mercredi 15 juin 2016

Courir

Mal de tête, dehors il pleut, la journée a été épuisante, mais pourtant, je m'agite. Manger, boire, fermer les yeux quelques minutes, les besoins physiologiques de base ont été satisfaits, mais il en reste peut-être un ?

Qu'est-ce qui me fait entendre l'appel du bitume à fouler ? Le souvenir d'une certaine euphorie me fait quitter le confort de mon cocon, c'est de ça dont j'ai besoin, je le sais, et je chausse mes baskets, remonte mes cheveux, place les écouteurs dans mes oreilles. Dehors, la pluie a laissé son odeur de frais si particulière. Le soleil se couche, et répand son or pâle sous le couvert de nuages qui s'étirent et se clairsèment. Je trottine doucement puis me laisse entraîner dans la première pente douce de mon parcours. Un plat, puis j'entame la grande côte, un kilomètre et demi d'une montée qui me coupe chaque fois les jambes. Je coure lentement, de manière constante. J'ai chaud et froid en même temps, le souffle court, et des crampes d'estomac parce que j'ai mangé il y a trop peu de temps. C'est dur, les muscles tirent, les poumons protestent, est-ce que j'ai vraiment envie de faire ça ?... Je serre les dents, ne lâche rien, coure et coure, parce que je sais que ça vient.

Et puis arrive cet endroit du parcours où ça se produit chaque fois : le cocktail magique s'est répandu dans mes veines, endorphines, adrénaline... Le fameux second souffle me gagne, mes jambes se délient, moment de grâce. L'air est doux et délicieux, je le consomme sans modération. Je pousse sur mes jambes, en ressens toute leur puissance, j'allonge mes foulées, sautille par dessus les herbes hautes comme un cabri, allonge encore plus mes foulées, me sens gazelle. Un sourire fend mon visage, j'étire les bras en croix, inspire à pleins poumons la liberté à l'état pur.

Dernier tiers du parcours. Je suis si pleine d'énergie que je me propulse plus loin et plus vite à chaque foulée, plus loin, plus vite encore, je veux éprouver les extrêmes, mon cœur cogne douloureusement dans ma poitrine, je coure à une vitesse vertigineuse, je puise loin en moi, je veux aller plus vite encore, jusqu'à ce poteau, là, même si mes organes vitaux vont éclater.

Je l'ai fait ! Je récupère en foulées très lentes, prise d'une violente nausée, mais je veux repousser mes limites et lorsque je ne me sens plus sur le point de m'effondrer, je recommence à prendre de la vitesse. Deux fois, trois fois...

Enfin, je suis vidée et rechargée en même temps, je boucle mon tour en marchant sur quelques centaines de mètres, j'ai éteint la musique, j'écoute les grillons, et souris encore, satisfaite. La pénombre a gagné la vallée et la nature se met en veille. Tout est si beau ! Si beau... Et la paix m'habite.

Le véganisme doux (ou slow véganisme ou flexitalisme)

Tofu party le lundi, barbec' de barbac' le dimanche (Et c'est OK) Je ne sais pas pour quelle raison nos systèmes de pen...