dimanche 12 mars 2017

Ces trucs de filles que feraient les hommes si on ne les jugeait pas

Cette année pour la journée internationale des droits des femmes, il m'a semblé que plus que jamais, les gens étaient impliqués dans la lutte pour l'égalité des genres, hommes comme femmes, parce qu'au-delà des droits des unes, il en va aussi des pressions sociales sur les autres.

Je vous propose ici la traduction d'un article du journal anglais "Independant" qui a pas mal fait le buzz ces derniers mois.

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"Je tricoterais à fond, mon pote."

Ces trucs de filles que feraient les hommes si on ne les jugeait pas

Pourquoi, en 2017, les hommes sont encore tellement préoccupés par le fait d'apparaître comme virils?



Les femmes se battent depuis longtemps pour que nos sociétés dépassent les rôles attribués au genre et les attentes qui en découlent, mais c'est un débat pertinent pour beaucoup d'hommes également.

Malheureusement, de nos jours, une vaste population masculine se préoccupe encore de conserver une apparence virile... mais tout a un prix. Au lieu de vivre leur vie comme ils l'entendent et faire ce que bon leur semble, apparemment de nombreux hommes se retiennent de faire certaines choses par peur d'être perçus comme efféminés.

Dans un topic récent du forum Reddit, un utilisateur a demandé : "quelles sont les choses que vous feriez si ce n'était pas à ce point catégorisé "pour les femmes" et "socialement inacceptable" ?

"Être cajolé par sa femme", "pouvoir commander un jus de fruit", les réponses ont été diverses et inattendues.

"C'est un détail, mais les femmes sentent toujours tellement bon, insistait un utilisateur. Elles dégagent toujours des notes fruitées et fleuries et douces, j'aimerais pouvoir sentir les fleurs sans être jugé."

"Un soir, ma copine s'est fait un masque pour le visage. Et je me suis dit, mais pourquoi bon Dieu je ne pourrais pas moi aussi prendre soin de ma peau ?" Et je suis devenu accro, je fais deux masques par semaine.

Il semble que certains hommes cèdent peu à peu à leur côté féminin, tandis qu'un autre admettait avoir toujours voulu s'épiler le pubis et ajoutait : "J'ai fini par le faire et mon Dieu c'est génial, j'aurais juste dû ravaler ma fierté et le faire plus tôt."

La mode a aussi toujours été un champ de restriction, en particulier lorsqu'il est question des leggings: " si je n'avais pas de pénis, je ne porterais que ça", l'un déclarait.

D'autres ressentent à peu près la même chose, admettant qu'en dépit de leur image, il n'y a pas de honte à porter des leggings. "j'ai acheté une sorte de leggings en molleton à porter sous les jeans, plus ou moins l'équivalent des collants féminins. J'ai dit à ma femme que je comprends totalement pourquoi elle porte des leggings dès que possible."

Un autre utilisateur confirmait "c'est génial. Je cours avec cette sorte de sous-vêtements longs a des températures vraiment glaciales et je n'ai pas du tout froid."

Les passe-temps aussi sont attribués à un sexe, visiblement. Qui l'aurait cru ? Un nombre étonnamment élevé d'hommes ont avoué qu'ils s'adonneraient à la couture et au tricot si ce n'était pas à ce point catégorisé "féminin". "J'aimerais bien essayer le patchwork, admettait l'un d'eux. Je trouve ça super de pouvoir faire par exemple une couverture pour quelqu'un qui va s'envelopper dans le cadeau que tu lui as offert."

D'autres hommes allaient dans ce sens de manière plus directe : "je tricoterais à fond, mon pote".


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mercredi 8 mars 2017

Oui, je suis féministe

Oui, je suis féministe.

Non ce n'est pas un gros mot.



Aujourd'hui est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, couramment confondue/raccourcie en journée de la femme, et ce matin, en arrivant au bureau, la discussion que j'ai pris en cours portait sur la notion de féminisme.

"Ah non, moi je ne suis pas féministe, mais c'est normal de vouloir les mêmes droits", disait l'une. "Moi je déteste les machos, et mes enfants il y a peu m'ont traitée de féministe", disait la seconde, horrifiée. Et la troisième de conclure : "l'égalité des salaires je comprends, mais vouloir prendre le dessus sur l'autre sexe, comme ça, franchement je ne comprends pas".

J'ai écouté, tenté de refroidir le sang qui bouillait dans mes veines, et ai simplement et calmement affirmé : je suis féministe.

Je suis féministe et je me bats pour l'égalité, c'est-à-dire contre les injustices liées au sexe, c'est-à-dire contre les privilèges des uns et des autres, eh oui, ça aussi.

Non, les féministes n'ont jamais eu l'intention d'écraser les hommes et si des groupuscules allant dans ce sens existent, ce sont des dérives minoritaires qui n'ont rien à voir avec le mouvement.

En fait, l'opinion publique trouve parfaitement légitimes les grands combats menés par les féministes. Lutte contre les violences faites au femmes, pour leur accession au pouvoir politique et économique, pour la parité dans les institutions publiques, pour des salaires égaux, pour la même liberté de vivre comme on l'entend et être respectée, en sécurité en tout temps.

Les principes, la majorité les comprend et les soutient.

Les faits, beaucoup moins.

On ne comprend rien aux revendications contre le rose attribué aux filles et le bleu attribué aux garçons, parce qu'on ne comprend pas que les inégalités viennent des préjugés qui sont instillés dès la toute petite enfance aux petits êtres humains.

Saviez-vous qu'une étude récente démontre que, dans les crèches déjà, on interrompt plus souvent les petites filles lorsqu'elles parlent, qu'on leur demande plus souvent qu'aux petits garçons de ranger les jouets, et qu'on tolère moins les pleurs de ces derniers ?

Ne voyez-vous pas que, systématiquement, la première qualité recherchée et appréciée chez une femme est la beauté ? Qu'on complimente les petites filles sur leur jolie robe et les petits garçons sur leur capacité à surmonter les obstacles ?

Ces programmations détermineront le reste de la vie des petits êtres humains, rangés du coup en catégories. Une étude concernant les capacités en mathématiques menée récemment démontre que si on explique en amont aux étudiantes que les filles réussissent moins bien les tests que les garçons, elles échouent à ceux-ci deux fois plus qu'en l'absence d'énoncé préalable.

Ce sont les biais de représentation et les prophéties auto-réalisatrices, et ils nous attendent dans chaque recoin sombre de nos vies pour nous sauter dessus à la première occasion et nous embrouiller le cerveau.

Les luttes contre le rose pour les filles, la galanterie et l'appellation "Mademoiselle", ce sont des luttes contre un conditionnement des genres qui, s'il semble reposer sur des éléments anodins, donnent pourtant systématiquement lieu a des préjugés lourdement handicapant pour les femmes. Et pour les hommes aussi.

Voir l'article qui dénonce les problèmes d'accession aux postes dans les domaines de la finance ou des sciences.

Bien sûr, ces luttes contre ce qu'on pense être des peccadilles sont aussi impopulaires que l'étiquette "féminisme" du mouvement pour l'égalité des genres. Lorsqu'on s'attaque aux mécanismes de l'inconscient collectif, on se ramasse des murs. Idem lorsqu'on s'en prend aux privilèges, aussi ridicules que ces privilèges puissent être dans les faits.

Certaines femmes aiment qu'on leur tienne la porte sans voir que le sous-entendu de ce geste c'est que la femme doit bénéficier d'un traitement spécial, parce que, quelque part, elle est plus faible. Certaines femmes aiment qu'on paie la note du restaurant sans comprendre que ce qui se cache derrière cette faveur, c'est la légitimation de leur fragilité économique.

Alors, bien entendu, nous continuons les grands combats, les combats cruciaux, ceux qui concernent des éléments vitaux comme la sécurité, l'intégrité et la liberté des femmes. Cela ne nous empêche pas de mener de front d'autres combats, ceux qui concernent les échelons supérieurs de la pyramide des besoins (voir la pyramide de Maslow), lorsqu'on a quelque peu avancé sur la base dans nos sociétés occidentales.

Et lorsque nous aurons acquis l'égalité de fait des salaires pour un même poste, les hommes qui le souhaitent, et qui sont bien plus nombreux qu'on ne le pense (ou l'accepte), pourront rester à la maison s'occuper de leur/s enfant/s. Certes, ils perdront leur supériorité économique, mais la responsabilité économique de leur foyer qui va avec. Ils seront libres de travailler à des pourcentages réduits sans se sentir marginalisés, ils pourront se départir de l'obligation de performance qu'on fait peser sur leurs épaules.

Je suis féministe parce que je veux l'égalité entre les femmes et les hommes, pour les femmes comme pour les hommes.

Je suis féministe et ce n'est pas un gros mot.


Joyeux 08 mars à toutes et tous.


mercredi 22 février 2017

Beauté féminine = entraves

Je me suis souvent posé la question de ce qui pouvait motiver telles ou telles pratiques culturelles relatives à la beauté et à l'élégance féminine au fil des siècles et sur tous les continents, tant elles sont différentes et souvent très étranges.



Une chose est sûre, plus la civilisation est raffinée, c'est-à-dire qu'elle peut se permettre de consacrer beaucoup d'énergie à d'autres choses que les besoins vitaux humains, plus les rituels de beauté sont sophistiqués, pour les hommes comme pour les femmes. Ils ont souvent pour but de démontrer, justement, à quel point les individus sont éloignés de leur nature animale et des nécessités primaires comme s'abriter ou se nourrir. Chez les hommes comme les femmes, l'hygiène, l'épilation, la blancheur de la peau ou au contraire le bronzage, la minceur ou la rondeur deviennent de mise. À l'intérieur même de ces sociétés, la volonté d'afficher son statut social se mêle à tout cela également : plus on est riche, plus on est potentiellement oisif, plus on a le temps de ne se préoccuper que de son apparence. Et plus on se situe haut dans le confort d'une société et de sa position sociale, plus on doit s'éloigner de sa nature animale, et moins on observe de différence hommes-femmes dans le nombre et le raffinement des rituels d'élégance et de beauté, ornementaux ou vestimentaires.

Toutefois, dans la très grande majorité des cas, l'injustice est flagrante envers les femmes. Si je ramène cette réflexion à moi-même, à mon âge et par rapport à mon statut social moyen, il m'est demandé d'avoir une hygiène irréprochable, pas de poils sur le corps, une peau parfaite, des cheveux souples et soyeux, un maquillage léger mais quotidien, une manucure, une pédicure, une ligne élancée, musclée mais pas trop, etc..
Tout ça me demandera des heures chaque jour. On me pardonnera quelques écarts, bien sûr, mais plus je collerai de près à ces exigences, et plus je me rapprocherai de l'idéal féminin occidental.
À mon homme, en revanche, on lui demandera l'hygiène, des poils taillés et des vêtements propres et repassés, signe qu'il est civilisé, mais on va le laisser libre de ses mouvements.

C'est là que le fil rouge des beautés du monde et des âges m'est apparu : la liberté a contrario des entraves. Des talons hauts, des ongles longs, des coiffures hautes sur le sommet du crâne, des corsets, ont tous le même effet : entraver nos mouvements. Les Geta japonaises, ces sortes de tongs en bois, les chaussures traditionnelles des Geisha, sont à travers mon prisme occidental affreuses, mais ont pu être le summum de la beauté dans l'empire du soleil levant... parce qu'elles forcent celle qui les portent à faire de petits pas mesurés sous peine de se casser la gueule. Tout comme nos talons aiguille...
Dans la même panoplie des japonaises, je voudrais le kimono, long tissu chatoyant qui fait aussi se casser la gueule celle qui n'y prend pas gare, et l'empêche de faire quoi que ce soit tant on est serré dans cette immense ceinture. Ceinture qui n'est pas sans rappeler le corset, de mise dans nos sociétés occidentales jusqu'au 19e siècle. À la même période, les crinolines font fureur en Europe et dans les colonies, ces systèmes de cerceaux sous les robes nécessitant de porter jusqu'à six ou sept jupons et des kilos de tissus rendant la marche difficile. En parlant de marche difficile, c'est probablement ce qui séduisait le plus dans la coutume abominable des pieds bandés en Chine : dès le plus jeune âge, les orteils étaient repliés sous la voûte plantaire, celle-ci elle-même pliée en deux, une véritable mutilation qui rendait la démarche chancelante, ce qui excitait l'appétit des hommes...

Les Geta japonaises
Une chinoise aux pieds bandés
Une future femme girafe

On peut encore parler des anneaux des femmes girafes, que le poids du métal déforme aussi en affaissant les clavicules, ou tout simplement des faux-ongles très longs de ma collègue, qui lui permettent tout juste de taper au clavier, et qui m'empêcheraient de cogner dans mon sac de frappe ou de jouer de la guitare... Ou parlons, même, des ces robes courtes que l'on doit sans arrêt remettre en place et qui ne nous permettent pas de lever les jambes, alors que les homme peuvent s'asseoir les genoux écartés grâce à leur pantalon (tandis que chez les femmes, pantalon ou pas, cette posture est vue comme une invitation sexuelle et est très déplacé...) Que dire de ce ce mascara qui nous empêche de nous frotter les yeux, de ces cheveux longs qui nous viennent sans arrêt dans les yeux, de ce fond de teint qui nous interdit de nous passer de l'eau sur le visage, le geste préféré de ces messieurs dans les toilettes après un coup de chaud ?

Entraves, entraves, entraves... Entraves aux mouvements, à la liberté, à la spontanéité. Telles sont la plupart des coutumes de beauté pour les femmes.

Bien sûr, on a pu observer des contre-courants assez régulièrement à travers les âges, la coupe garçonne des années 30, par exemple, mais en règle générale et encore de nos jours, il est intéressant de passer au prisme de l'anthropologie nos habitudes en termes d'apparence. Pour mieux, peut-être, s'en débarrasser...

mardi 21 février 2017

Le Swiss Fantasy Show III

Et pour finir, le dernier compte-rendu de l'année 2016 concerne... Le 3e Swiss Fantasy Show !
C'était magnifique. Un super moment en compagnie de ma super copine Tiffany qui s'est tenu les 22 et 23 octobre 2016 à Morges.



Le Swiss Fantasy Show est une convention autour de l'univers Fantasy et Science-fiction. Il n'y a donc pas que des livres dans ce salon, et c'est cool. On y trouve de tout, des objets dérivés de films et séries cultes, principalement, sous forme de figurines, bijoux, etc. L'univers du gaming est également évidemment de la partie, et enfin celui du costume et du cosplay. Et d'ailleurs, c'est un rendez-vous d'amateurs. C'était nous, assise derrière notre stand, qui assistions au spectacle, le défilé de tout un tas de costumes magnifiques.


Il y en avait certains bien plus représentés que d'autres bien sûr, comme Star Wars, Le Seigneur des Anneaux et les Pokémons pour les plus jeunes. Tous les costumes et cosplays ont fait l'objet de concours.

Il y avait également quelques livres, dont les nôtres, puisque Tiffany écrit principalement du Fantastique et de la Fantasy, et que mon diptyque historique est à tendance fantastique.

Et puis, il y avait aussi des acteurs invités ! Corin Nemec (Parker Lewis, Stargate SG1...), John Noble (Le Seigneur des Anneaux), Kerry Ingram (Game of Thrones) et surtout Stanislav Yanevski ! Le crush de toutes les adolescentes de la génération Harry Potter, celui qui a incarné les traits du meilleur attrapeur au monde, Viktor Krum.

Il a bien changé, l'attrapeur bulgare... Appelons ça le bénéfice de la maturité (ou des poils, des muscles et des tatouages).


Maturité qui m'a à moi un instant échappé lorsque je suis passée une première fois devant sa table de dédicaces, une seconde fois lorsque nous avons pris une photo tous les trois avec Tiffany, et une dernière lorsque, le samedi soir un peu après la fermeture, Stanislav est passé devant notre stand.



Je vous refais la scène ? En train de soupirer devant la photo de ma copine et moi avec Stanislav (oui bon mais hein, quand même quoi !), je relève la tête et là, qui vois-je passer devant notre table en compagnie du grand John Noble ? Stanislav justement, qui se marre parce que je me suis fait prendre la main dans le sac, moi qui tente de planquer discrètement l'objet du délit (la photo) pendant que John Noble, ayant assisté à la scène, s'approche pour me parler. Je lui sors mon plus so british "Hello", qui le pousse à me demander si je suis anglaise, puis il s'éloigne en s'apercevant que j'ai perdu mon latin euh, mon anglais, Stanislav resté tout ce temps un peu en retrait.

Scène comique parce que dans les faits, on a en quelque sorte mis un vent à John Noble, Tiffany et moi.

Avant ça, dans l'après-midi, alors que nous étions en pause (notre table gardée par un Jedi ! (cf Caryl, un fan ultime de Star Wars)), nous avons été interviewées par Duja qui faisait son tour pour Clap.ch :


Que dire des lecteurs qui sont passés à notre table, les belles rencontres pour l'une comme pour l'autre, comme cette dessinatrice qui finalement réalise la version manga de "S.O.S Geek" (éditions Livr'S) de Tiffany, les costumes, encore et toujours ?
Autre moment drôle, la sœur de Tiffany venue visiter le salon habillée en Amidala, qui voit passer l'un des quelques Dark Vador qui arpentait les allées, l'apostropher d'un "chéri !"

Bref, un très très beau moment, et nous attendons impatiemment la prochaine édition en 2018.

Renouveau 2019

Un bilan 2018 ne serait ni riche ni intéressant. Il ne s'est plus ou moins rien passé dans ma vie, sinon quelques débuts de projets, deu...