suis laissée dorer au soleil.

Le concept de ce festival, comme son nom l'indique, tourne autour du poche ; quelques maisons comme Folio et mon éditeur, Milady, par exemple, y ont donc leur place de choix.

Cette année, le thème de Lire en Poche était "Amour et haine", thèmes largement exploités dans mon diptyque. Embarquement pour l'aéroport de Genève direction Bordeaux, donc !

Nous sommes arrivés vendredi soir, Alex et moi. La soirée d'inauguration s'ouvrait sur les discours officiels, suivis d'une lecture en musique de Léonor de Récondo, quelques mots qui glissent sur le violon et la harpe. Magique.

Le samedi, après une matinée de dédicaces durant laquelle j'ai plus conversé avec mon voisin anglais Richard Ford, que signé des livres, même si quelques lectrices m'attendaient de pied ferme, nous avons souhaité mettre à profit la pause de midi avec Alex pour visiter Bordeaux. La ville est dotée d'un centre historique superbe. Mais en région côtière, la platitude prend tout son sens. Fille des Alpes, le manque de relief (montagneux) m'angoisse.

Nous avons regagné le salon à temps pour une nouvelle séance de dédicaces, un arrêt express à l'hôtel pour enfiler nos tenues de soirée, et nous avons embarqué dans le bus en direction du château Malartic-Lagravière pour une soirée de gala et dégustation des crus classés des Graves. Marc Lévy était présent. Je l'avais déjà croisé l'après-midi à sa table, et vu enchaîner les signatures et les sourires pour les photos, avec patience et bienveillance. Il a traversé la salle pour arriver à sa table avec l'expression détachée des personnalités connues du grand public, le dos bien droit, se sachant observé de tous, ne prenant jamais le risque de croiser le regard de quiconque.



Nous étions une dizaine à notre table (environ trois cents invités en tout), mais c'est véritablement avec Insa Sané que nous avons, Alex plus encore que moi, lié une amitié. Comédien, slameur, écrivain jeunesse, cet homme généreux et d'une très vive intelligence a marqué notre week-end.

Mon équipe de foot, le FCFO, jouait un match à l'extérieur à ce moment-là, contre une équipe difficile, sur un terrain en synthétique difficile, et la première partie du championnat était très difficile. Je guignais les résultats sur Twitter discrètement, entre deux plats : victoire ! Je me suis mise à sautiller sur ma chaise comme une gosse, avec un mari gêné qui me demandait de me calmer et Insa qui rigolait franchement.

Peu avant le retour, j'ai eu l'occasion de saluer Brigitte Giraud, écrivaine lyonnaise qui était venue, il y a une quinzaine d'années, présenter son tout premier roman à notre classe de lycéens littéraires. Elle fait partie des figures qui m'ont donné envie d'écrire, et j'ai pu le lui dire. J'ai également pu parler à Véronique Ovaldé de l'influence qu'elle avait eue sur mon parcours littéraire. Je l'avais déjà croisée au Livre sur les Quais, tout comme Insa Sané, d'ailleurs, et nous avons conversé alors qu'un chauffeur nous menait tous les quatre à Bordeaux.

Le lendemain, dimanche, a eu lieu la table ronde à laquelle j'ai pris part. Je suis sur scène depuis toujours (musique, théâtre...), c'est donc des moments que j'apprécie ; ça n'était pas, du moins au début, le cas de mes deux homologues, Angélique Barbérat et Laetitia Constant, qui avaient quelque peu le stress de la parole en public, mais la discussion est rapidement devenue intéressante, pour nous comme pour le public, je pense.



Une nouvelle vague de dédicaces et, déjà, il était temps de rentrer en terres helvétiques, plus motivée que jamais à terminer mon prochain roman.

Suite à l'épisode "Swiss Fantasy Show" avec Tiffany !



jeudi 29 septembre 2016

Le Livre sur les quais

Mieux vaut tard que jamais, hein ! J’ai été très occupée ces derniers temps. Un déménagement, et le Salon du livre romand qui approche.


Mais voilà le compte-rendu du dernier salon auquel j’ai participé. Au début de ce mois de septembre, il y a eu le Livre sur les quais, à Morges, et c’était magnifique.



Dès le vendredi matin, il y avait un soleil splendide qui est resté tout le week-end. Je suis arrivée à l’accueil, puis à ma place, non loin de Marika Gallman et Pierre Pevel qui arrivait le lendemain. Nous étions dos au lac, avec un petit vent frais lacustre, tout semblait très bien.
J’ai bien eu un soupçon en découvrant les albums destinés aux 3-5 ans juste à côté de mes bouquins, mais je me suis dit, bon, c’est éclectique.

Ma pote Marika

C’est en discutant avec ma voisine de table, et en lui disant l’air de rien, « oula, non, moi c’est pas du tout pour les enfants ! (eu égard au nombre de scènes sensuelles et explicites très élevé), que celle-ci, un brin dépitée, m’a conseillé de demander à changer de place. J’étais en effet, tout comme Pierre et Marika, placée dans la partie jeunesse du salon. Magnifique. Pour Pierre et Marika, bon, young adult passe encore, moi, non même pas sur un malentendu.

J’ai donc en effet demandé à changer de place, ne serait-ce que par décence. On m’a trouvé un bout de table à côté des auteurs francophones non suisses (cool…), de l’autre côté de la tente, fini le petit vent frais lacustre. Mais au moins j’avais vue sur le lac en frontal. Le panneau comportant mon nom étant marron, couleur de la partie jeunesse, je détonnais un peu, même s'il a semblé que j’étais la seule à en être chagrinée.

Le mouton marron


Ce petit couac de départ passé, j’ai sereinement profité de la belle ambiance du salon. La tente est immense et joliment décorée, le public nombreux. En dehors de mes dédicaces, je me suis promené, ai pris la température (chaude). Nous avons profité un court instant de l’espace VIP avec Marika, puis avons englouti dégusté un risotto sur la terrasse du casino. La vie d’auteur en salon, c’est quand même sympa.



Vers le milieu de l’après-midi, c’est la galère La Liberté qui nous rendait visite sur le quai, à quelques mètres de la tente. Ce splendide bateau fait toujours sensation. Ma maman, chanteuse pro de son état, y donnait un concert le soir-même et je suis allée lui faire une bise. C’est à ce moment que je me suis fait alpaguer par un journaliste belge et que j’ai donné une interview filmée, avec le bateau en fond (j’aimerais bien la retrouver et visionner, d’ailleurs, cette interview) pour parler de mes livres, de l’amour, de la sensualité dans la littérature, de la sublimation, de la censure…



Le soir, c’était l’inauguration du salon. Joli endroit dans le port au bord de l’eau. J’ai invité Tiffany Schneuwly qui a rejoint notre petit groupe composé de Marika, Pierre et moi-même. Gilles Vervisch, philosophe, rencontré plus tôt dans l’après-midi, nous a également rejoints. Je passerai sous silence les discussions grivoises très spirituelles. C’était la fin de la journée, hein.

Retour sur mes terres fribourgeoises le soir, et le lendemain tôt c’est reparti pour un tour, dédicaces, dîner, cette fois avec Marika – et Gilles que nous sommes allées voir en table ronde sur la pop philosophie – dédicaces.

Je me suis absentée un petit moment au cours de l'après-midi pour aller voir jouer mes petits lapins (aka la Une du FC Farvagny, oui ce sont des adultes, oui je les appelle quand même mes petits lapins, cherchez pas), qui avaient un match à 5 mn de là contre le FC Echichens, heureux hasard.

À 19h, c'était le moment de la partie officielle sous la tente. J’ai eu plaisir à écouter Dany Laferrière (souvenez-vous de l’épisode au salon de Genève, Marilyn un peu boulet), président d’honneur, qui a réaffirmé l’importance des mots et du livre.

La soirée des auteurs qui a suivi a fini tôt, trop tôt au goût de mes fêtards de compagnons Gilles et Marika, et après avoir salué Pierre (qui m’a fait un autographe sur le bras à ma demande insistante), nous avons poursuivi dans un bar. Bon, on ne peut pas dire que Morges est très vivante un samedi soir. Du coup, c’est très sagement que nous avons débattu d’art, de philo et autres sujets de sociétés, avec quand même un Martini, faut pas non plus pousser mémé dans les orties.




Dimanche, dernier jour du salon. La veille, j’ai annulé la table ronde à laquelle je devais participer, même si j’en étais déçue. C’était une table ronde jeunesse, dans la bibliothèque jeunesse de la ville. Ça m’a donc poursuivi tout le long !… J’ai tout de même assisté un bout à la discussion, mais rapidement j’ai épargné mon angélique mari (venu me rendre visite en moto), assis sur une mini chaise en plastique vert pomme au milieu d’enfants, qui ne bronchait pas mais s’ennuyait ferme, je le voyais bien.

Après cela nous sommes allés assister à la discussion entre notre ami Patrick Dujany et le poète Daniel Popescu. La modératrice s’en souviendra. Moi, j’étais pliée de rire. Voilà, quand on connaît les personnages (surtout Popescu), il ne faut pas s’attendre à ce que les échanges soient policés.


En fin de journée seulement, les quais ont été sous l’orage, comme un joli mot de fin. Malheureusement, je ne pense pas y participer de nouveau en 2017, il faut avoir publié un livre au cours du premier semestre pour être invité, et mes prochaines productions ne seront pas pour si tôt. J’espère avoir le plaisir de dédicacer au Livre sur les quais en 2018    (◍•ᴗ•◍)❤

mardi 30 août 2016

Le Livre sur le Quais, Morges, du 2 au 4 sept. 16

Je serai en dédicaces ce week-end à Morges au
Livre sur les Quais

(www.lelivresurlesquais.ch) et je me réjoooouuuuiiis !

Voici mon programme détaillé :


Vendredi 2 septembre
  • 10h00 — 11h30 : Dédicace
  • 13h00 — 14h00 : Dédicace
  • 15h30 — 17h00 : Dédicace
Samedi 3 septembre
  • 11h30 — 12h30 : Dédicace
  • 14h00 — 16h00 : Dédicace
  • 17h30 — 19h30 : Dédicace
Dimanche 4 septembre

  • 9h30 — 10h30 : Dédicace
  • 11h30 — 12h30 : Dédicace
  • 14h00 — 15h00 : Finalement, les vrais héros sont des héroïnes, Table ronde avec Marika Gallman, Yves Grevet, Marie Pavlenko, Marilyn Stellini. Animé par Fred Ricou. Bibliothèque municipale-jeunesse
  • 15h30 — 17h30 : Dédicace

Au plaisir de vous y retrouver mes petites biscottes craquantes ! ❤

vendredi 5 août 2016

8 choses à ne pas oublier avant d'écrire un roman

Avec trois romans écrits, dont deux publiés, le dernier en cours de publication, et un quatrième en cours d'écriture, j'ai acquis une petite expérience. J'insiste sur l'adjectif : petite, ce n'est pas juste de la coquetterie, certains de mes confrères ont plusieurs dizaines d'opus à leur actif... Toutefois cette expérience est bien réelle et m'a permis d'affûter une certaine méthode afin de gagner en efficacité et en justesse.

Chacun sa propre méthode, c'est un fait, mais on gagne toujours à partager nos trucs entre nous. Je me lance donc.



Avant de foncer tête baissée dans la rédaction, je pense qu'il est bénéfique d'observer une phase de réflexion, plus ou moins longue selon son inspiration et selon qu'on est plutôt intuitif ou plutôt très organisé, mais qui suivra au final les mêmes étapes.


1. Déterminer dans quel genre on souhaite écrire

Qu'est-ce que j'aime lire ? Qu'est-ce que j'ai envie de raconter ? Où ai-je envie de faire voyager mon lecteur ?

a. Je veux écrire un récit, ou une fiction ?
b. Si fiction, je veux écrire du réaliste, ou de l'imaginaire ?
c. Si imaginaire, du merveilleux ou du fantastique ?
etc.

S'il est important de cerner plus ou moins la classification de son futur roman, commerciale ou d'usage, c'est avant tout parce que le genre va avoir une influence sur moult détails pratiques qu'il vaut mieux avoir choisi avant de commencer à écrire. Exemple : le personnage d'introduction s'appelle Michel ou Zlotar ? Utilise-t-on une voiture ou une calèche pour se déplacer ? Si on est dans du réaliste historique, est-ce qu'on fait bien intervenir une calèche ou plutôt une autre voiture hippomobile ?

La création est liberté, bien sûr, mais les lecteurs ont intégré des habitudes et des codes implicites qui les guident et régissent même leurs goûts, attirances, rejets. Vous aurez tout à gagner à connaître les codes du genre dans lequel vous choisissez d'écrire pour éventuellement briser ces codes en connaissance de cause, et non par maladresse.


2. Choisir un lieu et une époque (ou pas)

Ça peut être un lieu imaginaire mais très proche du réel, comme dans Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé. Vous pouvez choisir d'écrire du contemporain. Vous pouvez choisir de situer votre histoire à l'autre bout du monde. On imagine bien que tout cela demande des recherches. Ou un certain talent pour éviter d'avoir à donner des détails pratiques, ne pas citer de noms de ville ou les inventer, etc.
Concernant l'époque, et si vous choisissez un environnement contemporain, attention quand vous faites référence à la technologie, qui avance tellement vite que vous pouvez être sûrs que dans dix ans, certains détails feront apparaître votre roman comme désuet. Et dix ans passent très vite en terme de recherche d'un éditeur, travail éditorial, publication, communication sur un roman, atteinte de son public. Le Tatoo et le TamTam c'étaient le nec plus ultra en 1995.


3. Identifier le message que vous souhaitez faire passer

On appelle un roman une oeuvre littéraire, et ça n'est pas pour rien. La littérature, c'est de l'art. Oui, de l'art. Qu'est-ce que l'art ? C'est un débat vieux comme le monde. Ma définition personnelle de l'art est : une création qui divertit et suscite de l'émotion / une réflexion. Sachant que pour moi le divertissement offert est comme un cheval de Troie pour mieux planter son message, son émotion, sa marque dans l'esprit de son public. En gros, je t'offre du divertissement pour te vendre mon idée. Parce que j'ai envie de te vendre mes idées, c'est comme ça que je passerai à la postérité. Parce que je suis un artiste et que je veux être immortel. Mais je m'égare, où en étais-je ? Le message. Ce message, c'est aussi ce que le public veut acheter, même s'il faut l'emballer. On aime tous voir du blockbuster, mais ça ne laisse aucun souvenir tant ça sonne creux. On aime aussi, parfois, quand on a les ressources émotionnelles et intellectuelles pour ça, être touché en plein cœur par un film d'auteur et nous triturer les méninges dessus le temps d'une nuit blanche. Blockbuster ou film d'auteur, à vous de choisir votre credo. Dans tous les cas, vous ne pourrez faire l'impasse sur un propos à exprimer. Même dans les grandes œuvres de divertissement, on observe que Le Seigneur des anneaux prône la fraternité entre les peuples et Harry Potter crache sur l'eugénisme. Que dira votre roman, à vous ?


4. Connaître et maîtriser les points de vue

a. Point de vue interne : on est dans la tête du personnage principal, on connaît ses émotions, ses pensées les plus intimes, on fusionne avec lui.
Avantage : la proximité, l'intimité.
Inconvénient : on ne vit l'histoire qu'à travers un seul personnage.
Erreur à éviter : trop d'auto-contemplation qui ralentit considérablement le rythme.

b. Point de vue externe : on observe seulement, on ne sait que ce qu'on voit et entend.
Avantage : Idéal pour créer une atmosphère froide.
Inconvénient : certains détails peuvent être difficiles à détailler.
Erreur à éviter : trop de détachement ou, si le récit est raconté du point de vue d'un narrateur extérieur à l'histoire (subtilité de ce point de vue), que celui-ci se fasse trop présent.

c. Point de vue omniscient : on est Dieu, on voit tout, on sait tout, passé, présent, futur, pensées intimes.
Avantage : la latitude dont le lecteur bénéficie.
Inconvénient : le seul inconvénient, en fait, c'est qu'on n'a pas les avantages des deux autres point de vue... il est plus difficile de créer de l'intimité avec un personnage ou de mettre en place une atmosphère froide et glauque ainsi.
Erreur à éviter : donner une voix propre au narrateur. Il doit être neutre absolument, sinon, particulièrement dans les cas de discours indirect libre, la confusion peut être faite entre ce que pense le personnage et ce que pense le narrateur. Si le narrateur n'a pas donné son avis dès le début du récit, on n'aura pas ce souci.

Bien souvent, le point de vue détermine le pronom personnel majoritaire, celui qui est employé pour son personnage principal, le "je" ou "il", mais ce serait une erreur d'affirmer que le point de vue interne équivaut systématiquement à la première personne du singulier ou que le point de vue externe s'écrit à la troisième personne. La littérature est un ensemble d'exceptions.
On pourra noter également que le point de vue interne est sans doute plus moderne, surtout rédigé à la première personne.


5. Choisir ses temps du récit

Il y a globalement trois choix :

a. Le passé avec imparfait + passé simple. C'est la solution du classicisme, le "Il était une fois..." Parfait pour un roman historique, ce choix sera discutable ou obligatoirement argumenté pour un roman contemporain.

b. Le passé avec imparfait + passé composé. Plus moderne, plus proche également de l'oral. Rester dans les temps du passé instaure toutefois une certaine distance entre le narrateur et donc le lecteur, et le récit.

c. Le présent. C'est la modernité, l'immédiateté entre l'action et sa narration.


6. Travailler son schémas narratif

Posséder et maîtriser des outils est la meilleure façon de les transcender. Ainsi en va-t-il du schémas narratif, l'intemporel, celui qui est ancré dans l'inconscient collectif. Le schémas narratif de base est constitué de :

La situation initiale --- L'élément perturbateur --- Les péripéties --- La résolution --- La situation finale

En terme de volume, chacune des parties sera représentée plus ou moins ainsi :

I-------->>> P--->>> P-------------------------------------------------------------->>> R--->>> F-------->

Vous l'aurez compris, Les péripéties, c'est l'histoire, et souvent, dans un pitch (le résumé de la 4e de couverture), on mentionne la situation initiale et l'élément perturbateur uniquement, en ajoutant des questions concernant les enjeux.

Mettre en place cette première esquisse pour votre roman vous permettra ensuite plus sereinement de peaufiner votre synopsis.

J'ajoute que Les péripéties contiendront préférablement une intrigue principale relative à son/sa héros/oïne, et des intrigues secondaires se rapportant généralement aux personnages secondaires.

Un troisième élément que j'aime mettre en place dans mes romans, surtout de registre épique mais pas uniquement, est le point de non retour. Situé au 1/3 de la partie péripéties, c'est le moment où le personnage principal n'a plus d'autre issue que de se diriger vers la résolution, avec des enjeux capitaux comme une question de survie pour un personnage ou un groupe.

Un dernier élément que l'on rencontre de plus en plus souvent est celui que j'appelle la désespérance. Situé aux 2/3 des péripéties, c'est le moment où la partie semble perdue, où plus aucune solution n'apparaît, où le méchant semble avoir gagné. Point d'orgue des péripéties, il voit souvent apparaître une solution miraculeuse qui déboule in extremis, le fantôme d'un parent aimant ou d'un allié (Harry Potter, à plusieurs reprises), le soutien inattendu d'un personnage puissant (lorsque les Ents entrent en guerre dans le Seigneur des anneaux). C'est le théâtre des revirements de situation et un délice croquant pour le lecteur.


7. Donner de la profondeur à son personnage principal

Il doit avoir un passé, avoir vécu des expériences qui l'ont rendu plus fort, mais aussi avoir vécu des choses difficiles qui ont créé des blocages. Il peut aussi ne rien avoir vécu du tout d'intéressant et avoir tout à apprendre. Dans tous les cas, vous lui créerez des limites internes qu'il devra surpasser.

Les péripéties le mettront à l'épreuve, mais il en sortira grandi. C'est ce que le lecteur attend. Non pas des petits défauts pour faire décoration, mais de véritables problématiques profondes.
Pour ce faire, quelques éléments de psychologie ou psychanalyse peuvent aider. Pour ma part je travaille beaucoup avec la méthode DISC, fondée sur les travaux du disciple de Freud, Carl Jung. L'idéal est de panacher les personnalités types pour plus de nuances (deux couleurs principales, parfois une forte et une secondaire).


8. S'adapter à son lectorat

Il s'agit principalement d'une question d'âge. Et plus particulièrement de ce qui fait un roman jeunesse ou non. Outre la langue simplifiée, le volume moins important, ou l'âge du héros permettant l'identification du jeune lecteur, il est question avec les enfants de buts. À cet âge-là, tout est imaginé comme étant didactique et tout est source d'apprentissage. D'ailleurs, si on classe les contes dans la littérature jeunesse, c'est à mon sens parce qu'un conte délivre une morale et qu'on adresse plus volontiers une morale aux enfants. Car si on reconnaît, surtout de nos jours, qu'un roman jeunesse ne doit pas faire mention de violence (ou pas trop), de sexe, ou de substances psychotropes, on fait parfois une petite entorse pour raconter du Perrault à son bambin, ou on le choisit revisité (comprenez, la sœur de Cendrillon ne se tranche plus le talon pour enfiler la pantoufle de vair). L'apprentissage semble donc plus important pour la littérature jeunesse. Le roman initiatique peut tout à fait y répondre et constitue une piste à explorer.


En conclusion, je dirais que tous ces éléments doivent amener une réflexion, comme je le disais en préambule, et des choix qui vous aideront probablement à mettre en place les premiers détails concrets qui vous aideront dans un second temps à passer à la rédaction. Avoir un certain cadre permet souvent de mieux en sortir ou de s'appliquer avec pourquoi pas une certaine effronterie ou ironie à rester dedans, pour au final toujours plus vous rapprocher de ce qui représente le mieux votre personnalité.






vendredi 22 juillet 2016

Ateliers d'écriture

J'anime désormais des ateliers d'écriture par le biais de l'Ecole Club Migros, à Bulle et Fribourg.

Expérience passionnante !

J'étais déjà familiarisée avec la formation via mon job principal au sein d'un institut de formation. Mais c'est la première fois que je donne ma propre formation, que je parle de mon domaine de prédilection, que je transmets ma passion et mon savoir-faire.

J'ai pour le moment animé des ateliers découverte de 2 fois 3 heures. Difficile de vraiment développer le vaste sujet qu'est l'écriture d'un roman dans ce laps de temps, mais j'ai tout de même pu "tirer le premier fil", comme l'a bien exprimé l'une de mes élèves, pour chacun des aspirants auteurs qui ont assisté à l'atelier.

Avant la méthode, même si on démêle des éléments très concrets, tels que choix et travail des points de vue, registres, temps de la narration, figures de style, etc., ce qui me paraît capital dans la création d'une oeuvre artistique quelle qu'elle soit, c'est l'expression de soi et l'expression d'un propos, d'un message.

Sans cet élément capital, un écrit est fondamentalement vide de sens. C'est par cette première réflexion, donc, que l'on attaque, sans stress puisque je ne propose, au départ, qu'un exercice, une simulation, qui se transforme presque toujours en véritable projet alors que les participants affinent leur réflexion.

On discute de leur sensibilité, de leurs envies, de leurs goûts, de leurs parcours, et on arrive ensemble à déterminer ce qu'il est important de mettre en mots et comment.

Il s'agit également de les rassurer, et ma relativement modeste expérience, tant du côté éditrice que du côté écrivaine (oui, on peut dire écrivaine), me permet de répondre à leurs questions, de déjouer certaines des erreurs des primo-romanciers (que j'ai bien entendu commises pour la plupart), et d'expliquer comment se déroule concrètement la parution d'un livre, de son acceptation par le comité de lecture à sa mise en place sur le rayon du libraire.

Ma plus grande fierté serait bien sûr maintenant de découvrir un roman de l'un/e de mes élèves sur ce même rayon du libraire !

Je ne manquerai pas de le relayer ici-bas le cas échéant.

Pour des infos concernant mes cours, c'est par ici

jeudi 16 juin 2016

Réponse à Jean-Marie Bigard

La vidéo m'est passée sous les yeux il y a peu : l'humoriste Jean-Marie Bigard s'est exprimé dans l'émission de Thierry Ardisson à propos du football, sport qu'il qualifiait de "lamentable" à cause de ses règles.



Son point de vue est défendu et argumenté. Mais je ne suis pas du tout d'accord avec lui, et je veux lui répondre, ainsi qu'à ceux qui disent "ah ouai, c'est vrai quand même..."

Il explique que ce sport est pour lui "nul" parce que, par exemple, une occasion de but réel serait réparée par "zéro occasion de but": il prend l'exemple d'une faute commise sur un attaquant qui, démarqué, avance vers les 16 mètres sans les avoir encore atteints (j'ai en tête le dernier match Italie-Belgique, d'ailleurs! Grrr) et qui serait taclé en pleine course. C'est malheureux que ce soit si courant, si je conviens d'une chose c'est bien de celle-ci. Mais cette faute donnerait lieu à un coup franc. J'en arrive aux propos de l'humoriste : est-ce qu'un coup franc peut être réellement qualifié de "zéro occasion de but"?

Là, tout de suite, me revient en tête la vidéo montrant notre attaquant du FCFO, Mato. On est en 5e division, on ne parle pas de pros, et pourtant...


Et encore, lors de ce match-là, nous avons encaissé (douloureusement) le même but quelques minutes plus tard sur coup franc également ! Donc, non, un coup franc n'est pas "zéro occasion de but".

Mais revenons à la revendication de base, le fait que selon la distance avec les buts, une faute soit réparée soit par un coup franc, soit par un penalty, ce que Jean-Marie Bigard ne trouve pas correct en expliquant que quand on se trouve dans la surface de réparation, on n'a aucune chance de faire mouche à cause de la présence obligatoire des défenseurs... Mais, mais, mais... Est-ce que ce Monsieur a réellement regardé un match complet de sa vie ?? Le 99% des buts sont marqués parmi les défenseurs !!

Donc non, un penalty ne répare pas "zéro occasion de but", c'est totalement faux. Il FAUT que la réparation de la faute soit déterminée par la distance des attaquants aux cages, et non par la position des défenseurs en phase offensive comme Bigard semble le réclamer. Vous imaginez le bronx, sinon ? Ce serait une évaluation subjective de l'arbitre, et non plus parfaitement objective selon une distance métrée. Déjà qu'à chaque hors-jeu sifflé, ça râle dans tous les sens, personne n'étant d'accord...

Troisième sujet évoqué par Jean-Marie Bigard, les hors-jeux, justement. Il voudrait purement et simplement les supprimer. Oh oui, brillante idée ! On est dans le sport où les passes sont potentiellement les plus longues : notre gardien du FCFO a déjà lobbé le gardien adverse, véridique ! Si la position de hors-jeu n'était plus réprimée, imaginez les matches : les milieux de terrain se contenteraient de centrer sur des attaquants qui attendraient tranquillement auprès des goals, quels matches passionnants ça donneraient, vraiment. Si on n'oblige pas les blocs des deux équipes à se déplacer avec les phases offensives et défensives, c'est l'essence-même du football qui est remise en question !

Dernière revendication de l'humoriste, les tirs aux buts lors des grandes compétitions... Eh bien, il faut un gagnant, c'est tout. C'est une solution comme une autre, mais certainement pas la plus mauvaise. Seul un véritable passionné de football peut apprécier l'intensité de la confrontation entre un buteur et un gardien, ce face à face brut et hors du temps... Mais vous n'êtes pas un passionné, M. Bigard, et ce n'est pas le foot qui est "nul", c'est vous qui n'avez pas compris ce sport, c'est tout.


mercredi 15 juin 2016

Courir

Mal de tête, dehors il pleut, la journée a été épuisante, mais pourtant, je m'agite. Manger, boire, fermer les yeux quelques minutes, les besoins physiologiques de base ont été satisfaits, mais il en reste peut-être un ?

Qu'est-ce qui me fait entendre l'appel du bitume à fouler ? Le souvenir d'une certaine euphorie me fait quitter le confort de mon cocon, c'est de ça dont j'ai besoin, je le sais, et je chausse mes baskets, remonte mes cheveux, place les écouteurs dans mes oreilles. Dehors, la pluie a laissé son odeur de frais si particulière. Le soleil se couche, et répand son or pâle sous le couvert de nuages qui s'étirent et se clairsèment. Je trottine doucement puis me laisse entraîner dans la première pente douce de mon parcours. Un plat, puis j'entame la grande côte, un kilomètre et demi d'une montée qui me coupe chaque fois les jambes. Je coure lentement, de manière constante. J'ai chaud et froid en même temps, le souffle court, et des crampes d'estomac parce que j'ai mangé il y a trop peu de temps. C'est dur, les muscles tirent, les poumons protestent, est-ce que j'ai vraiment envie de faire ça ?... Je serre les dents, ne lâche rien, coure et coure, parce que je sais que ça vient.

Et puis arrive cet endroit du parcours où ça se produit chaque fois : le cocktail magique s'est répandu dans mes veines, endorphines, adrénaline... Le fameux second souffle me gagne, mes jambes se délient, moment de grâce. L'air est doux et délicieux, je le consomme sans modération. Je pousse sur mes jambes, en ressens toute leur puissance, j'allonge mes foulées, sautille par dessus les herbes hautes comme un cabri, allonge encore plus mes foulées, me sens gazelle. Un sourire fend mon visage, j'étire les bras en croix, inspire à pleins poumons la liberté à l'état pur.

Dernier tiers du parcours. Je suis si pleine d'énergie que je me propulse plus loin et plus vite à chaque foulée, plus loin, plus vite encore, je veux éprouver les extrêmes, mon cœur cogne douloureusement dans ma poitrine, je coure à une vitesse vertigineuse, je puise loin en moi, je veux aller plus vite encore, jusqu'à ce poteau, là, même si mes organes vitaux vont éclater.

Je l'ai fait ! Je récupère en foulées très lentes, prise d'une violente nausée, mais je veux repousser mes limites et lorsque je ne me sens plus sur le point de m'effondrer, je recommence à prendre de la vitesse. Deux fois, trois fois...

Enfin, je suis vidée et rechargée en même temps, je boucle mon tour en marchant sur quelques centaines de mètres, j'ai éteint la musique, j'écoute les grillons, et souris encore, satisfaite. La pénombre a gagné la vallée et la nature se met en veille. Tout est si beau ! Si beau... Et la paix m'habite.

samedi 11 juin 2016

Ah, le football...

Particulièrement en ce moment, quand on parle football, on pense Euro, grandes compétitions, clubs prestigieux. C'est devenu un peu ça aussi pour moi maintenant, le football, par extension. Mais c'est avant tout le petit club du coin, celui qui réunit quelques centaines de personnes au mieux les jours de match de sa première équipe.

Un peu de mon historique personnel avec le football : pendant les 27 premières années de ma vie, le foot, c'était pour moi un rassemblement de nazes décérébrés et bruyants. Provenant d'une famille d'artistes, aux antipodes de cette culture, on m'a appris à mépriser ces "millionnaires qui courent après un ballon" (entendu mille fois, pas vrai ?), ce milieu pourri jusqu'à la moelle (pas tout à fait exempt de corruption non plus, il faut l'admettre...), ce "sport de fillettes" (merci pour le sexisme au passage), et j'avais bien appris la leçon.


Je me souviens d'un concert de Queens of the Stone Age que j'étais allée voir à Bâle avec ma pote Cristina (coucou Cristina). C'était à la St-Jakobshalle, fin 2013, et il y avait un match au stade juste à côté. Des milliers et des milliers de supporters, quelques hooligans, un gros trafic routier qui nous avait mises en retard, des déchets partout dans la rue, de l'agitation. Qu'est-ce que j'y étais allée de mes "mais quel sport de M" et autres "mais quel ramassis de débiles" (commencer une phrase de protestation avec une conjonction semble lui donner plus de consistance...) !
Quelques jours plus tard à peine, pourtant, j'allais voir mon premier match en vrai, c'était à Bulle, entraînée par des amis. Bien sûr, j'étais très réfractaire à l'idée, donc très bougonne (entendez "chiante comme c'est pas permis"), et pourtant, même si je m'en suis défendue, je n'étais pas complètement insensible à la tension de la rencontre qui se jouait sous mes yeux.

Au printemps suivant, je suis allée voir quelques autres matches à Bulle, notamment parce que tout ce que je pensais savoir à propos de 22 mecs sur un terrain de foot c'est avéré tronqué. D'abord, dans les petits stades régionaux, l'ambiance est simplement bon enfant, et puis quand on vous explique ce qui se passe sous vos yeux, quel joueur fait quoi, et pourquoi il passe le ballon ici et pas là, c'est un nouveau monde qui s'ouvre à vous ! On analyse, on anticipe, on frémit, on comprend que ce n'est pas si facile ni si simple. Et on ressort de 90 mn de jeu (plus une pause bière au milieu, faut pas déconner non plus ("faut pas déconner non plus" c'est mon nouveau mantra)), soit très content, soit pas du tout, en fonction du résultat, mais, en ce qui me concerne, avec le stock de tension accumulé pendant la semaine grogné, transpiré, anéanti par des bonds de joie en cas de but.

J'ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin (quelqu'un sait-il d'où cette expression irritante provient ?) jusqu'au FC Farvagny/Ogoz. J'y ai rencontré les dirigeants, qui m'ont proposé le poste de secrétaire du club de networking, que j'administre maintenant par la force des choses avec grand bonheur.

Bonheur, vraiment ? C'est un mot fort, le bonheur. Pourtant, avec tous les clubs que j'ai rencontrés de l'intérieur, jusqu'à la Super League (première division), une chose m'a retenue au FCFO, c'est la famille. Plus que n'importe où ailleurs, on reste  après le match se jeter des bières jusqu'à pas d'heure, regarder une rencontre internationale sur l'écran, manger des trucs beaucoup trop gras et parler ensemble de tout et de rien, débattre de politique...

Parce que non, les footballeurs n'ont pas "tout dans les jambes et rien dans la tête". (Enfin, la majorité, il y a bien des cons partout...)

J'ai acheté des bouquins qui expliquent en détail les fondamentaux de ce sport, parce que c'est comme ça que j'apprends, moi, dans les bouquins. Je tapais bien dans le ballon quand j'étais gamine, mais j'avais envie de vraiment savoir de quoi je parle (c'est toujours pas tout le temps le cas, mais je fais semblant avec beaucoup de conviction), et je me suis donc intéressée aussi au football à un haut niveau. Coupe du monde, Euro... Il y a d'ailleurs des abrutis petits cons supporters pas très futés qui klaxonnent sans relâchent, là, depuis la première victoire de la Suisse, eh les gars, on se détend, il reste encore un mois, OK ?

Avant j'aurais passé une heure à les insulter. Maintenant je râle une minute avec un sourire en coin, parce que bon, quelque part, l'euphorie de la victoire, je peux la comprendre. Parce que... :


vendredi 27 mai 2016

Livre Paris 2016


Je n’avais pas encore ouvert mon blog lors de l’édition 2016 du Livre Paris, les 19 et 20 mars.
Mais ça vaut quand même un billet. C’était mon premier salon du livre de cette importance en tant qu’auteure. Avant ça, je n’avais participé qu’à mon propre Salon, le Salon du livre romand, je ne suis donc pas encore une habituée de ces rassemblements littéraires un brin intimidants, mais surtout vraiment enrichissants.

Comme d’habitude avec Bragelonne (croyez-moi, je mesure la chance que j’ai), c’est voyage en première classe et super hôtel. J’ai complété le confort de ce week-end par des trajets en taxi, et même si je n’ai rien eu le temps de voir de la capitale française, même si ces deux jours n’ont pas été de tout repos, c’était au final un super week-end, d’autant plus que mon mari m’accompagnait.
Stéphane Marsan, directeur littéraire, et Alex mon mari s’étaient déjà croisés avant mais n’avaient jamais réellement fait connaissance, ce fut chose faite et ils s’entendent comme larrons en foire J (il y a aussi l’expression copains comme cochons qui fonctionnerait, je dois encore y réfléchir…)

Pour ma part, après m’être perdue dans le salon comme une bleue et être arrivée avec près de 15 mn de retard, transpirante et échevelée, j’ai fini par prendre place au magnifique stand Milady aux côtés de la charmante et pétillante Camille Adler qui signait Rose Soie et Le Scénario parfait. Avoir un stand dédié à sa collection, à savoir Milady Romance, c’est quand même vraiment cool. Les lectrices savent précisément ce qu’elles viennent découvrir, et connaissent le catalogue. J’ai donc pu échanger avec un certain nombre de jeunes femmes qui avaient lu mon premier tome, Au-delà de la raison (De Toute mon âme paraissait le mois suivant seulement). Quelques mots échangés, des compliments, des moments précieux. Et puis il y avait aussi toutes ces futures lectrices, celles qui ont profité de ma présence sur le salon pour découvrir une nouvelle plume. C’est avec tout ça qu’on prend pleinement conscience que son écrit ne nous appartient plus, qu’il vit sa vie, indépendamment de nous.




J’ai ensuite profité de quelques heures de libre pour faire le tour des lieux et visiter l’immensité de l’exposition et m’imprégner de cette ambiance si particulière d’un grand rendez-vous littéraire. Oui, il y avait foule, mais une foule de lecteurs, c’est particulier. Ce sont des gens calmes, contemplatifs, curieux mais un peu réservés…

Le soir venu, nous nous retrouvions dans un restaurant Portes de Versailles. Outre l’équipe Bragelonne, Camille Adler, Emma Foster, Eléonore Fernaye étaient aussi des nôtres et l’excellent vin choisi par Stéphane aidant, nous avons commencé à parler de Monster Erotica, cette bizarrerie littéraire venue d’Outre-Atlantique et qui a trouvé, tout de même, un lectorat conséquent…
Sous la houlette d’Emma, nous avons choisi chacune notre monstre dans l’optique d’écrire une nouvelle. L’idée ? Un poisson d’avril ! Et aidées d’Aurélia, notre bonne fée de la Comm’ chez Brage, le plan a été mis à exécution !

 Poisson d'avril


Le lendemain, dimanche, fut l’occasion d’une seconde séance de dédicaces, puis d’une nouvelle visite du salon, de l’achat de quelques livres et carnets de notes, et enfin, déjà, du retour en train… Avec cette plénitude d’être en bonne voie sur mon chemin dédié au livre et à l’écriture, avec des idées plein la tête pour de nouveaux romans, et le feu sacré alimenté et brûlant d’une belle flamme.


D’autres salons sont à venir cet automne, et je me réjooooouuuuiiiis !

samedi 7 mai 2016

OghamHarrach ou l'écriture à 4 mains

(Pourquoi pas "écriture à deux mains" ? Ça se discute..., disons qu'on écrit sur des claviers d'ordinateurs maintenant, pas vrai ?)

Il y a quelques mois, ça m'est venu comme ça, j'ai eu envie d'écrire de la Fantasy, et en même temps envie de co-écrire ce roman de Fantasy si je me lançais, parce que ce n'est pas tout à fait ni mon univers ni ma spécialité. J'ai immédiatement pensé à Tiffany Schneuwly, une très bonne amie qui elle a une oeuvre d'abord plus conséquente que la mienne et ensuite résolument Fantastique/Fantasy.

Chanceuse que je suis, elle a tout de suite accepté et avec l'enthousiasme qui la caractérise. Nous voilà donc lancée dans la création d'un univers et d'une histoire.

Premièrement, il nous a fallu déterminer ce que l'on voulait raconter. Pour une écriture à deux, il nous semblait plus juste de créer deux héroïnes afin d'alterner les points de vue et que chacune s'approprie vraiment l'histoire et les parties qui lui reviendront à la rédaction.

Nous avons ensuite élaboré une trame générale, choisi des lieux, trouvé une quête. Ah, la quête, épine dorsale de tout ouvrage de fantasy. Pour cet opus, j'avais très envie d'urban fantasy, à savoir un départ dans notre monde, avec un héros/une héroïne qui ne se sent pas à sa place, qui sent au fond de lui/d'elle que quelque chose d'autre l'attend. Ce qui est génial, c'est que Tiffany a elle pensé son personnage à l'inverse, une fille à l'aise et épanouie qui va ressortir grandie mais marquée de son aventure.

Un départ depuis l'Allemagne pour l'une, l'Australie pour l'autre, un petit détour par les Grisons, clin d’œil à notre patrie, et voilà les filles, magiciennes en puissance, atterrir dans le monde d'OghamHarrach ou les peuples persécutées n'ont eu d'autre alternatives que de faire appel à leur puissance (qu'elles ignorent), toute la magie de ce monde ayant été volée par les Royaux.

À OghamHarrach, ce sont les Aelfes les méchants, mais pour une bonne raison. Parce que tout n'est pas toujours entièrement bon, ou entièrement mauvais. Il y aura assez de clichés dans notre roman pour que l'on ne rajoute pas celui du manichéisme.

Nous avons ensuite créé les peuple, les peuples d'Eau, d'Air, de la Terre, du Feu, du Végétal... Chacun avec son organisation, sa hiérarchie, son mode de vie, sa physionomie, ses habitudes alimentaires, sa culture. Et puis Tiffany a dessiné une carte du monde. Nous nous creusons aussi la tête pour trouver les noms de nos héros, détailler le schémas narratif...

Tout cela demande travail, discipline, mais surtout plaisir, et nous en avons beaucoup. C'est une expérience vraiment sympa d'être deux dans son univers, de faire du brainstorming à chaque étape, de pouvoir aller plus loin dans la création, de pouvoir naturellement corriger ce qui est bof bof par un équilibrage mutuel.

Evidemment, il faut trouver quelqu'un avec qui on est en phase, et avec Tiffany, c'est top : ça va vite, on est d'accord sur tout et du coup on s'en trouve hyper motivées.

Etape suivante : la rédaction, histoire de pouvoir se bêta-lire l'une l'autre au fur et à mesure de nos séances de travail.

Prochains billets à venir pour vous raconter la suite ! 😉

vendredi 6 mai 2016

30e édition du Salon international du livre et de la presse de Genève

(sick, j'ai 30 ans aussi cette année)



Samedi 30 avril


14h passé J’arrive au salon juste pour ma dédicace. J’ai encore trouvé le moyen de me perdre (j’ai fait la même à Paris). Leslie, responsable events du groupe Bragelonne, patiente, m’accueille tout de même avec un café et un sourire. Je prends place, sors mon stylo fétiche qui vient d’Ecosse, et voit déjà arriver le premier visage ami, Cali Keys, auteure prolifique de chick-lit et responsable presse du Salon du livre romand.
                                             
Nous babelons et babelons, et puis arrive Olivier Gay, qui est supposé signer sa série Young Adult ailleurs mais dont l’accès à sa table est bloqué par la délirante file d’attente pour le livre d’Andy, Youtubeuse à succès. Alors que Cali poursuit sa visite du salon, je fais la connaissance d’Olivier, nous ne nous connaissions en effet jusqu’ici que virtuellement. Je suis charmée et impressionnée par sa productivité, des dizaines de bouquins alors qu’il est dans la trentaine. J’adore discuter avec des confrères, je crois que c’est une des dimensions les plus agréables de mon activité d’auteure.

15h00 Je laisse la place aux auteurs suivants pour leur dédicace et rejoins Stéphane Marsan, directeur littéraire du groupe Bragelonne. Accompagnés d’Alex, mon mari, nous nous dirigeons vers « Le Cercle », la place des éditeurs genevois. Nous rejoignons Charly Veuthey, éditeur de Faim de siècle, pour une bière. Charly est le nouveau venu au comité du Salon romand, il s’occupe des relations éditeurs et libraires et a déjà largement œuvré dans ce sens lorsque nous arrivons. Je fais les présentations et commence ici mon alcoolisation… qui se poursuivra tard dans la nuit.

16h00 J’ai salué plus tôt Andonia Dimitrijevic des éditions l’Âge d’Homme, qui nous a rappelé la performance culinaire de Brian, Vegan Black Metal Chef

Youtubeur à succès lui aussi, américain publié en français par Andonia dans sa collection V de cuisine végane. Je ris : Brian est très drôle, d’une part, à fond dans son personnage, et l’interprète qui le traduit en temps réel pour les francophones est complètement ahurie, d’autre part. Et encore, Brian n’a pas sorti le maquillage noir et blanc qu’il arbore dans ses vidéos.

18h00 Alex est parti se reposer à l’hôtel, je rejoins pour un thé Stéphane avec qui nous avions convenu de nous voir un moment seuls, parce qu’il tient à prendre régulièrement des nouvelles des projets de ses auteurs, mais aussi parce que nous sommes de vieux amis. Nous parlons donc tout autant de nos vies, de nos familles, que de ce que je suis en train d’écrire.

19h00 Je fais un saut à l’hôtel pour changer de chaussures en vue de la soirée des auteurs qui se déroule je ne sais pas où. Je connaissais déjà cet hôtel, presque un palace, et putain, j’aime ma vie ! Le lit est aussi large que long. Merci à ma maison d’édition d’avoir réservé cette chambre pour moi… Alex et moi courrons pour rejoindre Leslie qui nous remet nos invitations personnelles pour la soirée à la Villa Sarasin. J’ai déjà dit que j’aimais ma vie ? Le cadre est absolument somptueux…

Je refoule la crise d’angoisse qui est restée en filigrane tout l’après-midi (vive l’agoraphobie) à coups de champagne. J’échange un long moment avec Danielle Risse et nous parlons de poésie, puis je rejoins Marie-Christine Horn, une femme extraordinaire. Elle me présente à ses compagnons, dont Alain Mabanckou et Dany Lafferière, rien que ça. Le premier est publié chez Grasset, le Seuil, etc., le second est membre de l’Académie française.

#MoiTrèsImpressionnée. Le champagne coule à flot, tout comme le chocolat en cascade dans les fontaines d’un mètre de haut. On sert des verrines fines, des mignardises. Comme je suis végane et acharnée du comptage de calories, j’explique : manger ou boire, il faut choisir. J’ai choisi le champagne.
Mais revenons à nos poids lourds de la littérature. Vous savez ce qu’un bébé auteure qui vient de voir son second roman publié dit à un Dany Lafferière qu’elle a vu dans l’émission La Grande Librairie ? « Je vous ai déjà vu quelque part, non ? », sous-entendu, « ne s’est-on pas déjà croisés ? », et le Monsieur qui me répond très humblement. « Peut-être. Enchanté ».
Tout est fou et magnifique, et je m’applique à ne pas avoir les yeux ronds comme des billes et à ne pas sautiller sur place comme chaque fois que quelque chose me plaît beaucoup beaucoup. Je descends donc encore un verre de champagne et parle, avec passion, de romans noirs en compagnie de Lilas, qui s’occupe du polar chez Bragelonne.

EDIT À ce moment-là de la soirée, j'apprends sur le compte Twitter du FCFO que mon équipe, dont le dernier score que j'ai vu à la mi-temps était 0 à 2 à domicile, vient de gagner 5-2. Après le long passage à vide qu'ils ont connu, cette écrasante victoire sur une remontée de score me donne les larmes aux yeux. Bien sûr, personne ne me comprend chez les écrivains, choc des cultures oblige. Les têtes se tournent vers la gentille allumée qui gesticule en répétant "ils ont gagné - ils ont gagné - ils ont gagné" tandis que mon mari me demande de me calmer 😒.

22h00 Nous sommes invités à passer à l’étage. Jeux de lumière, bar à cocktails, musique à fond… OK, le programme est donc de danser. Je reste un moment à contempler ces grands écrivains qui, lorsqu’ils se retrouvent entre eux, comment dire… se lâchent. Je retrouve mon ami André Ourednik, rencontré au Cran Littéraire de Lausanne et qui a reçu cette année le Prix de l’Association des Ecrivains de la langue française, pour le continent européen, dans le cadre de Livre Paris. Le temps s’écoule aussi vite que les coupes de champagne et bientôt, alors que la musique vire au vieux rock, André et moi nous retrouvons à faire des sauts en rythme puis nous rentrer dedans. Appelons un chat un chat, nous pogotons, comme les ados dans les concerts, oui oui. Eh bien, il ne faut pas trente seconde pour que l’ensemble des danseurs nous imitent et nous voilà à tous nous rentrer dedans gentiment à coups d’épaule en riant comme des baleines. Le DJ, qui n’est autre que le journaliste Christophe Passer, époux de la présidente du Salon de Genève Isabelle Falconnier, doit craindre pour l’intégrité du plancher et calme le jeu et le tempo.

Minuit Essoufflés, Alex et moi nous alanguissons sur les canapés dans le recoin de la salle, plus au calme, où une partie de l’équipe Bragelonne danse sur les tables basses. Nous vapotons aux velux, je pose mes talons de douze et danse un moment en réconfortant mes pieds dans le moelleux de la moquette.


02h00 Je trinque avec Mélanie Chappuis et Marie Christine tandis que la salle se vide petit à petit. Il reste quelques irréductibles, dont Marc-André, de Dargaud diffusion, et mon éditeur, Stéphane, qui tente de m'apprendre la valse, la véritable, celle des salons viennois. Un deux trois, un deux trois, un deux trois... Ça paraît élégant sur le papier, mais je lui marche sur les pieds dix fois à la minute.

03h00 Il est plus que temps d'aller dormir. Au haut des escaliers de la grande entrée, Alex et moi faisons la connaissance de Jérémie et Delphine, tous deux de l’équipe de Palexpo. Ils me demandent si la soirée a été bonne, je leurs réponds « incroyable » avec un large sourire. Il faudrait être difficile, ou blasée, et je ne le suis pas encore. Nous restons sur le porche à discuter un moment avant de regagner notre hôtel. Jérémie nous escorte très gentiment en nous faisant prendre un raccourci. Nous traversons du coup en sa compagnie les bureaux de Palexpo, « là nous terminons d’installer le bureau de Paulo Coelho », explique-t-il, puis la partie exposition en elle-même, étonnamment silencieuse dans la pénombre…

Dimanche 1er mai


07h50. J'ai dormi moins de quatre heure. Je me réveille bien entendu à l'heure sur laquelle je suis réglée, semaine, week-ends, jours fériés, à jeun ou pas, été comme hiver. Mais là, même la douche brûlante peine à me ramener à la vie.

08h30 Au déjeuner, nous croisons quelques-uns des irréductibles qui ont fait tard tout comme nous, Dany Lafferière, Marc-André... Les autres pioncent encore probablement du sommeil du juste, les veinards. J'engouffre pas loin de six cents calories végétaliennes, mais ça aussi, ça peine à me ramener à la vie.



09h45 Je rejoins Marika Gallman pour une première dédicace à ses côtés. J'ai l'impression d'être au bout de ma vie. Elle m'explique que le salon à cette heure-ci est toujours très calme, et c'est le cas. Heureusement, Tiffany Schneuwly, dernière larrone de la bande du Salon du livre romand, vient me saluer accompagnée d'une amie. Je leur signe mon tome 2 et nous blablatons gaiement.

11h00 Je laisse mon siège aux auteurs suivants en signature et je fais un saut à l'hôtel fermer les yeux trente minutes puis faire le check-out. Nous retournons ensuite au salon manger en compagnie de Tiffany et sa copine. Au restaurant africain, il y a une file d'attente, mais Sébastien, le serveur aux yeux de velours qui nous a servi du champagne sans discontinuer la nuit précédente nous reconnaît et nous fait passer devant tout le monde. J'aime ma vie.

15h45 Nous avons enfin fait le tour du Salon et salué les dernières connaissances que nous n'avions pas encore vues plus tôt. Je m'assois pour ma dernière heure de dédicaces, cette fois encore en compagnie de Marika. Cali Keys, revenue au salon en ce dimanche, passe nous tenir compagnie.


Nous en venons rapidement à la conclusion qu'il faut que nous devenions des ambassadrices de la littérature de genre en Suisse, qui regorge d'auteurs mais pas de maisons d'édition spécialisées, résultat, nous sommes plus connues à Paris que chez nous !...

18h00 Retour. Rompus mais contents ! ٩(•̮̮̃•̃)۶ 





Renouveau 2019

Un bilan 2018 ne serait ni riche ni intéressant. Il ne s'est plus ou moins rien passé dans ma vie, sinon quelques débuts de projets, deu...