samedi 11 juin 2016

Ah, le football...

Particulièrement en ce moment, quand on parle football, on pense Euro, grandes compétitions, clubs prestigieux. C'est devenu un peu ça aussi pour moi maintenant, le football, par extension. Mais c'est avant tout le petit club du coin, celui qui réunit quelques centaines de personnes au mieux les jours de match de sa première équipe.

Un peu de mon historique personnel avec le football : pendant les 27 premières années de ma vie, le foot, c'était pour moi un rassemblement de nazes décérébrés et bruyants. Provenant d'une famille d'artistes, aux antipodes de cette culture, on m'a appris à mépriser ces "millionnaires qui courent après un ballon" (entendu mille fois, pas vrai ?), ce milieu pourri jusqu'à la moelle (pas tout à fait exempt de corruption non plus, il faut l'admettre...), ce "sport de fillettes" (merci pour le sexisme au passage), et j'avais bien appris la leçon.


Je me souviens d'un concert de Queens of the Stone Age que j'étais allée voir à Bâle avec ma pote Cristina (coucou Cristina). C'était à la St-Jakobshalle, fin 2013, et il y avait un match au stade juste à côté. Des milliers et des milliers de supporters, quelques hooligans, un gros trafic routier qui nous avait mises en retard, des déchets partout dans la rue, de l'agitation. Qu'est-ce que j'y étais allée de mes "mais quel sport de M" et autres "mais quel ramassis de débiles" (commencer une phrase de protestation avec une conjonction semble lui donner plus de consistance...) !
Quelques jours plus tard à peine, pourtant, j'allais voir mon premier match en vrai, c'était à Bulle, entraînée par des amis. Bien sûr, j'étais très réfractaire à l'idée, donc très bougonne (entendez "chiante comme c'est pas permis"), et pourtant, même si je m'en suis défendue, je n'étais pas complètement insensible à la tension de la rencontre qui se jouait sous mes yeux.

Au printemps suivant, je suis allée voir quelques autres matches à Bulle, notamment parce que tout ce que je pensais savoir à propos de 22 mecs sur un terrain de foot c'est avéré tronqué. D'abord, dans les petits stades régionaux, l'ambiance est simplement bon enfant, et puis quand on vous explique ce qui se passe sous vos yeux, quel joueur fait quoi, et pourquoi il passe le ballon ici et pas là, c'est un nouveau monde qui s'ouvre à vous ! On analyse, on anticipe, on frémit, on comprend que ce n'est pas si facile ni si simple. Et on ressort de 90 mn de jeu (plus une pause bière au milieu, faut pas déconner non plus ("faut pas déconner non plus" c'est mon nouveau mantra)), soit très content, soit pas du tout, en fonction du résultat, mais, en ce qui me concerne, avec le stock de tension accumulé pendant la semaine grogné, transpiré, anéanti par des bonds de joie en cas de but.

J'ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin (quelqu'un sait-il d'où cette expression irritante provient ?) jusqu'au FC Farvagny/Ogoz. J'y ai rencontré les dirigeants, qui m'ont proposé le poste de secrétaire du club de networking, que j'administre maintenant par la force des choses avec grand bonheur.

Bonheur, vraiment ? C'est un mot fort, le bonheur. Pourtant, avec tous les clubs que j'ai rencontrés de l'intérieur, jusqu'à la Super League (première division), une chose m'a retenue au FCFO, c'est la famille. Plus que n'importe où ailleurs, on reste  après le match se jeter des bières jusqu'à pas d'heure, regarder une rencontre internationale sur l'écran, manger des trucs beaucoup trop gras et parler ensemble de tout et de rien, débattre de politique...

Parce que non, les footballeurs n'ont pas "tout dans les jambes et rien dans la tête". (Enfin, la majorité, il y a bien des cons partout...)

J'ai acheté des bouquins qui expliquent en détail les fondamentaux de ce sport, parce que c'est comme ça que j'apprends, moi, dans les bouquins. Je tapais bien dans le ballon quand j'étais gamine, mais j'avais envie de vraiment savoir de quoi je parle (c'est toujours pas tout le temps le cas, mais je fais semblant avec beaucoup de conviction), et je me suis donc intéressée aussi au football à un haut niveau. Coupe du monde, Euro... Il y a d'ailleurs des abrutis petits cons supporters pas très futés qui klaxonnent sans relâchent, là, depuis la première victoire de la Suisse, eh les gars, on se détend, il reste encore un mois, OK ?

Avant j'aurais passé une heure à les insulter. Maintenant je râle une minute avec un sourire en coin, parce que bon, quelque part, l'euphorie de la victoire, je peux la comprendre. Parce que... :


Le golf, entre orgueil et préjugés.

Le golf . Le sport vieille Angleterre de prédilection. Réservé à une certaine classe. Ne niez pas, c'est la première chose que vous ave...