vendredi 27 mai 2016

Livre Paris 2016


Je n’avais pas encore ouvert mon blog lors de l’édition 2016 du Livre Paris, les 19 et 20 mars.
Mais ça vaut quand même un billet. C’était mon premier salon du livre de cette importance en tant qu’auteure. Avant ça, je n’avais participé qu’à mon propre Salon, le Salon du livre romand, je ne suis donc pas encore une habituée de ces rassemblements littéraires un brin intimidants, mais surtout vraiment enrichissants.

Comme d’habitude avec Bragelonne (croyez-moi, je mesure la chance que j’ai), c’est voyage en première classe et super hôtel. J’ai complété le confort de ce week-end par des trajets en taxi, et même si je n’ai rien eu le temps de voir de la capitale française, même si ces deux jours n’ont pas été de tout repos, c’était au final un super week-end, d’autant plus que mon mari m’accompagnait.
Stéphane Marsan, directeur littéraire, et Alex mon mari s’étaient déjà croisés avant mais n’avaient jamais réellement fait connaissance, ce fut chose faite et ils s’entendent comme larrons en foire J (il y a aussi l’expression copains comme cochons qui fonctionnerait, je dois encore y réfléchir…)

Pour ma part, après m’être perdue dans le salon comme une bleue et être arrivée avec près de 15 mn de retard, transpirante et échevelée, j’ai fini par prendre place au magnifique stand Milady aux côtés de la charmante et pétillante Camille Adler qui signait Rose Soie et Le Scénario parfait. Avoir un stand dédié à sa collection, à savoir Milady Romance, c’est quand même vraiment cool. Les lectrices savent précisément ce qu’elles viennent découvrir, et connaissent le catalogue. J’ai donc pu échanger avec un certain nombre de jeunes femmes qui avaient lu mon premier tome, Au-delà de la raison (De Toute mon âme paraissait le mois suivant seulement). Quelques mots échangés, des compliments, des moments précieux. Et puis il y avait aussi toutes ces futures lectrices, celles qui ont profité de ma présence sur le salon pour découvrir une nouvelle plume. C’est avec tout ça qu’on prend pleinement conscience que son écrit ne nous appartient plus, qu’il vit sa vie, indépendamment de nous.




J’ai ensuite profité de quelques heures de libre pour faire le tour des lieux et visiter l’immensité de l’exposition et m’imprégner de cette ambiance si particulière d’un grand rendez-vous littéraire. Oui, il y avait foule, mais une foule de lecteurs, c’est particulier. Ce sont des gens calmes, contemplatifs, curieux mais un peu réservés…

Le soir venu, nous nous retrouvions dans un restaurant Portes de Versailles. Outre l’équipe Bragelonne, Camille Adler, Emma Foster, Eléonore Fernaye étaient aussi des nôtres et l’excellent vin choisi par Stéphane aidant, nous avons commencé à parler de Monster Erotica, cette bizarrerie littéraire venue d’Outre-Atlantique et qui a trouvé, tout de même, un lectorat conséquent…
Sous la houlette d’Emma, nous avons choisi chacune notre monstre dans l’optique d’écrire une nouvelle. L’idée ? Un poisson d’avril ! Et aidées d’Aurélia, notre bonne fée de la Comm’ chez Brage, le plan a été mis à exécution !

 Poisson d'avril


Le lendemain, dimanche, fut l’occasion d’une seconde séance de dédicaces, puis d’une nouvelle visite du salon, de l’achat de quelques livres et carnets de notes, et enfin, déjà, du retour en train… Avec cette plénitude d’être en bonne voie sur mon chemin dédié au livre et à l’écriture, avec des idées plein la tête pour de nouveaux romans, et le feu sacré alimenté et brûlant d’une belle flamme.


D’autres salons sont à venir cet automne, et je me réjooooouuuuiiiis !

samedi 7 mai 2016

OghamHarrach ou l'écriture à 4 mains

(Pourquoi pas "écriture à deux mains" ? Ça se discute..., disons qu'on écrit sur des claviers d'ordinateurs maintenant, pas vrai ?)

Il y a quelques mois, ça m'est venu comme ça, j'ai eu envie d'écrire de la Fantasy, et en même temps envie de co-écrire ce roman de Fantasy si je me lançais, parce que ce n'est pas tout à fait ni mon univers ni ma spécialité. J'ai immédiatement pensé à Tiffany Schneuwly, une très bonne amie qui elle a une oeuvre d'abord plus conséquente que la mienne et ensuite résolument Fantastique/Fantasy.

Chanceuse que je suis, elle a tout de suite accepté et avec l'enthousiasme qui la caractérise. Nous voilà donc lancée dans la création d'un univers et d'une histoire.

Premièrement, il nous a fallu déterminer ce que l'on voulait raconter. Pour une écriture à deux, il nous semblait plus juste de créer deux héroïnes afin d'alterner les points de vue et que chacune s'approprie vraiment l'histoire et les parties qui lui reviendront à la rédaction.

Nous avons ensuite élaboré une trame générale, choisi des lieux, trouvé une quête. Ah, la quête, épine dorsale de tout ouvrage de fantasy. Pour cet opus, j'avais très envie d'urban fantasy, à savoir un départ dans notre monde, avec un héros/une héroïne qui ne se sent pas à sa place, qui sent au fond de lui/d'elle que quelque chose d'autre l'attend. Ce qui est génial, c'est que Tiffany a elle pensé son personnage à l'inverse, une fille à l'aise et épanouie qui va ressortir grandie mais marquée de son aventure.

Un départ depuis l'Allemagne pour l'une, l'Australie pour l'autre, un petit détour par les Grisons, clin d’œil à notre patrie, et voilà les filles, magiciennes en puissance, atterrir dans le monde d'OghamHarrach ou les peuples persécutées n'ont eu d'autre alternatives que de faire appel à leur puissance (qu'elles ignorent), toute la magie de ce monde ayant été volée par les Royaux.

À OghamHarrach, ce sont les Aelfes les méchants, mais pour une bonne raison. Parce que tout n'est pas toujours entièrement bon, ou entièrement mauvais. Il y aura assez de clichés dans notre roman pour que l'on ne rajoute pas celui du manichéisme.

Nous avons ensuite créé les peuple, les peuples d'Eau, d'Air, de la Terre, du Feu, du Végétal... Chacun avec son organisation, sa hiérarchie, son mode de vie, sa physionomie, ses habitudes alimentaires, sa culture. Et puis Tiffany a dessiné une carte du monde. Nous nous creusons aussi la tête pour trouver les noms de nos héros, détailler le schémas narratif...

Tout cela demande travail, discipline, mais surtout plaisir, et nous en avons beaucoup. C'est une expérience vraiment sympa d'être deux dans son univers, de faire du brainstorming à chaque étape, de pouvoir aller plus loin dans la création, de pouvoir naturellement corriger ce qui est bof bof par un équilibrage mutuel.

Evidemment, il faut trouver quelqu'un avec qui on est en phase, et avec Tiffany, c'est top : ça va vite, on est d'accord sur tout et du coup on s'en trouve hyper motivées.

Etape suivante : la rédaction, histoire de pouvoir se bêta-lire l'une l'autre au fur et à mesure de nos séances de travail.

Prochains billets à venir pour vous raconter la suite ! 😉

vendredi 6 mai 2016

30e édition du Salon international du livre et de la presse de Genève

(sick, j'ai 30 ans aussi cette année)



Samedi 30 avril


14h passé J’arrive au salon juste pour ma dédicace. J’ai encore trouvé le moyen de me perdre (j’ai fait la même à Paris). Leslie, responsable events du groupe Bragelonne, patiente, m’accueille tout de même avec un café et un sourire. Je prends place, sors mon stylo fétiche qui vient d’Ecosse, et voit déjà arriver le premier visage ami, Cali Keys, auteure prolifique de chick-lit et responsable presse du Salon du livre romand.
                                             
Nous babelons et babelons, et puis arrive Olivier Gay, qui est supposé signer sa série Young Adult ailleurs mais dont l’accès à sa table est bloqué par la délirante file d’attente pour le livre d’Andy, Youtubeuse à succès. Alors que Cali poursuit sa visite du salon, je fais la connaissance d’Olivier, nous ne nous connaissions en effet jusqu’ici que virtuellement. Je suis charmée et impressionnée par sa productivité, des dizaines de bouquins alors qu’il est dans la trentaine. J’adore discuter avec des confrères, je crois que c’est une des dimensions les plus agréables de mon activité d’auteure.


15h00 Je laisse la place aux auteurs suivants pour leur dédicace et rejoins Stéphane Marsan, directeur littéraire du groupe Bragelonne. Accompagnés d’Alex, mon mari, nous nous dirigeons vers « Le Cercle », la place des éditeurs genevois. Nous rejoignons Charly Veuthey, éditeur de Faim de siècle, pour une bière. Charly est le nouveau venu au comité du Salon romand, il s’occupe des relations éditeurs et libraires et a déjà largement œuvré dans ce sens lorsque nous arrivons. Je fais les présentations et commence ici mon alcoolisation… qui se poursuivra tard dans la nuit.

16h00 J’ai salué plus tôt Andonia Dimitrijevic des éditions l’Âge d’Homme, qui nous a rappelé la performance culinaire de Brian, Vegan Black Metal Chef

Youtubeur à succès lui aussi, américain publié en français par Andonia dans sa collection V de cuisine végane. Je ris : Brian est très drôle, d’une part, à fond dans son personnage, et l’interprète qui le traduit en temps réel pour les francophones est complètement ahurie, d’autre part. Et encore, Brian n’a pas sorti le maquillage noir et blanc qu’il arbore dans ses vidéos.

18h00 Alex est parti se reposer à l’hôtel, je rejoins pour un thé Stéphane avec qui nous avions convenu de nous voir un moment seuls, parce qu’il tient à prendre régulièrement des nouvelles des projets de ses auteurs, mais aussi parce que nous sommes de vieux amis. Nous parlons donc tout autant de nos vies, de nos familles, que de ce que je suis en train d’écrire.

19h00 Je fais un saut à l’hôtel pour changer de chaussures en vue de la soirée des auteurs qui se déroule je ne sais pas où. Je connaissais déjà cet hôtel, presque un palace, et bon sang, j’aime ma vie ! Le lit est aussi large que long. Merci à ma maison d’édition d’avoir réservé cette chambre pour moi… Alex et moi courrons pour rejoindre Leslie qui nous remet nos invitations personnelles pour la soirée à la Villa Sarasin. J’ai déjà dit que j’aimais ma vie ? Le cadre est absolument somptueux…

Je refoule la crise d’angoisse qui est restée en filigrane tout l’après-midi (vive l’agoraphobie) à coups de champagne. J’échange un long moment avec Danielle Risse et nous parlons de poésie, puis je rejoins Marie-Christine Horn, une femme extraordinaire. Elle me présente à ses compagnons, dont Alain Mabanckou et Dany Lafferière, rien que ça. Le premier est publié chez Grasset, le Seuil, etc., le second est membre de l’Académie française.

#MoiTrèsImpressionnée. Le champagne coule à flot, tout comme le chocolat en cascade dans les fontaines d’un mètre de haut. On sert des verrines fines, des mignardises. Comme je suis végane et acharnée du comptage de calories, j’explique : manger ou boire, il faut choisir. J’ai choisi le champagne.
Mais revenons à nos poids lourds de la littérature. Vous savez ce qu’un bébé auteure qui vient de voir son second roman publié dit à un Dany Lafferière qu’elle a vu dans l’émission La Grande Librairie ? « Je vous ai déjà vu quelque part, non ? », sous-entendu, « ne s’est-on pas déjà croisés ? », et le Monsieur qui me répond très humblement. « Peut-être. Enchanté ».
Tout est fou et magnifique, et je m’applique à ne pas avoir les yeux ronds comme des billes et à ne pas sautiller sur place comme chaque fois que quelque chose me plaît beaucoup beaucoup. Je descends donc encore un verre de champagne et parle, avec passion, de romans noirs en compagnie de Lilas, qui s’occupe du polar chez Bragelonne.

EDIT À ce moment-là de la soirée, j'apprends sur le compte Twitter du FCFO que mon équipe, dont le dernier score que j'ai vu à la mi-temps était 0 à 2 à domicile, vient de gagner 5-2. Après le long passage à vide qu'ils ont connu, cette écrasante victoire sur une remontée de score me donne les larmes aux yeux. Bien sûr, personne ne me comprend chez les écrivains, choc des cultures oblige. Les têtes se tournent vers la gentille allumée qui gesticule en répétant "ils ont gagné - ils ont gagné - ils ont gagné" tandis que mon mari me demande de me calmer 😒.

22h00 Nous sommes invités à passer à l’étage. Jeux de lumière, bar à cocktails, musique à fond… OK, le programme est donc de danser. Je reste un moment à contempler ces grands écrivains qui, lorsqu’ils se retrouvent entre eux, comment dire… se lâchent. Je retrouve mon ami André Ourednik, rencontré au Cran Littéraire de Lausanne et qui a reçu cette année le Prix de l’Association des Ecrivains de la langue française, pour le continent européen, dans le cadre de Livre Paris. Le temps s’écoule aussi vite que les coupes de champagne et bientôt, alors que la musique vire au vieux rock, André et moi nous retrouvons à faire des sauts en rythme puis nous rentrer dedans. Appelons un chat un chat, nous pogotons, comme les ados dans les concerts, oui oui. Eh bien, il ne faut pas trente seconde pour que l’ensemble des danseurs nous imitent et nous voilà à tous nous rentrer dedans gentiment à coups d’épaule en riant comme des baleines. Le DJ, qui n’est autre que le journaliste Christophe Passer, époux de la présidente du Salon de Genève Isabelle Falconnier, doit craindre pour l’intégrité du plancher et calme le jeu et le tempo.

Minuit Essoufflés, Alex et moi nous alanguissons sur les canapés dans le recoin de la salle, plus au calme, où une partie de l’équipe Bragelonne danse sur les tables basses. Nous vapotons aux velux, je pose mes talons de douze et danse un moment en réconfortant mes pieds dans le moelleux de la moquette.


02h00 Je trinque avec Mélanie Chappuis et Marie Christine tandis que la salle se vide petit à petit. Il reste quelques irréductibles, dont Marc-André, de Dargaud diffusion, et mon éditeur, Stéphane, qui tente de m'apprendre la valse, la véritable, celle des salons viennois. Un deux trois, un deux trois, un deux trois... Ça paraît élégant sur le papier, mais je lui marche sur les pieds dix fois à la minute.

03h00 Il est plus que temps d'aller dormir. Au haut des escaliers de la grande entrée, Alex et moi faisons la connaissance de Jérémie et Delphine, tous deux de l’équipe de Palexpo. Ils me demandent si la soirée a été bonne, je leurs réponds « incroyable » avec un large sourire. Il faudrait être difficile, ou blasée, et je ne le suis pas encore. Nous restons sur le porche à discuter un moment avant de regagner notre hôtel. Jérémie nous escorte très gentiment en nous faisant prendre un raccourci. Nous traversons du coup en sa compagnie les bureaux de Palexpo, « là nous terminons d’installer le bureau de Paulo Coelho », explique-t-il, puis la partie exposition en elle-même, étonnamment silencieuse dans la pénombre…

Dimanche 1er mai


07h50. J'ai dormi moins de quatre heure. Je me réveille bien entendu à l'heure sur laquelle je suis réglée, semaine, week-ends, jours fériés, à jeun ou pas, été comme hiver. Mais là, même la douche brûlante peine à me ramener à la vie.

08h30 Au déjeuner, nous croisons quelques-uns des irréductibles qui ont fait tard tout comme nous, Dany Lafferière, Marc-André... Les autres pioncent encore probablement du sommeil du juste, les veinards. J'engouffre pas loin de six cents calories végétaliennes, mais ça aussi, ça peine à me ramener à la vie.



09h45 Je rejoins Marika Gallman pour une première dédicace à ses côtés. J'ai l'impression d'être au bout de ma vie. Elle m'explique que le salon à cette heure-ci est toujours très calme, et c'est le cas. Heureusement, Tiffany Schneuwly, dernière larrone de la bande du Salon du livre romand, vient me saluer accompagnée d'une amie. Je leur signe mon tome 2 et nous blablatons gaiement.

11h00 Je laisse mon siège aux auteurs suivants en signature et je fais un saut à l'hôtel fermer les yeux trente minutes puis faire le check-out. Nous retournons ensuite au salon manger en compagnie de Tiffany et sa copine. Au restaurant africain, il y a une file d'attente, mais Sébastien, le serveur aux yeux de velours qui nous a servi du champagne sans discontinuer la nuit précédente nous reconnaît et nous fait passer devant tout le monde. J'aime ma vie.

15h45 Nous avons enfin fait le tour du Salon et salué les dernières connaissances que nous n'avions pas encore vues plus tôt. Je m'assois pour ma dernière heure de dédicaces, cette fois encore en compagnie de Marika. Cali Keys, revenue au salon en ce dimanche, passe nous tenir compagnie.


Nous en venons rapidement à la conclusion qu'il faut que nous devenions des ambassadrices de la littérature de genre en Suisse, qui regorge d'auteurs mais pas de maisons d'édition spécialisées, résultat, nous sommes plus connues à Paris que chez nous !...

18h00 Retour. Rompus mais contents ! ٩(•̮̮̃•̃)۶ 





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