lundi 20 août 2018

Je ne bois plus d'alcool (ou presque)

"Sans alcool, la fête est plus molle !" (mon ancien credo).



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Voilà 3 mois maintenant que j'ai adopté ce nouveau style de vie, et j'attendais impatiemment d'avoir suffisamment de recul pour vous en parler : je ne bois plus d'alcool, sauf exceptionnel trempage de lèvres dans un verre de vin.

Cela faisait des années que j'avais envie de pouvoir affirmer : je ne bois pas. Qu'est-ce qui m'en a empêchée ? L'addiction, tout simplement. Non, selon la définition médicale du terme, je n'étais pas alcoolique. Pourtant, l'idée de ne plus jamais déguster un verre de vin, sociabiliser autour d'une bière, et l'idée de ne plus ressentir cette euphorie - légère ou moins légère selon les doses -, m'arrêtaient. Lorsque je parle de ma nouvelle vie autour de moi et que la réaction immédiate est "Ah non, je ne pourrais jamais", je comprends que je ne suis - n'étais - pas la seule à avoir ces préoccupations.

L'alcool tient une place incroyablement prépondérante dans nos sociétés. Il est au coeur-même de nos coutumes de sociabilisations. Une célébration ? Champagne ! Un repas entre amis, en famille ? Vin ! Un apéro ? Rosé ! Un match ? Bière ! Etc. Se passer d'alcool rime pour certains avec l'idée de se passer de ces moments de sociabilisation.

C'est faux, mais il faut bien admettre une chose : le thé froid n'est pas des plus excitants. Comme tous ses homologues sans alcool, c'est une boisson trop sucrée et plate (ou alors il y a l'eau. Excitation : -10). Le vin, la bière, c'est complexe, délicieux, passionnant. Et, seconde objection qu'on s'avoue moins facilement, les relations sociales sans alcool, c'est moins facile.

Eh oui, l'alcool désinhibe. En fait, l'alcool est la soupape universelle de l'humanité. Combien d'entre nous n'ont jamais pris un petit verre pour se détendre après une journée ou semaine bien stressante? Peu. Et parfois, c'est tout un pan de vie qui est dédiée à une alcoolisation méticuleuse pour décompresser : les "soirées", autrement appelées "faire la fête".

Y aurait-il de plus importantes tensions sociales sans ces décompressions ? Je ne sais pas. Cependant, ce qu'on désigne comme "le monde de la nuit" est vraiment peu reluisant : excès en tous genres, violence en tous genres... C'est comme si les bêtes étaient lâchées. Il n'y a qu'à demander aux patrons de bars et clubs. Est-ce un mal nécessaire ?

Selon mon expérience personnelle, je ne suis pas plus stressée depuis que je ne me cuite plus. Qui plus est, je vois une myriade d'avantages à l'abandon de la consommation d'alcool :

- Fini les lendemains difficiles, et les demi-journées ou journées entières perdues à récupérer
- Une peau plus souple et sans imperfections
- Des économies : plus de taxi, d'hôtel, de bouteilles de champ' à 100$
- Mon poids se stabilise
- Mes cheveux sont plus beaux
- Je n'ai plus du tout envie de fumer
- Ma dignité est assurée en toutes circonstances 😅

Ce qui est étrange, sans l'alcool, c'est le fait de vivre chaque moment sans filtre, sans modification de conscience. Quand on s'ennuie, on s'ennuie, c'est ainsi. On voit bel et bien le temps passer et on n'est pas subitement passionné par les diatribes de notre voisin de table. Du coup, on profite aussi avec plus d'efficience du moment... Un apéro de trois quarts d'heure est effectivement envisageable (et suffisant), alors qu'avec l'alcool on se retrouve souvent on ne sait pas comment à la recherche d'un snack à 22h.

On va se coucher plus tôt sans alcool, c'est un fait. Sans cette euphorie, certes, mais aussi sans cette culpabilité d'avoir franchi les bornes des limites. On ne passe en revanche pas une moins bonne soirée. C'est juste différent. Il y a toutefois certaines choses que j'attribuais à l'alcool qui ne sont pas du ressort de ce breuvage, comme l'atmosphère particulière de la nuit, cet état différent que l'on ressent dans la pénombre, ou la fatigue d'avoir veillé trop tard et décalé ses heures de sommeil, ou encore la déshydratation due à l'absorption de trop de sucre.

On m'a dit et répété que je ne tiendrais pas, au début. J'ai fait une dégustation de vins (en recrachant, donc), un giron de jeunesse (sorte de bal de village mais version cool) et ai assisté à un mariage les deux premières semaines suivant ma résolution. Une fois ces tests passés, je savais que je me tiendrai à mon choix. J'ai passé d'excellents moments, j'ai raccompagné tout le monde sains et saufs en voiture, et je me suis levée le lendemain en excellente forme. Je ne reviendrai jamais en arrière.

D'autant plus qu'en étant lucide à chaque instant, on voit des choses qu'on ne voyait pas avant. Tous ces gens tituber, bafouiller, perdre le fil de leur conversation, hurler et se donner en spectacle, et même vomir dans des coins, ça ne fait vraiment, mais vraiment pas envie. J'observe les yeux se voiler, les discours se découdrent au fur et à mesure des verres, alors qu'avant, suivant la même pente glissante, je n'en remarquais rien. On se met à part, on devient observateur. Le fait que ce soit ma nature facilite le processus, j'imagine.

Quant à moi, maintenant que le palier de la désintox est passée, je m'autorise désormais, outre les quelques gorgées de vin, le cidre doux (2%) et la panachée (environ 2%) également. Figurez-vous qu'un verre et j'ai la tête qui commence à tourner, donc c'est tout ce que je bois. Eh oui, le foie perd vite l'habitude de ce poison. Mais il se régénère tout aussi rapidement, et ça c'est fantastique. Je n'ai plus du tout envie d'être saoule, voilà ma limite 😊

Enfin, pour ceux qui auraient décidé de se lancer (ou de réduire leur consommation), un conseil : emportez avec vous vos boissons dès que possible. La bière sans alcool est fantastique ! Les bitters égayeront vos repas. Les Misters Cocktails accompagneront vos garden party, les jus de raisin ou de pomme pétillants vous permettront de trinquer dans une coupette. Sans parler de la grande variété de vins désalcoolisés, y compris mousseux, qui sont de plus en faciles à trouver dans le commerce. Et puis, les vins chauds, les punchs, les mojitos, les pina colada, ont tous leur alternative sans alcool. À essayer !

Et si vous doutiez encore que l'alcool est un poison, même à faible dose, je vous conseille la lecture de cet article...






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