vendredi 6 mai 2016

30e édition du Salon international du livre et de la presse de Genève

(sick, j'ai 30 ans aussi cette année)



Samedi 30 avril


14h passé J’arrive au salon juste pour ma dédicace. J’ai encore trouvé le moyen de me perdre (j’ai fait la même à Paris). Leslie, responsable events du groupe Bragelonne, patiente, m’accueille tout de même avec un café et un sourire. Je prends place, sors mon stylo fétiche qui vient d’Ecosse, et voit déjà arriver le premier visage ami, Cali Keys, auteure prolifique de chick-lit et responsable presse du Salon du livre romand.
                                             
Nous babelons et babelons, et puis arrive Olivier Gay, qui est supposé signer sa série Young Adult ailleurs mais dont l’accès à sa table est bloqué par la délirante file d’attente pour le livre d’Andy, Youtubeuse à succès. Alors que Cali poursuit sa visite du salon, je fais la connaissance d’Olivier, nous ne nous connaissions en effet jusqu’ici que virtuellement. Je suis charmée et impressionnée par sa productivité, des dizaines de bouquins alors qu’il est dans la trentaine. J’adore discuter avec des confrères, je crois que c’est une des dimensions les plus agréables de mon activité d’auteure.

15h00 Je laisse la place aux auteurs suivants pour leur dédicace et rejoins Stéphane Marsan, directeur littéraire du groupe Bragelonne. Accompagnés d’Alex, mon mari, nous nous dirigeons vers « Le Cercle », la place des éditeurs genevois. Nous rejoignons Charly Veuthey, éditeur de Faim de siècle, pour une bière. Charly est le nouveau venu au comité du Salon romand, il s’occupe des relations éditeurs et libraires et a déjà largement œuvré dans ce sens lorsque nous arrivons. Je fais les présentations et commence ici mon alcoolisation… qui se poursuivra tard dans la nuit.

16h00 J’ai salué plus tôt Andonia Dimitrijevic des éditions l’Âge d’Homme, qui nous a rappelé la performance culinaire de Brian, Vegan Black Metal Chef

Youtubeur à succès lui aussi, américain publié en français par Andonia dans sa collection V de cuisine végane. Je ris : Brian est très drôle, d’une part, à fond dans son personnage, et l’interprète qui le traduit en temps réel pour les francophones est complètement ahurie, d’autre part. Et encore, Brian n’a pas sorti le maquillage noir et blanc qu’il arbore dans ses vidéos.

18h00 Alex est parti se reposer à l’hôtel, je rejoins pour un thé Stéphane avec qui nous avions convenu de nous voir un moment seuls, parce qu’il tient à prendre régulièrement des nouvelles des projets de ses auteurs, mais aussi parce que nous sommes de vieux amis. Nous parlons donc tout autant de nos vies, de nos familles, que de ce que je suis en train d’écrire.

19h00 Je fais un saut à l’hôtel pour changer de chaussures en vue de la soirée des auteurs qui se déroule je ne sais pas où. Je connaissais déjà cet hôtel, presque un palace, et putain, j’aime ma vie ! Le lit est aussi large que long. Merci à ma maison d’édition d’avoir réservé cette chambre pour moi… Alex et moi courrons pour rejoindre Leslie qui nous remet nos invitations personnelles pour la soirée à la Villa Sarasin. J’ai déjà dit que j’aimais ma vie ? Le cadre est absolument somptueux…

Je refoule la crise d’angoisse qui est restée en filigrane tout l’après-midi (vive l’agoraphobie) à coups de champagne. J’échange un long moment avec Danielle Risse et nous parlons de poésie, puis je rejoins Marie-Christine Horn, une femme extraordinaire. Elle me présente à ses compagnons, dont Alain Mabanckou et Dany Lafferière, rien que ça. Le premier est publié chez Grasset, le Seuil, etc., le second est membre de l’Académie française.

#MoiTrèsImpressionnée. Le champagne coule à flot, tout comme le chocolat en cascade dans les fontaines d’un mètre de haut. On sert des verrines fines, des mignardises. Comme je suis végane et acharnée du comptage de calories, j’explique : manger ou boire, il faut choisir. J’ai choisi le champagne.
Mais revenons à nos poids lourds de la littérature. Vous savez ce qu’un bébé auteure qui vient de voir son second roman publié dit à un Dany Lafferière qu’elle a vu dans l’émission La Grande Librairie ? « Je vous ai déjà vu quelque part, non ? », sous-entendu, « ne s’est-on pas déjà croisés ? », et le Monsieur qui me répond très humblement. « Peut-être. Enchanté ».
Tout est fou et magnifique, et je m’applique à ne pas avoir les yeux ronds comme des billes et à ne pas sautiller sur place comme chaque fois que quelque chose me plaît beaucoup beaucoup. Je descends donc encore un verre de champagne et parle, avec passion, de romans noirs en compagnie de Lilas, qui s’occupe du polar chez Bragelonne.

EDIT À ce moment-là de la soirée, j'apprends sur le compte Twitter du FCFO que mon équipe, dont le dernier score que j'ai vu à la mi-temps était 0 à 2 à domicile, vient de gagner 5-2. Après le long passage à vide qu'ils ont connu, cette écrasante victoire sur une remontée de score me donne les larmes aux yeux. Bien sûr, personne ne me comprend chez les écrivains, choc des cultures oblige. Les têtes se tournent vers la gentille allumée qui gesticule en répétant "ils ont gagné - ils ont gagné - ils ont gagné" tandis que mon mari me demande de me calmer 😒.

22h00 Nous sommes invités à passer à l’étage. Jeux de lumière, bar à cocktails, musique à fond… OK, le programme est donc de danser. Je reste un moment à contempler ces grands écrivains qui, lorsqu’ils se retrouvent entre eux, comment dire… se lâchent. Je retrouve mon ami André Ourednik, rencontré au Cran Littéraire de Lausanne et qui a reçu cette année le Prix de l’Association des Ecrivains de la langue française, pour le continent européen, dans le cadre de Livre Paris. Le temps s’écoule aussi vite que les coupes de champagne et bientôt, alors que la musique vire au vieux rock, André et moi nous retrouvons à faire des sauts en rythme puis nous rentrer dedans. Appelons un chat un chat, nous pogotons, comme les ados dans les concerts, oui oui. Eh bien, il ne faut pas trente seconde pour que l’ensemble des danseurs nous imitent et nous voilà à tous nous rentrer dedans gentiment à coups d’épaule en riant comme des baleines. Le DJ, qui n’est autre que le journaliste Christophe Passer, époux de la présidente du Salon de Genève Isabelle Falconnier, doit craindre pour l’intégrité du plancher et calme le jeu et le tempo.

Minuit Essoufflés, Alex et moi nous alanguissons sur les canapés dans le recoin de la salle, plus au calme, où une partie de l’équipe Bragelonne danse sur les tables basses. Nous vapotons aux velux, je pose mes talons de douze et danse un moment en réconfortant mes pieds dans le moelleux de la moquette.


02h00 Je trinque avec Mélanie Chappuis et Marie Christine tandis que la salle se vide petit à petit. Il reste quelques irréductibles, dont Marc-André, de Dargaud diffusion, et mon éditeur, Stéphane, qui tente de m'apprendre la valse, la véritable, celle des salons viennois. Un deux trois, un deux trois, un deux trois... Ça paraît élégant sur le papier, mais je lui marche sur les pieds dix fois à la minute.

03h00 Il est plus que temps d'aller dormir. Au haut des escaliers de la grande entrée, Alex et moi faisons la connaissance de Jérémie et Delphine, tous deux de l’équipe de Palexpo. Ils me demandent si la soirée a été bonne, je leurs réponds « incroyable » avec un large sourire. Il faudrait être difficile, ou blasée, et je ne le suis pas encore. Nous restons sur le porche à discuter un moment avant de regagner notre hôtel. Jérémie nous escorte très gentiment en nous faisant prendre un raccourci. Nous traversons du coup en sa compagnie les bureaux de Palexpo, « là nous terminons d’installer le bureau de Paulo Coelho », explique-t-il, puis la partie exposition en elle-même, étonnamment silencieuse dans la pénombre…

Dimanche 1er mai


07h50. J'ai dormi moins de quatre heure. Je me réveille bien entendu à l'heure sur laquelle je suis réglée, semaine, week-ends, jours fériés, à jeun ou pas, été comme hiver. Mais là, même la douche brûlante peine à me ramener à la vie.

08h30 Au déjeuner, nous croisons quelques-uns des irréductibles qui ont fait tard tout comme nous, Dany Lafferière, Marc-André... Les autres pioncent encore probablement du sommeil du juste, les veinards. J'engouffre pas loin de six cents calories végétaliennes, mais ça aussi, ça peine à me ramener à la vie.



09h45 Je rejoins Marika Gallman pour une première dédicace à ses côtés. J'ai l'impression d'être au bout de ma vie. Elle m'explique que le salon à cette heure-ci est toujours très calme, et c'est le cas. Heureusement, Tiffany Schneuwly, dernière larrone de la bande du Salon du livre romand, vient me saluer accompagnée d'une amie. Je leur signe mon tome 2 et nous blablatons gaiement.

11h00 Je laisse mon siège aux auteurs suivants en signature et je fais un saut à l'hôtel fermer les yeux trente minutes puis faire le check-out. Nous retournons ensuite au salon manger en compagnie de Tiffany et sa copine. Au restaurant africain, il y a une file d'attente, mais Sébastien, le serveur aux yeux de velours qui nous a servi du champagne sans discontinuer la nuit précédente nous reconnaît et nous fait passer devant tout le monde. J'aime ma vie.

15h45 Nous avons enfin fait le tour du Salon et salué les dernières connaissances que nous n'avions pas encore vues plus tôt. Je m'assois pour ma dernière heure de dédicaces, cette fois encore en compagnie de Marika. Cali Keys, revenue au salon en ce dimanche, passe nous tenir compagnie.


Nous en venons rapidement à la conclusion qu'il faut que nous devenions des ambassadrices de la littérature de genre en Suisse, qui regorge d'auteurs mais pas de maisons d'édition spécialisées, résultat, nous sommes plus connues à Paris que chez nous !...

18h00 Retour. Rompus mais contents ! ٩(•̮̮̃•̃)۶ 





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